De l’eau dans le gaz entre Kiev et Moscou

[Europe by Satellite]

Les négociations sur le transit de gaz de la Russie et de l’Ukraine vers l’UE se sont soldées par un échec. Maros Sefcovic, chef de l’Union énergétique, appelle à trouver un accord rapidement .

Des négociations se sont tenues quelques semaines seulement avant qu’un contrat à long terme entre Moscou et Kiev sur le transit gazier n’arrive à son terme, le 31 décembre. À l’heure actuelle, la Russie intensifie ses efforts pour mettre en place deux projets de gazoducs contournant l’Ukraine : Nord Stream 2, pour rejoindre l’Allemagne par la mer baltique et Turkish Stream qui traversera la mer Noire.

De nombreux obstacles entravent toutefois toute possibilité d’un nouvel accord, notamment les tensions politiques entre les deux pays, le soulèvement prorusse dans l’est de l’Ukraine, ainsi que les contentieux entre le fournisseur russe de gaz, Gazprom, et la société ukrainienne énergétique, Naftogaz.

« Le message que j’ai voulu relayer dans toutes nos réunions est que le temps file à grande vitesse. Et, au vu des dates, il y a urgence », a déclaré le vice-président de la Commission européenne chargé de l’Union énergétique, Maros Sefcovic. « Je suis déçu des conclusions qui ont été tirées aujourd’hui ».

Maros Sefcovic a indiqué que Bruxelles avait proposé à Kiev et à Moscou de conclure un accord de transit d’au moins dix ans assorti d’une clause « ship or pay » d’un minimum de 40-60 milliards de mètres cubes de gaz par an et de la possibilité de transporter des volumes supplémentaires, entre 20 et 30 milliards de mètres cubes de plus par an.

Les prix devraient être établis en fonction de la méthodologie européenne.

Selon le vice-président, après cinq ans, cette méthodologie pourrait être modifiée et une clause spéciale devrait être introduite afin de garantir que chacun accepte les conditions de transit.

Il a aussi souligné que Moscou s’était plaint, car tous les documents en amont de la réunion n’étaient pas arrivés à temps et certains n’avaient pas été traduits.

À ses yeux, la Russie était à la recherche d’une solution « clé en main » avec un pan « politique » pour répondre à l’Institut d’arbitrage de la Chambre de Commerce de Stockholm.

L’énergie est souvent un sujet de discorde entre Moscou et Kiev. Les négociations sont dures en raison d’un différend juridique qui oppose Gazprom à Naftogaz et le tribunal arbitral de Stockholm a d’ailleurs contraint chaque société à indemniser l’autre en février 2018.

Naftogaz est sorti grand vainqueur de ce jugement, en remportant 2,56 milliards de dollars de la part de Gazprom. La société russe a décidé de faire appel, mais cette procédure pourrait prendre des années.

Maros Sefcovic a indiqué que les deux pays devaient s’entretenir afin de trouver une solution et que l’exécutif européen était prêt à agir en tant qu’intermédiaire pour conclure un accord d’ici à la fin de l’année.

Interrogé sur les risques de perturbation en approvisionnement gazier, le chef de l’Union énergétique a répondu que les deux parties s’étaient entendues pour en assurer sa continuité.

« La Russie et l’Ukraine savent très bien comment une perturbation en approvisionnement pourrait nuire à leur image de fournisseur et pays de transit fiable », a-t-il souligné, ajoutant que l’UE était préparée à tous les cas de figure. Les réserves européennes de gaz sous-terrain européen seraient, en effet, remplies à 90-96 %.

Selon Maros Sefcovic, l’Ukraine prévoit de mettre en place son réseau compatible avec les normes européennes d’ici au 17 décembre. Il a toutefois admis qu’il serait compliqué de respecter l’échéance. Si un « dérapage » se produisait du côté ukrainien, l’UE devrait se contenter d’achat de court terme de janvier à juin, a-t-il maintenu.

Bruxelles espère un dégel entre la Russie et l’Ukraine

La Commission européenne a salué le 3 octobre une récente rencontre diplomatique à Minsk, laissant espérer l’organisation rapide d’un sommet international pour mettre un terme aux combats dans l’est de l’Ukraine. Dans le pays, nombreux sont ceux qui dénoncent une «capitulation».

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