Renouvelables : deux options sur la table pour 2030

Les eurodéputés veulent plus de renouvelables que les chefs d’Etat. Le compromis devrait se traduire par un objectif de 30 à 33 % d’énergies renouvelables pour 2030.

La politique de l’UE en matière d’énergies renouvelables prend doucement forme après des négociations décisives à Strasbourg le 31 mai. L’objectif final devrait s’établir autour de 30-33 %.

Les négociateurs des trois institutions de l’UE – la Commission, le Parlement et le Conseil – se sont accordées sur les grandes lignes de la directive énergies renouvelables, qui fait partie d’un paquet de loi plus large sur l’énergie propre, visant à réduire les émissions du bloc de 40 % d’ici à la fin de la prochaine décennie.

Les discussions pour finaliser la directive devraient maintenant se conclure durant un dernier cycle de négociations du trilogue, prévu le 13 juin.

Le Parlement européen a voté en janvier en faveur d’une augmentation de la part des énergies renouvelables à 35 % du bouquet énergétique de l’UE d’ici à 2030, ouvrant ainsi la voie à des négociations tendues avec les États membres de l’UE, qui se sont accordés sur un objectif de 27 % en décembre.

La Bulgarie, qui détient actuellement la présidence tournante de l’UE, a présidé les négociations du 31 mai et représenté les 28 États membres lors de la réunion, qui s’est tenue à huis clos à Strasbourg.

« Les choses se sont accélérées durant la dernière heure », avant midi, selon une source du Parlement proche du dossier. José Blanco Lopez, l’eurodéputé socialiste espagnol qui est à la tête de la délégation parlementaire, a appelé à une pause de 30 minutes alors que la réunion touchait à sa fin.

La Commission européenne s’est isolée dans une salle pour trouver une proposition de compromis avec la présidence bulgare, qui est revenue avec deux options :

  • Un objectif de 30-31 % d’énergies renouvelables d’ici à 2030, qui est bien en-deçà de l’appel du Parlement pour un objectif de 35 %. En contrepartie, toutes les autres demandes des eurodéputés seraient satisfaites, comme la promotion de l’auto-consommation d’énergies renouvelables et la mise en place d’un sous-objectif légalement contraignant pour les renouvelables dans les secteurs du chauffage et du refroidissement. Le Parlement veut qu’une hausse de 2 % par an soit rendue obligatoire pour les États membres, par rapport au 1 % indicatif proposé par la Commission.
  • Un objectif plus élevé de 32-33 % pour les renouvelables d’ici à 2030, en échange de quoi le Parlement ferait des concessions sur d’autres demandes listées ci-dessus.

Les membres du Parlement européen ont montré de l’intérêt pour la seconde option, a précisé la source, expliquant que l’objectif de la première option était trop bas comparé à la demande des eurodéputés pour un objectif de 35 %.

« C’est la première fois qu’ils mettent le chiffre de 32-33 % sur la table », a indiqué la source en parlant des 28 États membres au Conseil, et faisant preuve d’optimisme sur les chances de conclure les négociations sur la directive durant le dernier cycle du trilogue prévu le 13 juin.

Une proposition qui a déclenché une dynamique, continue la source, qui estime que c’est maintenant aux chefs de file des groupes politiques du Parlement européen de se réunir et de décider quelles concessions ils sont prêts à faire en échange d’un objectif plus élevé.

SolarPower Europe dénonce un « chantage »

Atteindre un compromis avec le Conseil signifiera nécessairement des compromis douloureux de la part du Parlement. Notamment accepter la demande du Conseil pour un objectif de 14 % de renouvelables dans les transports, un objectif soutenu par les 28 ministres lors d’une réunion de décembre du Conseil énergie.

L’annonce des grandes lignes de l’accord a déçu les défenseurs des énergies renouvelables. L’association de l’industrie du solaire, SolarPower Europe, a comparé la proposition du Conseil à du « chantage politique ».

Stefano Lambertucci, de l’organisation Solar Heat Europe, se demande quant à lui comment les pays européens pourraient atteindre des objectifs de renouvelables plus élevés « sans agir plus » pour décarboniser le secteur du chauffage et du refroidissement, qui représente la moitié de la demande totale d’énergie de l’UE.

Un « sandwich pourri » selon Greenpeace

Les militants écologistes sont quant à eux furieux. Sebastian Mang, conseiller en politique climatique et énergétique de Greenpeace, a déclaré : « La proposition du Conseil est comme la vente de sandwichs avariés ; on nous propose soit du pain rassis, soit une garniture moisie. Nous avons besoin de bons objectifs et d’une action accélérée pour protéger les gens et la planète contre les changements climatiques dévastateurs.

« Le fait que nos gouvernements proposent de garder l’un et de laisser tomber l’autre est un effort sournois pour échapper à leur responsabilité d’agir», s’est-il indigné.

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