L’UE veut un volet énergie au partenariat transatlantique

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Centrale électrique au charbon aux Etats-Unis . [Tennessee_Valley_AuthorityFlickr]

Le commissaire européen au Commerce souhaite la négociation rapide d’un chapitre sur l’énergie dans le cadre du partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (TTIP), alors que la sécurité énergétique de l’Europe est menacée par la crise avec Moscou. 

Il serait impensable que les Etats-Unis ne s’engagent pas à exporter du pétrole et du gaz naturel vers l’Union européenne dans le cadre de l’accord de libre-échange transatlantique en cours de négociation, a déclaré mardi le commissaire européen au Commerce, Karel de Gucht.

Les tensions et les sanctions réciproques entre l’UE et la Russie en raison du conflit en Ukraine incitent les pays européens à chercher un moyen de réduire leur dépendance énergétique envers la Russie.

Indépendance énergétique

Une des solutions serait une levée des restrictions pesant pour le moment sur les exportations de pétrole et de gaz américain, mais Barack Obama n’a pas fait preuve, lors d’un déplacement à Bruxelles en mars, d’un enthousiasme excessif en la matière, critiquant à demi-mots les pays européens qui s’opposent à l’énergie nucléaire et à l’exploitation du gaz de schiste.

A Washington, où il s’est entretenu avec le représentant américain au Commerce, Michael Froman, en vue de nouvelles négociations sur le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) ce mois-ci, Karel de Gucht a jugé « inimaginable » qu’un tel partenariat ne comprenne pas un volet énergétique.

« Il est important que l’on s’entende sur cela (l’énergie) le plus vite possible car il ne vous a sans doute pas échappé qu’il se passe des choses en Europe », a déclaré le commissaire européen au Commerce.

« Je ne peux pas imaginer qu’il puisse y avoir un TTIP sans de telles dispositions », a-t-il insisté.

Signal fort à Moscou

Washington compte sur le facteur énergétique pour vaincre les réticences politiques de nombre de pays européens, alors qu’outre la nécessité pour les Vingt-Huit d’avoir un fournisseur plus fiable que la Russie, le prix du gaz est trois fois moins élevé aux Etats-Unis que dans l’UE.

Même si le TTIP ne prendra effet qu’à la fin de l’année prochaine, dans le meilleur des cas, Karel de Gucht a plaidé pour un accord rapide dans le domaine de l’énergie pour envoyer un signal fort à Moscou, qui brandit la menace voilée d’utiliser l’arme du gaz.

« Je crois que tout le monde est d’accord pour dire que l’énergie est une question un peu plus urgente en ce moment et, aussi, très géostratégique », a-t-il souligné.

Contexte

Les négociations entre les États-Unis et l'Union européenne sur le partenariat transatlantique pour le commerce et l'investissement (TTIP) ont débuté en juillet 2013.

 Si un accord est conclu, il concernerait plus de 40 % du PIB mondial et représenterait les plus grandes parts commerciales et d'investissement directs étrangers. Les échanges commerciaux entre les deux continents sont déjà les plus importants au monde. Le commerce des biens et services équivaut à 2 milliards d'euros.

Cet accord pourrait faire économiser des millions d'euros aux entreprises et créer des centaines de milliers d'emplois.Un ménage européen moyen pourrait gagner chaque année 545 euros et le PIB de l'UE grimperait d’environ 0,5 %, si l’accord était pleinement mis en œuvre.

Bruxelles et Washington ont établi l'objectif ambitieux de conclure les négociations d'ici la fin 2014.

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