L’UE et les États-Unis s’engagent à renforcer la sécurité énergétique de l’Union

Le président américain Joe Biden accueillant le président finlandais Sauli Niinisto (à gauche) sur la pelouse sud de la Maison Blanche à Washington, DC, États-Unis, le 19 mai 2022. [EPA-EFE / Oliver Contreras / POOL]

La Commission européenne et les États-Unis ont réaffirmé leur engagement en faveur de la sécurité énergétique de l’UE et ont qualifié les coupures de gaz russe d’« injustifiées et inacceptables » dans une déclaration commune.

« Les États-Unis et la Commission européenne condamnent le recours de la Russie au chantage énergétique et réaffirment leur engagement à renforcer la sécurité énergétique de l’Europe », peut-on lire dans la déclaration publiée mardi 24 mai.

Elle fait suite à la décision de la Russie de cesser de fournir du gaz fossile à la Finlande en raison du refus d’Helsinki de payer en roubles, comme Moscou l’avait initialement demandé à tous les « pays inamicaux ».

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Selon un porte-parole de la Commission européenne, cette dernière mesure ne met pas en danger la sécurité de l’approvisionnement énergétique de la Finlande, ni de l’UE.

« La Commission et les États membres se préparent depuis de nombreux mois à faire face aux perturbations causées par la Russie et à renforcer la résilience du système énergétique de l’UE. Notre système est conçu pour assurer des flux de gaz inversés en cas de besoin, et la solidarité entre les États membres », a déclaré le porte-parole à EURACTIV.

Parallèlement à cela, le rôle du gaz dans le mix énergétique de la Finlande est mineur, représentant moins d’un dixième de la consommation énergétique du pays.

La Chambre de commerce finlandaise a assuré à EURACTIV que l’arrêt des importations russes n’aura pas d’effets dramatiques et que suffisamment de gaz pourra être fourni via le gazoduc de la Baltique pendant l’été.

« Les entreprises finlandaises se sont préparées à l’éventualité d’un choc d’approvisionnement en gaz en trouvant d’autres voies d’approvisionnement et en se tournant vers d’autres matières premières et sources d’énergie », a déclaré à EURACTIV Teppo Säkkinen, conseiller en politique industrielle et climatique à la Chambre.

« Le prix élevé du gaz naturel a déjà poussé les industries à chercher des alternatives et des moyens de diminuer leur utilisation », a-t-il ajouté.

Toutefois, le remplacement du gaz russe ne se fera pas « sans problèmes », a déclaré le ministère finlandais de l’économie et de l’emploi dans un communiqué.

« L’impact précis sur la disponibilité et le prix du gaz dépendra des voies d’importation utilisées et de l’évolution de la demande. En été, la demande est clairement plus faible qu’en hiver », a-t-il ajouté.

Le gouvernement finlandais s’efforce d’améliorer son infrastructure de gaz naturel liquéfié (GNL) pour atténuer l’impact de la décision de Moscou. Il s’agit notamment d’un terminal flottant d’importation de GNL, prêté par un fournisseur américain, qui sera opérationnel avant la fin de 2022.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un accord conclu en mars entre les États-Unis et l’Union européenne, qui prévoit la création d’un groupe de travail conjoint sur la sécurité énergétique afin de diversifier l’approvisionnement en gaz de l’Europe et de développer des technologies énergétiques propres.

Dans le cadre de ce groupe de travail, les États-Unis fourniront 15 milliards de mètres cubes (mmc) de GNL supplémentaires à l’Union européenne d’ici la fin de l’année.

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Cependant, les efforts entrepris pour diversifier l’approvisionnement en gaz fossile ont été critiqués par les organisations environnementales.

Mercredi 25 mai, 49 organisations et réseaux de la société civile d’Estonie, de Lettonie, de Lituanie et de Finlande ont signé une lettre commune, appelant leurs dirigeants à encourager la coopération régionale pour parvenir à l’indépendance vis-à-vis des combustibles fossiles russes et, à terme, de tous les combustibles fossiles.

La lettre critique la priorité accordée à la diversification des approvisionnements en gaz, affirmant qu’il faudrait accorder plus d’attention à l’élimination progressive des combustibles fossiles si l’Europe veut accroître sa résilience énergétique.

« La situation actuelle, où l’Estonie, la Lettonie et la Finlande envisagent toutes de construire des terminaux GNL permanents, menace de créer une capacité de gaz fossile bien trop importante par rapport à la demande régionale. Ces projets enfermeraient la région dans ce combustible fossile coûteux et polluant pour les décennies à venir », indique la lettre.

Les signataires proposent une interdiction immédiate des combustibles fossiles russes, un renforcement des mesures d’économie d’énergie et un soutien aux industries qui cherchent à réduire la demande de gaz et la consommation d’énergie. Ils ont également appelé à une simplification des permis pour permettre le déploiement des énergies renouvelables.

« Les quatre gouvernements se sont jusqu’à présent concentrés presque exclusivement sur la diversification des sources de gaz, alors qu’ils devraient apporter des changements structurels indispensables au système énergétique afin de réduire la dépendance aux combustibles fossiles », a déclaré Johanna Kuld, responsable de la campagne sur le gaz et la politique énergétique du Mouvement écologiste estonien.

« Par exemple, au lieu de créer de nouvelles capacités permanentes de GNL dans la région qui partage un marché commun du gaz, les pays devraient investir massivement dans la décarbonisation du chauffage et de l’industrie, notamment face à l’aggravation de la crise climatique », a-t-elle ajouté.

Cette lettre, qui intervient avant une réunion des dirigeants européens les 30 et 31 mai, invite les chefs de gouvernement à unir leurs efforts pour créer une indépendance vis-à-vis des approvisionnements russes et des combustibles fossiles en général.

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