WWF plaide pour une transition énergétique directe du charbon aux renouvelables

La centrale au gaz de Connah's Quay a remplacé une centrale au charbon détruite en 1992. [Reading Tom / Flickr]

Le Royaume-Uni n’a pas besoin de nouvelles centrales au gaz pour remplacer celles au charbon, qui seront éliminées d’ici 2025, selon une étude qui prône un passage direct aux renouvelables. Un article de notre partenaire, The Guardian.

Le gouvernement britannique a promis de fermer les centrales à charbon d’ici 2025, et s’apprête donc à les remplacer par des centrales au gaz.

Une transition inutile, selon le WWF, qui estime que les renouvelables, les batteries de stockage et les technologies flexibles permettront de remplacer directement l’électricité fossile. Cela permettrait au pays de passer du charbon aux renouvelables directement, sans l’intermédiaire du gaz.

L’analyse de l’ONG contredit la croyance selon laquelle la suppression de l’électricité au charbon doit passer par une période intermédiaire, durant laquelle l’énergie sera toujours produite par une ressource fossile, mais moins polluante, le gaz. Selon le WWF, les États pourraient donc économiser gros en ne construisant pas de nouvelles grandes centrales au gaz.

En 2015, Amber Rudd, alors ministre à l’Énergie, avait indiqué que « dans les dix ans à venir, il est impératif que nous construisions de nouvelles centrales électriques au gaz ». Un marché dont se sont emparées les grandes firmes du secteur, comme Drax et l’Allemande RWE, qui veulent installer ces centrales sur les sites existant dans le Yorkshire et l’Essex.

Près de la moitié des projets de nouvelles centrales au gaz en Europe sont concentrés au Royaume-Uni, mais la route vers le marché, qui passe par le marché de capacité national, s’avère plus ardue que prévu. Le gouvernement compte donc lancer une révision du programme en question l’an prochain. Les défenseurs des renouvelables craignent cependant que cette révision ne fausse le marché.

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Gareth Redmond-King, responsable climat pour le WWF, appelle donc les ministres à s’assurer que la modification ne favorise pas le gaz. « Si nous n’avons pas besoin de grandes centrales au gaz, si elles ne gagnent pas face aux renouvelables, pourquoi leur faciliter la voie ? », s’interroge-t-il. « Il est essentiel que le gouvernement ne remplace pas une énergie sale par une autre. »

La dernière grande centrale au gaz construite au Royaume-Uni est celle de Carrington, ouverte en 2016. Celle d’avant date de 2012.

Sur la base des prévisions officielles du gouvernement, le WWF estime que la croissance de l’électricité produite par les secteurs propres, comme l’éolien ou le solaire, permettra de contrebalancer facilement l’élimination des centrales au charbon.

Environ 95 % de cette capacité renouvelables est déjà en construction ou en projet via des accords de subvention gouvernementaux. La croissance la plus nette sera liée aux champs éoliens en mer.

Londres a décidé d’augmenter de 557 millions de livres (632 millions d’euros) les subventions aux énergies propres d’ici 2025. Cela devrait couvrir l’écart entre les capacités existantes et les capacités liées au charbon.

L’éolien en mer et le solaire bénéficient actuellement d’aides, mais le WWF souhaite que celles-ci s’étendent à d’autres renouvelables. « Nous essayons de rappeler au gouvernement qu’il existe d’autres renouvelables bon marché qu’il pourrait soutenir », dit Gareth Redmond-King.

Les déclarations récentes de la ministre à l’Énergie, Claire Perry, sont encourageantes. Celle-ci a indiqué que le gouvernement tentait d’assurer des subventions à la construction de champs éoliens en mer au Pays de Galles et en Écosse.

Le secteur du gaz n’a pas salué le rapport du WWF. Un porte-parole de Drax a souligné que pour mettre en place un système fiable, il fallait « toute une série de technologies de génération apportant un soutien crucial » aux renouvelables.

Pour Tom Glover, président de RWE UK, a également réagi, estimant que « le volume exact de capacité gazière nécessaire est très incertain, mais la plupart des prévisions les évaluent à beaucoup plus que cette étude ».

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Du côté du ministère des Affaires, de l’Énergie et des Stratégies industrielles, on rappelle que « nous sommes l’un des premiers pays à s’engager pour la fin de l’électricité au charbon et encourageons les autres pays à en faire autant. La croissance verte est un pilier de notre stratégie industrielle moderne, elle permet de faire croitre notre économie tout en réduisant les émissions. »

« Avec jusqu’à 557 millions de livres d’investissement supplémentaires dans les projets énergétiques, nous nous assurons un bouquet énergétique diversifié, sûr, abordable et plus axé que jamais sur l’énergie propre », continue un porte-parole.

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