L’Europe s’accorde sur un objectif de 32% de renouvelables d’ici 2030

Les installations solaires sur les toits seront exemptées de frais de réseau. [100% Campaign / Flickr]

Accord surprise sur les renouvelables entre le Parlement et le Conseil après une nuit de négociations : l’objectif sera de 32 % et l’utilisation d’huile de palme sera interdite dans le transport d’ici 2030.

Les représentants du Parlement européen et des États membres ont débattu jusqu’au petit matin, malgré le départ des interprètes à minuit. Un accord a été atteint vers 3h30, selon Sean Kelly, qui faisait partie de l’équipe de négociateurs du Parlement.

Il a tweeté une photo des eurodéputés, extatiques, posant avec Miguel Arias Cañete, le commissaire au climat et à l’énergie, qui a dirigé les discussions.

Tweet de Sean Kelly : Il est 4h du matin, l’aube pointe et nous sommes heureux d’avoir un accord sur #RED11 C’est un plaisir de travailler avec des gens aussi formidables @EU_Commission @Europarl_EN @EUCouncil Merci à tous @pepeblancoEP @JerzyBuzek @BasEickhout @ClaudeTurmes @tamburrano @MAC_europa

Si tous les détails n’ont pas encore été clarifiés, les grandes lignes de l’accord sont établies. Le bouquet énergétique européen devra compter au moins 32 % de renouvelables d’ici 2030 et l’accord contiendra une clause de révision à la hausse qui devra être utilisée au plus tard en 2023, selon Claude Turmes, eurodéputé luxembourgeois représentant les Verts lors des négociations.

Lors d’une réunion le 11 juin, l’Allemagne avait annoncé qu’elle ne soutiendrait pas un objectif dépassant les 32 %, ce qui ne laissait aucune chance de dégager un objectif plus élevé, a indiqué l’eurodéputé.

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Si les électeurs européens ne font plus confiance aux politiques, c’est notamment à cause d’ambitions « irréalisables » sur les renouvelables, estime le ministre allemand à l’Énergie, opposé à un objectif de 33 ou 35 % de renouvelables d’ici 2030.

Élimination de l’huile de palme

Autre volet essentiel de l’accord : un objectif pour la part d’énergies renouvelables dans les transports, fixé à 14 % pour 2030. Cette décision a pour but d’encourager la multiplication des véhicules électriques.

Le Parlement a également réussi à obtenir une promesse pour l’élimination de l’huile de palme dans les transports d’ici 2030. Cela commencera par un gel des quantités importables actuelles, précise Claude Turmes.

Cette partie de l’accord s’attirera à coup sûr les foudres de la Malaisie et de l’Indonésie, les plus grands producteurs d’huile de palme au monde, qui ont menacé l’UE de mesures de rétorsion en cas d’interdiction.

Ce chapitre inclut aussi un gel des agrocarburants dits de première génération, comme l’éthanol, qui sont produits dans l’UE, au niveau de production des États membres en 2020. Les agrocarburants de deuxième génération, qui proviennent de cultures non vivrières, comme les résidus de bois, se sont vus dotés d’un objectif de 3,5 %.

La consommation d’énergie renouvelable dans le cadre de l’autoconsommation, qui couvre principalement les panneaux solaires installés sur les toits des maisons et petites entreprises, a généré des débats houleux. Il a finalement été décidé que l’installation d’une capacité de production de 25 kilowatts serait exemptée de frais de réseau, ce qui devrait plaire aux défenseurs des renouvelables à petite échelle et de l’industrie des panneaux solaires.

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Silence sur l’efficacité énergétique

La soirée avait pourtant mal commencé, puisque les négociations sur la directive sur l’efficacité énergétique avaient été abandonnées vers 18h, faute d’entente, en particulier sur l’objectif. Le Parlement refuse de descendre en dessous de 32,5 % pour 2030, avec un taux d’économie annuel de 0,84 %. La Bulgarie, qui détient la présidence tournante du Conseil et dirige donc les négociations, a estimé ne pas avoir de mandat pour un chiffre aussi élevé.

La flexibilité du mandat exact de Sofia pose question depuis le Conseil « énergie » du 11 juin, lors duquel l’Espagne et l’Italie, qui ont de tout nouveaux gouvernements, ont soutenu des objectifs plus hauts à la fois sur les renouvelables et sur l’efficacité énergétique.

Reste cependant à savoir si la Bulgarie tentera de raviver les discussions avant la fin de sa présidence, le 1er juillet, ou si elle passera le flambeau à l’Autriche.

Pour Claude Turmes, il est possible qu’un accord se dégage lors d’une réunion des ambassadeurs, le 15 juin, avant un dernier trilogue la semaine prochaine.

Tweet de Miguel Arias Cañete : Pas d’accord sur l’efficacité énergétique aujourd’hui, même si nous en sommes proches. J’appelle le Parlement et le Conseil à faire preuve de flexibilité et à chercher un compromis. C’est la seule manière d’avancer vers une transition énergétique ambitieuse. À suivre…

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