Berlin et Bruxelles tentent de coopérer sur la sécurité nucléaire

Le réacteur n°3 de la centrale de Doel a 35 ans. [Shutterstock]

Barbara Hendricks, ministre de l’Environnement allemande, n’a pas réussi à faire fermer les centrales nucléaires belges de Tihange 2 et Doel 3. Bruxelles et Berlin ont néanmoins décidé de mettre en place un meilleur système d’échange d’information sur le nucléaire. Un article d’EURACTIV Allemagne.

Après dix mois de négociation avec le vice-Premier ministre belge, Jan Jambon, la ministre allemande de l’Environnement a obtenu un accord bilatéral sur la sécurité nucléaire. Le point le plus important de l’accord est l’établissement d’une commission d’experts commune et d’un échange d’information régulier en ce qui concerne la sécurité nucléaire.

Barbara Hendricks s’est félicitée des résultats rapides du projet, qui « souligne la grande importance qu’attachent l’Allemagne et la Belgique à la sécurité nucléaire ».

La ministre a toutefois admis que l’accord « ne répond[ait] pas à toutes les attentes des communautés frontalières ».

Fin 2015, Bruxelles a décidé de prolonger les activités des réacteurs nucléaires de Tihange 1 et Doel 3, très proches des frontières néerlandaise et allemande, au grand dam des habitants de la région, et de Berlin.

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En février, le ministère allemand de l’Environnement a pris contact avec son homologue belge, dans l’idée de créer une commission nucléaire commune. Des commissions similaires existent déjà entre l’Allemagne et des pays comme la Suisse, la France et la République tchèque. Le groupe de spécialistes se rencontrera pour la première fois en 2017.

En avril, quand des particules d’hydrogènes ont été retrouvées dans leur cuve sous pression, le gouvernement allemand a demandé la fermeture des réacteurs.

« Des experts indépendants n’ont pas pu vérifier que Tihange 2 et Doel 3 respectent leurs marges de sécurités », avait alors averti Barbara Hendricks. « Je pense juste qu’il est juste que les installations soient arrêtées, au moins de manière temporaire, jusqu’à ce que d’autres analyses soient menées. »

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Le nouvel accord entre les gouvernements belge et allemand ne mentionne cependant pas la décommission des deux réacteurs et n’interfère en aucun cas avec la souveraineté nationale en ce qui concerne la réglementation nucléaire.

La ministre s’est pourtant montrée positive et a annoncé que ce nouveau cadre servirait de base à une discussion ouverte et critique entre les deux pays. « Notre coopération bilatérale prend aujourd’hui une nouvelle dimension légalement contraignante », a-t-elle déclaré.

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