L’UE souhaite mettre un terme au tabou du nucléaire

Alors que le nouveau gouvernement italien va mettre un terme à un moratoire en vigueur depuis deux ans concernant la construction de nouvelles centrales nucléaires, le Forum européen sur l’énergie nucléaire s’est réuni pour la deuxième fois les 22 et 23 mai.

Lors du forum européen sur l’énergie nucléaire (FENE), qui s’est tenu à Prague le 22 mai, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a déclaré que l’UE avait besoin « d’un débat ouvert, sans tabou, sans trop d’idées préconçues, entre tous les acteurs concernés, sur l’énergie nucléaire en Europe». Il a ajouté qu’il fallait un débat « sur les opportunités mais aussi sur les risques […] un débat sur les coûts mais aussi sur les avantages […] un débat sur l’avenir de l’industrie. »

Le FENE, qui s’est réuni pour la première fois en novembre 2007, est un forum de parties prenantes organisé par la Commission et qui vise à débattre du rôle de l’énergie nucléaire. Celui-ci s’inscrit dans le cadre de la réflexion communautaire sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la dépendance excessive de l’UE aux importations de pétrole et de gaz.

La Commission a abandonné son approche traditionnellement  « agnostique » vis-à-vis du nucléaire à l’automne 2007, lorsqu’elle a ouvertement défendu cette technologie dans le cadre de ses efforts plus vastes de lutte contre le changement climatique.

Le nucléaire reste cependant un sujet controversé dans de nombreux pays de l’UE, comme l’Allemagne, l’Autriche ou encore l’Espagne. Mais un certain nombre d’États membres ont indiqué qu’ils incluront cette technologie dans leur futur bouquet énergétique.

Avec l’annonce, le 22 mai, de la construction de nouvelles centrales nucléaires à partir de 2013, le gouvernement récemment élu de Silvio Berlusconi a opéré un volte-face. Les réacteurs du pays avaient été fermés en 1987 après un référendum Suivant la catastrophe de Tchernobyl.

Parallèlement, la France et le Royaume-Uni se sont engagés à renforcer leur coopération concernant la construction de centrales nucléaires, à la suite d’une annonce faite précédemment par le secrétaire d’État britannique aux Entreprises John Hutton. Il a annoncé que les nouvelles centrales nucléaires représenteraient une manière « sûre et abordable » de sécuriser le futur approvisionnement en énergie du Royaume-Uni.

Le sujet sera à l’agenda de la Présidence tchèque puisque Prague s’est engagé, le dernier jour du Forum, à réunir producteurs et consommateurs de l’énergie nucléaire au second semestre 2008 lorsque le pays assurera la Présidence du Conseil de l’Union européenne.

Positions :

Les initiatives de l’UE en faveur de l’énergie nucléaire attirent les foudres de groupes écologistes comme Greenpeace. L’organisation a déclaré dans un communiqué de presse que le FENE était « une foire commerciale pour les groupes de pression actifs dans le domaine du nucléaire, et ayant pour but de réduire les normes de sécurité nucléaire en Europe aux niveaux les plus bas appliqués dans chaque État membre ».

Les entreprises européennes du secteur ont plutôt plaidé, lors de ce forum, pour une harmonisation et une simplification des règles concernant la construction de nouvelles centrales.

Ainsi, Bruno Lescoeur, membre de la direction d’EDF, qui s’exprimait lors du FENE a indiqué l’urgence qu’il y avait à agir notamment dans le contexte d’un baril de pétrole à 135 dollars. « L’industrie ne peut pas attendre une approche graduelle vers la convergence » au sujet de l’harmonisation des règles de sécurité, a-t-il ajouté.

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