Éolien offshore français : Siemens confirme l’ouverture d’une usine au Havre

L’un des leaders mondiaux de l’éolien en mer, Siemens Gamesa, a enfin déposé un permis de construire pour une usine d’éoliennes offshore au Havre, un projet en suspens depuis des années. Un article de notre partenaire, La Tribune.

C’était déjà un projet du fabricant de turbines Areva après l’attribution des parcs du deuxième appel d’offres de fermes éoliennes offshore en 2012. Un projet repris par Adwen, co-entreprise créée par Areva et Gamesa, dont la fusion ultérieure entre Gamesa et Siemens en avril 2017 a sonné le glas. Régulièrement ces derniers mois, Siemens a laissé entendre que sa décision finale dépendrait des ambitions françaises.

La décision de l’Agence française de biodiversité concernant Dieppe-Le Tréport notamment avait été accueillie avec soulagement. Le leader mondial (avec déjà 2 430 éoliennes dans les eaux du monde entier) avait bien confirmé ces derniers mois qu’il allait déposer un permis de construire pour une usine de pales, de nacelles et de génératrices. C’est désormais chose faite depuis le 15 février, comme l’a confirmé le PDG de Siemens Gamesa Filippo Cimitan ce 25 février au Havre, aux côtés du maire (ex-LR) Luc Lemonnier.

L’éolien français dans l’impasse depuis plus d’un an

En un an, aucun projet d’énergie éolienne n’a été approuvé en France. Pour Paris, qui tente de se présenter comme un champion climatique, la situation devient gênante.

750 emplois à la clé

Le Port du Havre a annoncé que des travaux préparatoires avaient commencé sur le terrain de 36 hectares qui doit accueillir l’usine. Celle-ci sera construite entre mi-2020 et fin 2021. Pour commencer, elle produira des éoliennes de 8 MW équipées de pales de 81 mètres de long, destinées aux parcs en projet au large de Dieppe-Le Tréport, Saint-Brieuc et Yeu-Noirmoutier, ainsi qu’aux futurs projets éoliens en mer en France et en Europe a précisé Siemens Gamesa. Le site doit créer 750 emplois « directs et indirects ».

« C’est une étape importante », même si « ce n’est pas la fin du chemin », a déclaré Filippo Cimitan à propos de ce dépôt de permis. En effet, le plan de financement, qui fait apparaître un manque de 23 millions d’euros sur les 140 millions nécessaires à l’adaptation de la friche, est encore en discussion entre l’État et les collectivités locales.

L’éolien conquiert l’Europe du Nord

La Belgique prévoit de doubler l’espace disponible pour les parcs éoliens en mer, tandis que le Danemark souhaite alimenter ses sept plus grandes villes grâce aux éoliennes.

Siemens qui rit, GE qui pleure

Néanmoins, cette décision est un signe de confiance envers le marché français, malgré les ambitions modestes affichées par l’État dans la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). « Aujourd’hui, on continue, car on commence à avoir une visibilité sur le marché français, même si on souhaiterait plus d’ambition étant donné le potentiel », offshore en France, le deuxième en Europe, résume Filippo Cimitan.

Mais c’est surtout sur une « demande croissante » d’éoliennes offshore en Europe, aux États-Unis comme en Asie, que la co-entreprise germano-espagnole fonde sa décision, à l’opposé des dernières déclarations de GE (repreneur d’Alstom qui fabriquait le modèle choisi par EDF pour ses parcs de Courseulles-sur-Mer (Calvados), Fécamp (Seine-Maritime) et Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Ce dernier a en effet annoncé début février qu’il envisageait de supprimer des postes sur ses sites de Saint-Nazaire en raison du décalage dans le calendrier de construction de ces premiers parcs, bloqués par toutes sortes de recours.

L’ensemble du secteur a les yeux tournés vers le troisième appel d’offres au large de Dunkerque, et les prix proposés par le lauréat, qui devrait être désigné d’ici l’été. S’ils étaient, comme beaucoup s’y attendent, proches du prix de marché et donc extrêmement compétitifs, peut-être l’État pourrait-il revoir à la hausse les ambitions inscrites dans la PPE…

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