La liste des projets énergétiques de l’UE provoque l’ire des eurodéputés

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Le nombre de projets gaziers figurant sur la liste prioritaire de la Commission a augmenté selon le Parlement européen, qui accuse Bruxelles de complaisance avec les énergies fossiles.

Il y a deux mois, la Commission a présenté sa liste de projets d’intérêt commun (PCI), qui comprend des projets d’infrastructures énergétiques tels que des interconnexions électriques et des gazoducs, destinés à aider l’UE à atteindre ses objectifs énergétiques et climatiques.

Le 23 janvier, les députés ont interrogé la Commission sur la liste et exigé de savoir comment la DG Énergie avait choisi les projets à inclure et à retirer de la liste. Lors de sa présentation, la représentante de la Commission, Catharina Sikow-Magny, a été malmenée par les législateurs européens.

Les principaux points soulevés par les membres de la commission énergie (ITRE) du Parlement européen concernaient notamment le nombre de projets gaziers figurant sur la liste, la méthodologie utilisée par la Commission pour établir la liste et le niveau de transparence déployé.

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Les eurodéputés du groupe S&D Kathleen Van Brempt et Dan Nica ont tous deux reproché à la Commission de ne pas avoir impliqué le Parlement à un stade antérieur. Kathleen Van Brempt a déclaré qu’il y avait eu « trop peu de dialogue avec l’ITRE sur la manière dont la liste avait été établie ».

L’eurodéputé roumain Dan Nica a déclaré à Catharina Sikow-Magny que son institution devrait à l’avenir aborder la liste PCI, qui est mise à jour tous les deux ans, « de manière plus transparente ».

La représentante de la Commission a répondu qu’elle était disposée à se présenter plus souvent devant la commission parlementaire et a même suggéré que Maroš Šefčovič, commissaire en charge de l’Union de l’énergie, vienne débattre avec les députés européens.

Question de mathématiques

Le nombre de projets gaziers figurant sur la liste a également fait l’objet de critiques. Alors que la Commission indique que le nombre a diminué depuis la dernière révision, conformément aux orientations de l’UE, d’autres rétorquent que ce nombre a en fait augmenté parce que l’exécutif a regroupé des projets.

Catharina Sikow-Magny a défendu la liste en soulignant que la première comptait 108 projets gaziers alors que l’actuelle, la troisième édition, en compte 53. Elle a également insisté sur le fait que la méthodologie utilisée dans les trois listes était « cohérente et pertinente » et que le système de regroupement avait toujours été utilisé.

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Objection à l’horizon

Les principaux détracteurs de la liste, dont l’eurodéputé de la gauche radicale Xabier Benito Ziluaga et sa collègue écologiste Michèle Rivasi, affirment que la proposition de liste de la Commission est si biaisée qu’ils prévoient de présenter une objection au sein de la commission ITRE.

Cela obligerait les députés européens à voter sur la liste, plutôt que de simplement lui accorder un feu vert automatique. Ce serait la première fois que les eurodéputés seraient appelés à voter de cette manière sur la liste PCI. Selon les règles en vigueur, les députés européens ne voteront cependant pas sur des projets individuels, mais sur l’ensemble de la liste.

Lors d’un événement au Parlement européen organisé par Xabier Benito Ziluaga et Michèle Rivasi le lundi 22 janvier, des militants de toute l’Europe sont venus à Bruxelles pour parler d’un certain nombre de projets énergétiques qui, selon eux, mettent en danger les objectifs environnementaux de l’UE, y compris le gazoduc TAP et une nouvelle station de gaz naturel liquéfié sur la côte irlandaise.

Lors de la prochaine réunion de la commission ITRE, fin février, les députés européens de la commission se prononceront probablement sur la liste. Si une majorité la rejette, elle sera renvoyée en séance plénière au mois de mars. Un vote négatif à la majorité qualifiée enterrerait complètement la liste, mais les chances que cela se produise sont très faibles en raison du soutien des groupes PPE et CRE.

Le président de la commission ITRE, Jerzy Buzek (PPE), a clôturé la réunion du 23 janvier en convenant que le débat était important, mais en avertissant qu’il « est impossible de réussir dans le secteur des énergies renouvelables sans centrales à gaz », suggérant que l’objection n’irait pas plus loin que le vote de la commission.

Priorités de la Bulgarie

Les eurodéputés de la commission ITRE ont également souhaité la bienvenue à Temenuzhka Petkova, ministre bulgare de l’Énergie, qui a exposé les priorités de son pays dans le secteur pour les six mois de sa présidence tournante.

Comme prévu, elle a révélé que les interconnexions énergétiques, essentiellement gazières, avec les Balkans occidentaux seraient au centre des préoccupations, tout en poussant à la création d’une plateforme gazière dans sa propre région. Cependant, en ce qui concerne la révision de la directive sur le gaz, la présidence semble moins engagée, car elle ne cherche à viser qu’un « consensus » sur la question.

Pour ce qui est des autres projets de loi en cours, la présidence est prête à entamer les travaux sur les renouvelables, sur l’efficacité et la gouvernance énergétiques, qui ont tous été finalisés par le Parlement à Strasbourg la semaine dernière. La présidence travaillera également sur la directive relative à la création du marché de l’électricité, mais un trilogue semble peu probable avant la fin de son mandat.

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