L’Union de l’énergie divise droite et gauche au Parlement européen

Claude Turmes, co-auteur du rapport du Parlement sur la gouvernance de l’Union de l’énergie, dénonce « l’attitude lamentable » des groupes parlementaires de droite. [© European Union 2017 - Source : EP.]

Les propositions sur la gouvernance de l’Union de l’énergie ont fait émerger une division partisane au Parlement européen. Conservateurs et de centre droit rejettent l’approche « dépassée » et « rigide » soutenue par les Verts et les partis de gauche.

Les membres du Parlement européen ont voté le 7 décembre en faveur d’un nouveau cadre juridiquement contraignant pour s’assurer que les pays européens se dirigent bien vers les objectifs 2030 de l’Union sur les énergies renouvelables et la réduction de CO2.

Le rapport sur la gouvernance de l’Union de l’énergie, des eurodéputés écologistes Claude Turmes et Michèle Rivasi, a été adopté lors d’une session conjointe extraordinaire entre les commissions énergie (ITRE) et environnement (ENVI) du Parlement européen, avec 61 voix pour, 46 contre et 9 abstentions.

Les eurodéputés ont fixé l’objectif d’une économie européenne à zéro émission de carbone d’ici à 2050 et doté les directives européennes sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique de nouveaux mécanismes pour instaurer une révision régulière de l’ambition de l’UE, en ligne avec l’Accord de Paris sur le changement climatique.

WindEurope, un groupe professionnel, a salué les efforts du Parlement pour renforcer les stratégies nationales pour l’énergie et le climat. « Ces stratégies doivent indiquer à l’industrie quand et où les États membres sont prêts à déployer les énergies renouvelables », commente Giles Dickson, PDG du groupe.

Une fois adopté, le projet de règlement sera directement applicable dans le cadre juridique des 28 États membres. Ces derniers doivent cependant encore voter le projet de loi, ce qui signifie qu’il peut encore être affaibli.

Claude Turmes, eurodéputé luxembourgeois et co-auteur du rapport, a applaudi la « nette majorité » du Parlement ayant soutenu « l’ambitieuse inclusion de l’Accord de Paris dans la loi européenne ».

« Ce rapport comble le vide abyssal laissé par la décision d’abandonner les objectifs nationaux contraignants », a déclaré Claude Turmes en référence à la proposition de nouvelle directive, établissant un objectif européen de 27 % d’énergies renouvelables pour 2030.

Les États membres peu disposés à revoir l’objectif d'énergies renouvelables pour 2030

Renforcer la part des renouvelables dans le mix énergétique à 35 % est une priorité pour le Parlement européen. Mais les 28 sont moins enthousiastes.

Plénière tendue en vue

Le rapport sera voté en plénière en janvier. Il devrait obtenir le soutien du S&D (centre gauche), de l’ALDE (libéraux), des Verts et du groupe GUE/NGL (gauche radicale). Alors que le PPE de centre droit et les conservateurs du groupe CRE se sont majoritairement abstenus ou ont rejeté la résolution, ce qui présage un vote tendu en plénière.

« La différence réside dans notre vision », explique Angélique Delahaye, eurodéputée française et porte-parole du PPE à la commission environnement du Parlement. « Rien dans l’économie n’est linéaire », a-t-elle déclaré à Euractiv, appelant à mettre fin à la « paperasserie ».

Avant le vote, l’eurodéputée plaidait pour « une approche flexible » permettant d’atteindre les objectifs climat et énergie de l’UE, contrairement à « l’approche rigide et dépassée proposée par les Verts ». Les avancées faites par l’industrie des énergies renouvelables en Europe « ne sont pas le résultat de réglementation, mais de la concurrence et de structures incitatives bien conçues », estime-t-elle.

Claude Turmes dénonce pour sa part « l’attitude lamentable » des groupes PPE et CRI. « Les mêmes personnes qui se disent favorables à l’accord de Paris dans leur pays minent les efforts allant dans ce sens lorsqu’ils sont à Bruxelles. »

Les États membres de l’UE devraient adopter une position commune sur le règlement relatif à la gouvernance lors de la réunion du Conseil Énergie du 18 décembre.

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