La Bulgarie devient une plaque tournante régionale pour l’approvisionnement en gaz

Après avoir décidé de refuser de payer son gaz en roubles à la Russie, la Bulgarie a reçu le soutien de la Commission européenne. [Shutterstock/Circlephoto]

Un centre de coordination régional sera mis en place en Bulgarie pour la gestion de l’utilisation des infrastructures de gaz et d’électricité ainsi que pour coordonner les achats supplémentaires de gaz pour les Balkans et l’Italie, a annoncé le vice-premier ministre et ministre des Finances bulgare Asen Vassilev à Bruxelles après sa rencontre avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le vice-président exécutif Frans Timmermans jeudi (28 avril).

Après avoir décidé de refuser de payer son gaz en roubles à la Russie, la Bulgarie a reçu le soutien de la Commission européenne.

« Nous avons demandé que l’infrastructure bulgare soit utilisée pour la distribution du gaz dans la région, et elle sera utilisée pour ce pôle [pour la distribution des approvisionnements]. Nous recherchons la meilleure solution en termes d’infrastructures pour commencer l’approvisionnement conjoint en gaz et optimiser la livraison d’électricité », a déclaré M. Vassilev, qui était accompagné à Bruxelles par le ministre de l’Énergie bulgare Alexander Nikolov.

« La Bulgarie peut non seulement assurer ses trois milliards de mètres cubes (mmc) de gaz, mais aussi fournir 17 à 20 milliards de mètres cubes de gaz à d’autres pays européens », a affirmé M. Vassilev, qui a expliqué que c’est pour cette raison que le centre de coordination sera situé dans le pays.

La Bulgarie peut utiliser le gazoduc trans-balkanique, qui a transporté pendant 30 ans du gaz russe vers l’Europe du Sud-Est via l’Ukraine. Sa capacité est de 17 milliards de m3, il peut inverser les flux de gaz et n’est actuellement pas utilisé au profit du Turkish Stream.

Le gazoduc trans-balkanique a une capacité et une connexion suffisantes aux réseaux des pays voisins pour jouer un rôle important dans la réduction de la dépendance de la région à l’égard de la Russie, tout comme l’interconnexion bulgare et grecque. Le gaz naturel liquéfié (GNL) peut être importé par la Turquie et la Grèce et utiliser les mêmes gazoducs pour desservir la région, réduisant ainsi la dépendance au gaz russe. Toutefois, un tel projet nécessite un consensus entre les pays participants d’Europe du Sud-Est.

Avant le début de la guerre menée par la Russie en Ukraine, les principaux défis étaient politiques, et non techniques, mais aujourd’hui, la situation est complètement différente, ont commenté des sources d’EURACTIV Bulgarie.

La capacité du Trans-Balkan Stream a été réservée par Gazprom, bien qu’elle ne soit pas utilisée. Suite à la violation unilatérale des accords avec la Bulgarie, le pays peut à présent chercher des options légales avec l’aide de la Commission européenne pour libérer cette capacité.

La délégation bulgare à Bruxelles a annoncé que, d’ici deux semaines, le centre de coordination en Bulgarie travaillerait en premier lieu à la coordination d’achats supplémentaires de gaz pour la région. L’idée est d’atteindre la capacité maximale pour la région et d’organiser ensuite des achats européens communs. La décision sur les achats européens communs sera prise à la mi-mai. Les prix pourraient se révéler inférieurs à ceux de Gazprom si tout se passe comme prévu, a déclaré M. Vassilev.

« La task force régionale se concentrera sur l’année à venir et fournira une expertise et un savoir-faire spécifiques à la région pour développer et mettre en œuvre le plan d’action REPowerEU visant à réduire la dépendance à l’égard de la Russie », a déclaré la Commission. Elle soutiendra et coordonnera la mise en œuvre des plans de préparation conjoints dans la région, y compris les achats internationaux, le stockage et les interconnexions — contribuant ainsi à la sécurité de l’approvisionnement en Bulgarie, dans la région, au sein de la communauté énergétique et au-delà.

La Bulgarie prendra contact avec ses voisins au sujet de cette task force et organisera la première réunion ministérielle le 5 mai.

Le vice-premier ministre bulgare a indiqué qu’il avait clairement indiqué à Bruxelles que les paiements du gaz russe en roubles violaient les sanctions, et que cet avis avait été confirmé jeudi, « de sorte que les paiements demandés par Gazprom ne peuvent être effectués ».

Il a ajouté que la Bulgarie avait demandé à la Commission européenne une assistance juridique pour un éventuel arbitrage contre Gazprom.

« Si une position dominante sur le marché a été utilisée dans cette [affaire qui a conduit à une] rupture unilatérale du contrat et que toutes les options sont étudiées, si nous avons des motifs, nous poursuivrons Gazprom pour la suspension des livraisons », a ajouté M. Vassilev.

La Bulgarie étudie donc désormais la possibilité que la compagnie de gaz bulgare Bulgargaz poursuive Gazprom pour l’arrêt des livraisons. Il se pourrait que le gaz alternatif soit moins cher que le gaz russe.

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