L’UE soutient mordicus le gazoduc pyrénéen

L’interconnexion gazière entre la France et l’Espagne reste un projet d’intérêt commun éligible à des financements, assure la Commission européenne, alors que les régulateurs français et espagnol ont rejeté une section essentielle du projet.

« La Commission a soutenu de manière constante l’intégration de la péninsule ibérique au marché interne de l’énergie de l’UE, notamment grâce à de nouvelles interconnexions gazières et électriques », a assuré Anna-Kaisa Itkonen, porte-parole de la Commission sur le climat et l’énergie.

Cela s’applique aussi au projet de gazoduc MidCat entre la France et l’Espagne. Pourtant, l’autorisation de construction pour la partie centrale du gazoduc n’a pas été délivrée par les régulateurs français et espagnol, qui l’estiment chère et superflue.

Cette décision met en doute la viabilité à long terme de MidCat et a entrainé des appels pour que le projet soit supprimé de la liste européenne des projets d’infrastructure énergétique prioritaires éligibles à des financements européens, les projets d’intérêt commun.

Les activistes écologistes qui font campagne contre le projet estiment qu’il est « inutile ». Ils s’opposent à l’investissement d’argent public dans des infrastructures liées aux énergies fossiles.

Une position renforcée par la décision des régulateurs nationaux, qui justifient notamment leur décision en citant la stratégie climatique européenne qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Par ailleurs, les capacités d’interconnexion existantes ne sont pas utilisées à 100 %, ont souligné les régulateurs, qui doutent donc de la nécessité du nouveau projet.

Revers pour le nouveau gazoduc France et Espagne

Les régulateurs de l’énergie français et espagnol ont rejeté une demande d’investissement pour construire la partie centrale du gazoduc Midi-Catalogne. Une décision qui pourrait faire capoter tout le projet, se réjouissent les verts.

Projet d’intérêt commun

Pourtant, la Commission européenne a déclaré qu’elle soutenait toujours le MidCat et sa section centrale, le STEP. « Le projet STEP reste un projet d’intérêt commun et continue à bénéficier du soutien de l’UE, en particulier pour de nouvelles évaluations », a déclaré Anna-Kaisa Itkonen à Euractiv.

Les régulateurs français et espagnol considèrent que le projet « n’est pas encore arrivé à maturité et recommandent que les promoteurs du projet procèdent à de nouvelles évaluations », a-t-elle souligné, suggérant que la position des régulateurs nationaux pourrait changer. « Il appartient maintenant aux promoteurs du projet d’évaluer en détail la décision des régulateurs et de décider des prochaines étapes à mettre en place. »

L’exécutif européen prépare actuellement la sélection pour la 4e version de la liste de projets d’intérêt commun, qui devrait être publiée en octobre 2019. La date limite de dépôt des projets gaziers candidats était fixée au 16 janvier 2019. Selon les informations obtenues par Euractiv, le projet STEP serait candidat à l’aide européenne.

Le soutien de la Commission au projet semble toutefois avoir faibli. Une étude coûts-avantages indépendante du projet STEP, réalisée par le cabinet de conseil Pöyry pour le compte de l’exécutif européen, a en effet estimé que le projet avait une valeur limitée.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.