L’UE écarte l’idée de nouvelles sanctions contre la Russie

Jose Manuel Barosso. Brussels, February 2012.

Les dirigeants européens ont abordé la crise ukrainienne lors d’un dîner informel après l’élection de Petro Porochenko aux présidentielles ukrainiennes. Pour l’heure, l’éventualité de nouvelles sanctions semble s’éloigner.

L’Ukraine n’a pas occuper beaucoup de temps de discussion lors du dîner informel du Conseil européen le 27 mai, ont révélé certaines sources à EURACTIV. La raison serait que le point sur de nouvelles sanctions a été enlevé de l’ordre du jour. La Russie s’est en effet abstenue de toute interférence lors des élections présidentielles ukrainiennes qui se sont tenues le 25 mai.

Dès lors, les dirigeants des États européens ont adopté une déclaration déjà préparée. Ils invitent la Russie à coopérer avec le nouveau président ukrainien, Petro Porochenko et à poursuivre le retrait des forces armées hors des frontières ukrainiennes. Enfin, l’UE demande à la Russie d’utiliser ses ressources au sein de la sphère séparatiste prorusse afin d’apaiser la situation dans l’est du pays.

Les dirigeants des États européens ont adressé également un message à Kiev. En particulier, ils ont appelé à « poursuivre le dialogue avec la population et la société civile de toutes les régions d’Ukraine, notamment dans le cadre des tables rondes pour le dialogue national ». Le gouvernement intérimaire actuel avait en effet été vivement critiqué pour n’avoir pas intégré toutes les régions du pays dans les négociations, en particulier l’Est et le Sud.

L’Europe appelle aussi de ses vœux à « une réalisation rapide des réformes dans le domaine constitutionnel et dans celui de la décentralisation », tout en faisant appel à l’expertise du Conseil de l’Europe, la plus vieille institution européenne sur les questions des droits de l’Homme.

« Les droits des personnes appartenant à des minorités nationales doivent être pleinement respectés, conformément aux normes en vigueur du Conseil de l’Europe », ont affirmé les dirigeants européens.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a expliqué à la presse qu’il avait communiqué ces messages par téléphone au nouveau président ukrainien, Petro Porochenko.

Le président a de nouveau assuré que la Commission était prête à aider l’Ukraine en vue de stabiliser sa situation économique. Il a aussi indiqué que l’exécutif européen s’était « profondément engagé » à essayer de faciliter un accord entre l’Ukraine et la Russie dans le cadre des litiges actuels qui les opposent sur la dette, sur le futur prix du gaz et sur la modernisation du système de transit gazier.

« Si la volonté est là », alors il y a des chances que l’accord sur le dossier du gaz aboutisse, a estimé José Manuel Barroso.

« Une fois encore, je veux que ce soit clair : l’énergie ne devrait pas être utilisée comme une arme politique », a-t-il asséné dans un message adressé à la Russie.

José Manuel Barroso a déclaré le 28 mai, que la Commission était sur le point d’approuver une stratégie sur la sécurité et l’énergie, qui sera discutée entre les dirigeants des États membres lors du prochain sommet européen le 26 et 27 juin.

Au même moment, lors d’une conférence de presse, la chancelière Angela Merkel se disait convaincue que la Russie allait respecter les résultats des élections présidentielles ukrainiennes.

« En cas d’une aggravation de la crise, nous n’exclurons pas le recours à de nouvelles sanctions économiques [contre la Russie] », a déclaré la chancelière allemande.

La crise ukrainienne a éclaté quand l'ancien président Viktor Ianoukovitch a annulé les projets de signer un accord d'association avec l'UE en novembre 2013. Or il a préféré se rapprocher de la Russie, engendrant des vagues de protestation et la destitution du chef d'État.

Moscou a annexé la Crimée en mars à la suite d'un référendum après que les troupes russes se soient emparées du pouvoir de la péninsule sur la mer Noire dans la plus grande crise opposant la Russie à l’Occident depuis la fin de la guerre froide.

Actuellement, les militants prorusses contrôlent des bâtiments dans dix villes de l'Est ukrainien après avoir s'être soulevés le 6 avril dernier. Le 11 mai, les rebelles prorusses ont affirmé qu'ils avaient remporté une victoire éclatante lors d'un référendum à Donetsk. L'Occident estime pour sa part que ce référendum est illégal et illégitime.

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