L’idée d’objectifs énergétiques relevés fait son chemin chez les États membres

Elisabeth Köstinger, la ministre autrichienne à l’Énergie, est favorable à un objectif plus ambitieux sur les renouvelables. [Elisabeth Köstinger/ Jakob Glaser]

Les ministres de l’Énergie envisagent l’idée d’une hausse des objectifs énergétiques pour 2030, sous la pression des eurodéputés.

La semaine prochaine, les législateurs européens reprendront leurs négociations sur la révision des directives sur les énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, après deux cycles de négociations infructueux.

Sur les deux dossiers, les États membres se montrent réticents à rehausser les objectifs de 27 % pour l’énergie renouvelable et 30 % pour l’efficacité énergétique. Le Parlement souhaite quant à lui que ces objectifs soient tous deux relevés à 35 %.

Les capitales européennes semblent cependant de plus en plus disposées à en faire davantage. Le principal argument contre une hausse des objectifs est leurs coûts, or ceux-ci sont en chute libre et l’opinion publique continue à soutenir l’Accord de Paris.

La Suède et le Portugal sont déjà favorables à 35 % de renouvelables. L’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la France, le Luxembourg et les Pays-Bas ont quant à eux indiqué vouloir rehausser l’objectif de 27 %, provisoirement validé par le Conseil.

Même chose du côté de l’efficacité énergétique : la Suède et la France sont d’accord avec les 35 % proposés par le Parlement, et l’Allemagne, le Danemark, l’Irlande, le Luxembourg, les Pays-Bas et le Portugal sont tous favorables à une hausse de l’ambition actuellement fixée à 30 %.

90% de renouvelables en 2035, c’est possible

Les prix des batteries et de l’électricité propre ont chuté si brutalement que même les projections imaginant un système à 85-90 % de renouvelables pour 2035 semblent aujourd’hui « ridiculement conservatrices ».

L’Autriche sur la sellette

L’Autriche a indiqué, lors de la réunion informelle des ministres à Sofia le 19 avril, sa volonté de relever l’objectif sur les énergies renouvelables. À l’heure actuelle, les énergies renouvelables représentent 72 % de la consommation d’électricité dans le pays. Vienne entend atteindre les 100 % d’ici 2030 et mettre en place un objectif de 45 à 50 % pour tous les types d’énergie.

Pour l’eurodéputé autrichien Michel Reimon (Verts/ALE), la prise de position de Vienne pour un objectif de plus de 30 % n’est qu’un « plan RP facile ». Il estime que seul un soutien clair à l’objectif de 35 % serait raisonnable.

Un groupe de scientifiques a également critiqué les politiques d’efficacité énergétique autrichiennes. Au train actuel, l’Autriche ne parviendra pas à atteindre ses objectifs pour 2020.

En outre, Vienne ne soutient pas une hausse de l’objectif européen de 30 % dans ce domaine, et cette position n’a pas changé après la rencontre de Sofia, a confirmé un porte-parole du gouvernement.

L’Autriche prend la présidence tournante de l’UE en juillet, succédant à la Bulgarie. Des inquiétudes ont été exprimées quant à la volonté apparente de Vienne de permettre à d’autres pays de prendre le relai et de contribuer davantage aux objectifs à l’échelle du bloc européen.

Les eurodéputés Claude Turmes (Verts/ALE) et José Blanco López (S&D), respectivement rapporteurs sur la gouvernance énergétique et les renouvelables, sont tous deux d’avis qu’il n’y aura pas d’accord avec le Parlement tant que les deux objectifs ne sont pas « bien au-dessus » de 30 %. Les États seront donc appelés à faire plus d’efforts lors de la reprise des négociations, mi-mai.

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