« Fit for 55 » : un casse-tête pour la France, à la traîne dans la production d’énergies renouvelables

Ailleurs en Europe, l’exploitation d’énergies renouvelables est très disparate. Le Danemark arrive en tête avec une production de 62 % d’énergies renouvelables. Suivent ensuite des pays comme la Suède ou la Finlande. Parmi les mauvais élèves, on retrouve notamment le Portugal, l’Italie ou encore la Bulgarie. [zhengzaishuru]

Si aujourd’hui l’UE vise un total de 32 % d’énergies renouvelables dans son bouquet énergétique d’ici à 2030, cet objectif devrait être revu à la hausse en juillet, entre 38 % à 40 %. Un objectif difficile à tenir pour la France, qui, déjà en 2020, avait échoué à atteindre 23 % d’énergies renouvelables. 

Pour la France, produire de l’énergie renouvelable est un parcours semé d’embûches. En 2020, la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique est de 19,1 %, alors que l’objectif imposé par l’objectif renouvelable de 2009 est de 23%. Une faible proportion, en partie due à l’utilisation prépondérante du nucléaire, qui représente à lui seul 78 % de la production d’électricité en France.

À la veille du sommet pour le climat organisé par Joe Biden les 22 et 23 avril derniers, l’UE revoit ses ambitions climatiques à la hausse. Dans le cadre du paquet « Fit for 55 », la Commission devrait annoncer en juillet vouloir passer à 38 % minimum d’énergies renouvelables en Europe, demandant un effort collectif supplémentaire aux 27. 

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À Paris, la coopérative citoyenne EnerCit’if va installer 14 centrales solaires d’ici la fin 2021. L’occasion de développer l’énergie citoyenne tout en accélérant  la transition énergétique en milieu urbain.

Retard de développement 

Déjà mise à mal, la France semble à nouveau dans la tourmente, en retard sur le développement des énergies renouvelables. À commencer par l’éolien qui n’a pas le vent en poupe, à l’image du parc éolien en baie de Saint-Brieuc, vivement critiqué pour son coût exorbitant, sa destruction du paysage et sa dangerosité pour la biodiversité marine et terrestre. 

L’énergie solaire semble être mieux adaptée au territoire français. Côté météo, il est plus simple de prévoir le soleil que le vent. Mais le développement de l’énergie solaire fait face à un obstacle de taille : la production de panneaux photovoltaïques est réalisée en Chine, qui utilise du charbon dans le processus de fabrication. « Le bilan en CO2 n’est pas extraordinaire. Il faut les fabriquer en Europe », préconise Brice Lalonde, président de l’association Équilibre des Énergies.

Pour l’heure, le bois-énergie et l’hydraulique restent les plus développés, représentant 52,5 % des énergies renouvelables en France, loin devant l’éolien et le solaire, représentant respectivement 10,4 % et 3,4 %. 

Ailleurs en Europe, l’exploitation d’énergies renouvelables est très disparate. Le Danemark arrive en tête avec une production de 62 % d’énergies renouvelables. Suivent ensuite des pays comme la Suède ou la Finlande. Parmi les mauvais élèves, on retrouve notamment le Portugal, l’Italie ou encore la Bulgarie.

Finlande : les énergies renouvelables dépassent les combustibles fossiles

La production d’énergies renouvelables en Finlande a atteint 40% de la consommation totale d’énergie et est désormais supérieure à la part des combustibles fossiles, y compris la tourbe, qui est tombée à 37%, selon les statistiques de 2020 publiées par Statistics Finland.

Le nucléaire et les renouvelables complémentaires 

Retour au « Fit for 55 ». Cette fois-ci les règles sont différentes. Pour 2030, la Commission n’imposera pas un objectif national, mais un objectif européen. Les États membres ne seront pas soumis à des obligations, mais à des indications.

L’occasion pour la France de valoriser sa production massive d’énergie nucléaire ? Sujet de toutes les crispations, le nucléaire représente 78 % de l’énergie produite en France, en faisant le premier pays producteur européen. 

Pour Brice Lalonde, la lutte contre le réchauffement climatique en Europe ne se fera pas sans le nucléaire : « si l’objectif est de réduire les émissions alors faisons une place au nucléaire dans la taxonomie, acceptons l’idée que c’est à peu près équivalent aux énergies renouvelables dans la lutte contre le changement climatique », précise-t-il.

Avant d’ajouter : « il faut arrêter d’être antinucléaire par principe. Les énergies renouvelables et le nucléaire sont complémentaires. L’Europe est contente d’avoir de l’électricité nucléaire quand elle en a besoin, comme elle est contente d’avoir de l’électricité venant des éoliennes du nord de l’Allemagne » 

« C’est la réduction des émissions qui devraient être mises en avant et pas l’efficacité énergétique et les renouvelables. Car ce sont les moyens, ce ne sont pas des buts », conclut-il.

En janvier dernier, lors d’un entretien accordé au journal Le Monde Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, avait déclaré : « nucléaire ou renouvelable, nous devons avoir plusieurs options : si on se concentre sur une seule solution, on sera fort dépourvus en cas de problème. Il ne faut pas s’enfermer dans un corner ».

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