L’Allemagne tire la croissance de l’éolien en Europe

Les capacités éoliennes ont augmenté en 2017, mais les investissement baissent. [The Danish Wind Industry Association / Flickr]

L’Allemagne comptabilise à elle seule 42 % des nouvelles capacités éoliennes de l’UE en 2017, année record pour le secteur.

Les nouvelles statistiques de l’association WindEurope pour 2017 révèlent que 15,7 GW de capacités éoliennes ont été créés dans l’UE, soit 55 % de toutes les nouvelles capacités.

Cela représente une augmentation de 20 % par rapport à 2016. Et c’est l’Allemagne qui ouvre la voie, avec 6,6 GW de capacités installées en 2017, soit 42 % du total de l’Union. Le pays a également enregistré la plus grande augmentation annuelle de la demande d’électricité éolienne, passant de 16 à 20 %.

Le pays reste donc en tête de l’UE, suivie de l’Espagne, du Royaume-Uni et de la France. Si c’est en Allemagne que la croissance est la plus forte, le pays comptant le plus sur l’énergie éolienne reste le Danemark, où 44 % de l’électricité est générée par le vent.

Dans l’ensemble, les énergies renouvelables, principalement le solaire et l’éolien, représentent la grande majorité (85 %) des nouvelles capacités électriques européennes. L’éolien compte à présent pour 18 % des nouvelles capacités installées.

La part d’électricité dérivée du pétrole et du charbon a pour sa part décliné, puisque plus de capacités ont été supprimées qu’installées. L’électricité au gaz reste quant à elle stable.

L’électricité renouvelable française confirme son dynamisme

L’éolien est notamment le champion de 2017, relève le dernier baromètre de l’organisme Observ’ER. Mais pour atteindre les objectifs de la programmation pluriannuelle de l’énergie à l’horizon 2023, il faut encore accélérer, notamment dans les énergies marines. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Ralentissement de l’investissement

Giles Dickson, PDG de WindEurope, assure que les statistiques de 2017 prouvent que l’éolien entre aujourd’hui réellement dans les mœurs, notamment grâce à sa pertinence économique. Il prévient cependant que cette année record a été possible car de nombreux projets ont été accélérés pour bénéficier d’avantages économiques avant la suppression de ceux-ci.

Les investissements ne suivent en effet pas la courbe ascendante de la création de capacités, puisqu’ils ont diminué de 19 % depuis 2016, pour un total de 22,3 milliards d’euros l’an dernier.

« Malgré les chiffres élevés, l’avenir à long et moyen terme de l’énergie éolienne est incertain. Le passage au système actuel a été moins facile que nous espérions. Ensuite, les gouvernements ne sont pas assez clairs en ce qui concerne leurs projets pour l’après 2020 », a souligné Giles Dickson, qui appelle à l’adoption d’un objectif de 35 % de renouvelables d’ici 2030.

« Un objectif de 35 % n’est pas seulement possible, c’est économiquement logique », assure-t-il. « Le secteur de l’éolien a prouvé qu’il est fiable, c’est à présent aux décideurs politiques de faire leur part. »

Il faut faire plus pour atteindre les objectifs en matière d'électricité renouvelable, selon le WWF

Le WWF et la fédération européenne pour l’énergie renouvelable avertissent que les gouvernements devraient être plus actifs pour atteindre les objectifs fixés par la directive sur l’électricité renouvelable.

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