L’Allemagne doit investir 32 milliards d’euros dans les réseaux électriques

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La sortie du nucléaire nécessite un renforcement du réseau électrique du pays. Pour la première fois, les quatre gestionnaires de réseau de transport ont présenté un plan pour les dix ans à venir.

D’ici 2022, l’Allemagne devra investir 32 milliards d’euros dans ses réseaux électriques, estiment les quatre gestionnaires de réseau de transport dans une étude publiée mardi 29 mai.

Le pays a décidé d’arrêter toutes ses centrales nucléaires d’ici 2023 et de miser sur le développement des énergies renouvelables. Ces dernières, notamment produites en mer du Nord, doivent être acheminées vers les centres de consommation au Sud du pays.

Selon le plan de développement du réseau, 3800 kilomètres de nouvelles lignes électriques, dont quatre grandes « autoroutes de l’électricité » traversant le pays sur un axe Nord-Sud, doivent être construites. Le réseau de transport actuel comprend un peu plus de 35 000 km de lignes à haute tension  

Le plan proposé par les gestionnaires de réseau de transport est désormais soumis à une consultation publique. Une deuxième version révisée sera publiée en août 2012, et servira comme base pour une loi définissant les besoins en investissements. Le gouvernement doit soumettre ce texte au vote des parlementaires à la fin de l’année 2012. 

Retards importants

L’Allemagne a adopté, en 2011, une loi visant à accélérer le développement des réseaux électriques à travers une centralisation de la planification et de l’autorisation.

Mais la construction des nouvelles lignes électriques à haute tension n’avance pas assez vite, comme l’a souligné le président de l’autorité de régulation des réseaux « Bundesnetzagentur », dans une interview au quotidien « taz » lundi 28 mai. M. Jochen Homann déplore que seuls 214 sur les 1800 km de lignes électriques planifiées en 2009 aient été construites jusqu’à présent.

La chancelière allemande Angela Merkel reconnaît le retard pris. Il constitue une réelle menace pour la transition énergétique dans son pays. C’est pourquoi elle s’est rendue avec deux ministres de son gouvernement à l’autorité de régulation mardi 29 mai « pour voir ce qui peut éventuellement être fait au niveau politique pour accélérer les choses ».  

L’opposition de gauche dans le pays reproche à la chancelière de s’être réveillée trop tard. Les verts allemands demandent de charger les autorités publiques de la construction des lignes électriques. « Les quatre grand gestionnaires de réseau sont débordés », a affirmé un des chefs des écologistes Jürgen Trittin au quotidien Tagesspiegel

La chancelière avait décidé, il y a deux ans, de revenir sur la sortie du nucléaire négociée avec l’industrie par le gouvernement du social-démocrate Gerhard Schröder en 2000. Toutefois, à la suite de la catastrophe nucléaire au Japon en mars 2011, la décision de prolonger la durée des vies des centrales nucléaires allemandes a été révoquée. 

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