Les eurodéputés s’accordent sur des objectifs flexibles pour les renouvelables

Les groupes politiques du Parlement européen ont scellé un accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie.

Les responsables du Parti populaire européen (PPE)  le plus grand groupe politique du Parlement, ont soutenu une version affaiblie du projet de règlement sur la gouvernance de l’Union de l’énergie, scellant un accord qui devrait permettre au texte d’être adopté au Parlement européen.

Ce projet de loi, rédigé par les eurodéputés écologistes Claude Turmes et Michèle Rivasi, vient compléter une directive sur les énergies renouvelables en fixant des objectifs intermédiaires, et en exigeant des États membres qu’ils indiquent les progrès réalisés à intervalles réguliers.

« Nous avons atteint un compromis avec le PPE pour introduire plus de souplesse dans la trajectoire linéaire du déploiement des énergies renouvelables d’ici à 2030. Nous avons désormais le soutien du PPE pour le vote en plénière, ce qui est une bonne nouvelle », a commenté Claude Turmes à Euractiv.

Les négociateurs du Parlement se sont accordés sur trois étapes au lieu de quatre sur le chemin des objectifs 2030 : la première en 2022, où un objectif de 20 % d’énergies renouvelables devra être atteint, et la dernière en 2027, avec un objectif de 70 %.

Les eurodéputés s’apprêtent à défendre un objectif renouvelables de 35%

La commission Industrie du Parlement européen devrait s’accorder sur un accord de compromis qui pourrait fixer à 35 % la part de renouvelables de l’UE d’ici 2030.

Souplesse

« C’est pour la deuxième étape, en 2025, que nous donnons un peu plus de marge de flexibilité », a expliqué Claude Turmes. « À cette date, les États membres pourront se fixer un objectif de 45 %, soit légèrement en dessous des 50 % requis dans une approche strictement linéaire. »

« Nous estimons qu’il s’agit d’un compromis raisonnable qui ne met pas l’intégrité du texte en péril. Cette souplesse supplémentaire est en accord avec ce que le Conseil a demandé, ce qui signifie que nous avons de grandes chances de voir cette proposition aller jusqu’au bout des négociations avec les États membres », assure l’eurodéputé des Verts.

Outre le soutien du PPE, le règlement sur la gouvernance est soutenu par les verts, les libéraux (ALDE), les socio-démocrates (S&D) et la gauche (GUE).

Le projet de loi devrait donc obtenir un large soutien lors de son passage en plénière le mercredi 17 janvier, ce qui donnera au Parlement une solide position de négociation lors des discussions avec les États membres lors des prochaines semaines.

Le Parlement avait déjà soutenu une part de 35 % des énergies renouvelables d’ici à 2030, un pourcentage plus élevé que les 27 % décidés par les dirigeants européens en 2014. Ce dernier objectif est désormais largement considéré comme obsolète étant donné le rapide déclin des prix de l’énergie solaire et éolienne.

Néanmoins, les États membres veulent pour l’instant s’en tenir à l’objectif de 27 %, ce qui présage des négociations tendues avec le Parlement.

Les renouvelables de plus en plus compétitives

D’ici 2030, les énergies renouvelables, comme l’éolien et le solaire, seront les sources d’énergie les moins chères dans les pays du G20, estime une nouvelle étude. Un élément qui plaide pour ne pas renégocier l’accord de Paris.

Le PPE rejette un « budget carbone » pour 2025

Une proposition pour introduire un « budget carbone » pour l’Union européenne afin de limiter la quantité d’émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050 a été rejetée par le PPE et le groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE).

Une source au sein du PPE a confirmé le soutien aux trajectoires intermédiaires mais a confirmé que le groupe ne soutenait pas le budget carbone.

Pour les représentants de l’industrie éolienne, les deux projets de loi – la directive sur les énergies renouvelables et le règlement sur la gouvernance – « détermineront l’ambition de l’Europe en matière d’énergies renouvelables après 2020 et la trajectoire pour y parvenir ».

Giles Dickson, PDG de WindEurope, une association professionnelle, prévient que « la compétitivité de l’industrie éolienne européenne dépend du résultat de ce vote ».

« L’industrie fait face à une concurrence internationale à couteaux tirés et à des ambitions politiques de plus en plus faibles sur les renouvelables en Europe. La croissance de l’emploi dans le secteur est paralysée depuis cinq ans car de nombreux pays sont moins ambitieux en matière d’énergies renouvelables », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Les entreprises du secteur de l’efficacité énergétique suivent aussi le vote de près. Ce secteur dépend également de politiques prévisibles pour pouvoir faire des investissements dans la rénovation de bâtiments par exemple, qui mettent des années à être rentables.

Le budget carbone de l'UE sera épuisé d'ici 2026

Au rythme actuel, l’UE devrait dépenser tout son budget carbone d’ici neuf ans, mettant ainsi en péril l’accord de Paris et son objectif de limiter à 2°C le réchauffement climatique, selon une nouvelle étude.

Le rejet du budget carbone par le PPE est une déception pour Claude Turmes, qui a introduit un objectif de transformation de l’UE en une économie à zéro carbone d’ici à 2050. Les groupes PPE et CRE se sont montrés réticents face à cette ambition et voteront séparément sur cet amendement lors de la session plénière.

« La quantité de gaz à effet de serre que l’humanité peut se permettre d’émettre dans l’atmosphère est limitée avant que le réchauffement climatique ne devienne hors de contrôle et dépasse l’objectif de maintien à 2°C prévus dans l’accord de Paris », a expliqué Claude Turmes. « Nous vouilons traduire cela en un budget carbone pour l’Europe, ce qui est une proposition plutôt innovante. Mais cela semble trop dur à avaler pour les partis conservateurs européens. »

 

L’Union de l’énergie divise droite et gauche au Parlement européen

Les propositions sur la gouvernance de l’Union de l’énergie ont fait émerger une division partisane au Parlement européen. Conservateurs et de centre droit rejettent l’approche « dépassée » et « rigide » soutenue par les Verts et les partis de gauche.

 

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