Günther Oettinger approuve le gazoduc transadriatique

Oettinger Energy 2020.JPG

Le commissaire européen en charge de l’énergie, Günther Oettinger, a accueilli favorablement aujourd’hui (13 février) l’accord signé entre les gouvernements albanais, grec et italien pour la construction du gazoduc transadriatique (TAP), comme composant éventuel du corridor gazier sud-européen reliant l’UE à la région Caspienne riche en ressources.

Les gouvernements albanais, grec et italien ont signé aujourd'hui à Athènes un accord trilatéral, qui consolide les engagements des trois pays en faveur de la construction et de l'exploitation du gazoduc TAP.

Grâce à son diamètre prévu de 122 cm, le gazoduc transadriatique s'approvisionnera en gaz à la frontière turque et le livrera 800 kilomètres plus loin, dans le « talon » de la péninsule italienne, en passant par la Grèce et l'Albanie [voir la carte].

L'accord vise à garantir que les trois pays coopèrent à la livraison en temps opportun et au bon fonctionnement du gazoduc. Michael Hoffmann, le directeur chargé des affaires extérieures de TAP, a déclaré que la signature concluait le dernier accord politique international de haut niveau restant. Il a ajouté que cet accord était important pour la procédure de sélection à venir du consortium Shah Deniz.

Deux projets de gazoducs, TAP et Nabucco Ouest, sont en compétition pour le gisement de gaz en mer Shah Deniz II, en Azerbaïdjan. Nabucco Ouest, un gazoduc de 1 326 km et de 122 cm de diamètre, devrait acheminer le gaz de la frontière turque en passant par la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie vers la plateforme gazière de Baumbarten, près de Vienne [voir la carte].

Günther Oettinger a accueilli favorablement la signature de l'accord intergouvernemental sur le TAP, mais n'a exprimé aucune préférence entre les deux projets.

« Le gazoduc [TAP] est un instrument destiné à connecter les marchés gaziers de la Grèce et de l'Italie ainsi qu'à acheminer du gaz en Albanie et éventuellement dans d'autres pays voisins de notre Communauté de l’énergie. Il pourrait figurer parmi les premiers composants du corridor gazier sud-européen dont le but est de relier directement l'Union européenne à la région Caspienne riche en ressources gazières », a déclaré le commissaire.

Le corridor sud-européen correspond à différents projets de gazoduc destinés à acheminer du gaz dans l'UE à partir de sources situées en dehors de la Russie.

>> Lire : Corridor gazier sud-européen : la course des pipelines

Des experts ont toutefois indiqué que le gisement Shah Deniz II ne possédait pas suffisamment de gaz pour alimenter les deux gazoducs. Ils affirment que, quand le gaz sera disponible à partir d'autres sources en Iraq ou en Iran, par exemple, les deux gazoducs seront utiles.

L'entreprise gazière publique de l'Azerbaïdjan, SOCAR, devrait prendre une décision en juin et choisir à quel consortium livrer son gaz. La décision éliminera probablement l'un des candidats ou rendrait du moins son projet moins pertinent à moyen terme.

Plusieurs projets de gazoduc sont en compétition pour créer le corridor gazier sud-européen, une vague proposition visant à acheminer du gaz de la Caspienne et du Moyen-Orient en Europe.

À l'origine, le projet phare de l'UE était Nabucco, un gazoduc censé approvisionner l'Europe à partir du Caucase et du Moyen-Orient vers l'Autriche, en passant par la Turquie, la Bulgarie et la Roumanie.

La construction de Nabucco devait débuter en 2013 et le gaz devrait commencer à être acheminé en 2017. Il devrait transporter 31 milliards de mètres cubes de gaz par an (mmc/an).

Toutefois, seuls trois projets de gazoducs plus modernes semblent, à présent, rester dans la compétition pour acheminer le gaz à partir de la frontière qui sépare l'UE et la Turquie :

  • Nabucco-Ouest : via la Bulgarie et la Roumanie vers l'Autriche ;
  • le South East Europe Pipeline (SEEP) : via la Bulgarie et la Roumanie vers la Hongrie ;
  • le gazoduc transadriatique (TAP) : via la Grèce vers l'Italie.

Commission européenne

Subscribe to our newsletters

Subscribe