L’efficacité énergétique des bâtiments au cœur du paquet énergie-climat 2030

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Avec un parc immobilier européen vieillissant, l'amélioration de l'efficacité énergétique des bâtiments sera un point central des politiques européennes à venir, révèle un haut fonctionnaire de la Commission.

La Commission publiera en juillet un rapport expliquant les avancées réalisées pour atteindre les objectifs sur l’efficacité énergétique à l'horizon 2020 et réfléchir aux objectifs de 2030.

Dans ce cadre, Paul Hodson, le chef de l'unité Efficacité énergétique de la Commission, estime que les actions publiques à petite échelle ouvrent la voie à des avancées majeures en matière d'économie d'énergie.

Lors du lancement de la feuille de route sur l'efficacité énergétique des bâtiments de l'Agence internationale de l'énergie à Bruxelles, Paul Hodson a déclaré qu’il était essentiel d’envisager une « combinaison optimale » de technologies dans la perspective de ce rapport.

Ces technologies pourraient impliquer une série de mesures, favorables aux personnes actives dans le secteur de l'efficacité énergétique. Ces règles seraient destinées à « améliorer la production d'énergies renouvelables dans les bâtiments et de chauffages urbains, [à maximiser] l'électricité sans carbone à partir de sources éloignées ainsi qu’à alimenter des dispositifs comme des pompes à chaleur », a-t-il assuré.

Il a toutefois laissé entendre qu'il était probable d'assister plutôt à de légères modifications des mesures existantes qu’à une réorientation générale de la politique. « L'efficacité énergétique ne représente qu’une petite partie, c'est ça le problème », a déclaré Paul Hodson. « Il n'existe pas de grandes actions applicables à tout le monde. »

Certaines parties de la directive sur l'efficacité énergétique de 2012, qui prévoyaient la rénovation des bâtiments publics, et des mesures d’économies d'énergie du côté des services publics, ont été revues à la baisse après de longues négociations entre États membres de l'UE.

La feuille de route de l'Agence internationale de l'énergie « Technology Roadmap for energy efficient building envelopes » prévoit toutefois deux mesures à appliquer en vue d'éviter une hausse de la température mondiale de 2°C : une économie d'énergie de plus de 40 % et un ralentissement de la demande énergétique d'ici 2050 dans le secteur de la construction, soit l'équivalent de l'ensemble de la consommation en énergie du Royaume-Uni.

Paquet climat-énergie 2030

La Commission a présenté ses objectifs sur le climat et l'énergie à l'horizon 2030 en janvier et a douché les espoirs de tout changement d'ampleur dans le domaine de l'efficacité énergétique. De nouvelles ambitions en matière d'efficacité énergétique des bâtiments pourraient toutefois être présentées plus tard cette année.

Une révision des mesures relatives à l'écoconception et à l'écoétiquetage pourrait élargir les systèmes d'étiquetage à des produits liés à l'énergie, comme les fenêtres, par exemple.

Les nouvelles lignes directrices devraient également être publiées avant 2015. Elles permettront de préciser les détails de la directive sur la performance énergétique des bâtiments : tous les États membres devront réduire à près de zéro la consommation d’énergie des bâtiments d'ici 2021.   

Selon Paul Hodson, il est préférable de se concentrer sur le comportement du consommateur plutôt que d'imposer de nouvelles obligations aux États membres ; et ce en raison de finances publiques en berne.

Les économies d'énergie « ne peuvent et ne devraient pas être réalisées à l'aide d'argent public, sauf de manière marginale », a-t-il expliqué. « Cela ne peut pas être fait avec l'argent public étant donné qu'il n'y en a pas suffisamment. Cela ne devrait pas être fait avec de l'argent public puisque les profits pour le privé sont si immenses. »

La feuille de route de l'AIE établit une liste de mesures que les gouvernements peuvent mettre en œuvre au profit de leur population, comme :

  • le financement de la recherche et du développement pour des technologies essentielles, telles que des « fenêtres dynamiques » et bien isolées ;
  • l'établissement ou la mise au point de politiques incitatives pour encourager l’utilisation de produits à très haute performance énergétique et pour les rénovations en profondeur ;
  • le financement initial afin d'élaborer des guides pour examiner l’infrastructure et la construction de bâtiments ;
  • le financement de recherche internationale pour que les nouvelles technologies arrivent à maturité ;
  • la mise en place d'incitations financières à durée déterminée et la promotion des mesures visant à réallouer les ressources dans des zones où le potentiel d'économie d'énergie est le plus élevé.

Rénovations en profondeur

Lors de la conférence de l'AIE, Oliver Rapf, le directeur exécutif du Buildings Performance Institute Europe (BPIE), a déclaré qu'on avait tort de considérer l'amélioration de l'efficacité énergétique dans le secteur de la construction seulement en termes de bénéfices et de pertes.

« Il existe un mythe : l'impact de l'efficacité énergétique n'est digne d'intérêt que si elle permet de réduire les coûts », a-t-il indiqué. « C'est une mauvaise approche étant donné que le parc immobilier de l'Europe a réellement besoin d'une rénovation en profondeur. »

Outre les effets bénéfiques sur le climat, la rénovation généralisée des bâtiments mal isolés et humides a d’autres effets bénéfiques sur la santé publique. Elle permet d’améliorer les conditions de vie dans les habitations et des élèves qui suivent des cours dans des écoles où les normes sont de piètre qualité.

Imposer la rénovation profonde de tous les bâtiments constituerait « une politique publique extrêmement forte », a mis en garde Paul Hodson.

« Vous devez prouver [que ces mesures sont nécessaires] avant de contraindre l'ensemble du secteur public à aller dans cette direction », a-t-il conclu. 

L'Union européenne a mis en place la dernière pièce du puzzle sur la politique énergétique et climatique pour 2020 en adoptant la directive sur l'efficacité énergétique.

Cette directive change la donne pour les entreprises énergétiques qui doivent à présent atteindre 1,5 % d'économies d'énergie chaque année auprès de leurs clients finaux.

Elle devrait également provoquer la plus grande rénovation des constructions existantes à ce jour en Europe et établir de nouvelles normes pour les marchés publics et les audits énergétiques.

>> Lire le LinksDossier d'EURACTIV : directive relative à l’efficacité énergétique : résoudre le puzzle de la politique énergétique

  • Février 2014 : les eurodéputés exprimeront leurs points de vue sur les objectifs à l'horizon 2030 en séance plénière
  • Mars 2014 : le Conseil de l'UE discutera des thèmes relatifs au climat et à l'énergie
  • Mai 2014 : élections du Parlement européen
  • Mai 2014 : les États membres de l'UE doivent préparer des programmes pour que leurs entreprises énergétiques réalisent 1,5 % d'économies d'énergie par an
  • Juin 2014 : examen des progrès en vue d'atteindre des objectifs sur l'efficacité énergétique en 2020
  • Juin 2014 : le Conseil de l'UE discutera des thèmes relatifs au climat et à l'énergie
  • Septembre 2014 : Conférence internationale sur le climat (COP 20) à Lima (Pérou)
  • Septembre 2015 : Conférence internationale sur le climat (COP21), qui devrait aboutir à la signature d'un accord à l'échelle mondiale
  • 2020 : date butoir pour l'entrée en vigueur d'un nouvel accord international sur le climat
  • 2020 : date butoir pour respecter les objectifs contraignants 20-20-20

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