L’industrie nucléaire a besoin d’investissements majeurs pour renforcer la sécurité

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Les réacteurs nucléaires européens nécessitent un investissement de 10 à 25 milliards d’euros, peut-on lire dans un projet de rapport de la Commission rédigé à l’issue d’un examen de sécurité visant à éviter une répétition de la catastrophe de Fukushima.

Ce rapport devrait être finalisé jeudi (4 octobre) et débattu par les ministres européens plus tard ce mois-ci.

La Commission devrait par la suite proposer de nouvelles lois en 2013, notamment sur les assurances et les responsabilités des centrales, dans le but d'améliorer la situation des victimes potentielles en cas d'accident nucléaire, peut-on lire dans le projet de rapport consulté par Reuters.

Sur les 134 réacteurs nucléaires de l'UE répartis sur 68 sites, 111 sont entourés de plus de 100 000 habitants dans un cercle de 30 kilomètres.

Les régimes de sécurité varient grandement d'une centrale à l'autre et les fonds nécessaires pour les renforcer oscillent entre 30 et 200 millions d'euros par réacteur, ou 10 à 25 milliards dans tout le secteur.

La leçon tirée de l'incident de Fukushima au Japon a été que deux catastrophes naturelles peuvent frapper au même moment et anéantir le système d'approvisionnement électrique d'une centrale qui ne peut donc plus se refroidir.

Les tests de résistance ont révélé que quatre réacteurs, situés dans deux pays différents, disposaient de moins d'une heure pour remettre les fonctions de sécurité en marche en cas de panne d'électricité.

En revanche, quatre pays utilisent des systèmes de sécurité supplémentaires totalement indépendants des mesures de sécurité habituelles et situés dans des zones protégées de tout événement extérieur.

Un cinquième pays envisage aujourd'hui de faire de même. Les tests de résistance consistent en un exercice facultatif dont l'objectif est de déterminer si les centrales nucléaires pourraient résister à des catastrophes naturelles, des crashs aériens et des failles de gestion, ainsi que de vérifier si des systèmes sont en place pour pallier tout problème d'approvisionnement d'énergie.

Les 14 pays de l'UE qui comptent des centrales nucléaires sur leur territoire ont tenu à participer, y compris la Lituanie qui est en train de déclasser ses unités nucléaires. En dehors de l'Union des Vingt-Sept, la Suisse et l'Ukraine ont répondu présentes.

Les tests de résistance devaient être terminés en milieu d'année, mais les États membres se sont vu accorder un délai supplémentaire pour examiner d'autres réacteurs.

Les organisations non gouvernementales font partie de ceux qui se sont montrés les plus critiques envers ces tests, affirmant qu'ils n'étaient pas suffisamment poussés et qu'ils ne pourraient de toute façon pas mener à la fermeture forcée des centrales.

Il est précisé dans le projet de rapport que les tests de résistance ne constituent pas une opération ponctuelle et qu'un suivi est prévu. La législation en vigueur doit en outre être appliquée, peut-on encore lire dans ce document.

La date butoir pour la transposition de la directive sur la sécurité nucléaire dans le droit national était juillet 2011. La Commission a lancé des procédures d'infraction contre 12 États membres qui ont manqué cette date.

Aujourd'hui, deux États membres doivent encore la transposer dans leur droit, mais leur nom n'est pas cité dans le rapport. La Commission n'a d'ailleurs pas souhaité faire de commentaires sur les ébauches divulguées de ce document. Lundi, la porte-parole de l'UE sur l'énergie a déclaré que les recommandations étaient en phase de finalisation et qu'elles ne seraient pas très détaillées.

La coprésidente des Verts/ALE, Rebecca Harms, a commenté cette ébauche de rapport :

« Le rapport final sur ce simulacre de tests de résistance dans l'UE semble éluder toutes les questions sensibles, comme nous nous y attendions. Une chose semble claire : cet exercice a été orchestré pour causer le moins de tort à l'industrie nucléaire que possible. »

« Même si ce rapport révèle des failles dans de nombreux réacteurs nucléaires européens, aucune proposition réelle n'est faite en termes de suivi. Toutefois, le fait que ces tests de résistance n'abordent par les risques liés à des éléments cruciaux (technologie vieillissante, attaques terroristes ou erreurs humaines) est encore plus terrible pour l'ensemble de l'exercice. »

Suite au tremblement de terre, au tsunami et à la catastrophe nucléaire de Fukushima qui ont frappé le Japon le 11 mars 2011, les dirigeants européens ont décidé le 25 mars de la même année d'établir des « critères plus stricts » en matière de sécurité nucléaire, et de soumettre toutes les centrales à des « tests de résistance ».

Ces tests de résistance détermineront la capacité des centrales nucléaires à résister aux effets de catastrophes naturelles telles que les tremblements de terre et les inondations dans un premier temps, puis aux événements causés par l'homme tels que les crashs aériens ou les attaques terroristes.

Les 143 centrales nucléaires opérant en Europe, ainsi que les six centrales en constructions et les 15 centrales en prévision sont toutes incluses dans ce programme de test de résistance. La Suisse et l'Ukraine participeront également à ces tests. En parallèle, l'UE est en train de revoir sa législation sur la sécurité nucléaire.

  • Automne 2012 : les résultats finaux des tests de résistante nucléaire devraient être remis à la Commission européenne.
  • Fin 2012-début 2013 : après examen de ces résultats, la Commission européenne devrait décider s'il est nécessaire ou non de renforcer la réglementation sur le nucléaire.

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