La Bulgarie se félicite du projet de terminal de GNL grec pour diversifier son approvisionnement

Une carte montrant les liaisons gazières vers le terminal de GNL d’Alexandroúpolis. [Gastrade, Greece]

La société chargée de la construction de l’interconnexion gazière entre la Grèce et la Bulgarie a salué mardi 1er février la décision finale d’investissement concernant le développement d’un terminal de gaz naturel liquéfié au large de la ville grecque d’Alexandroúpolis, la voyant comme une chance majeure pour augmenter la capacité de la liaison gazière entre les deux pays des Balkans.

Le projet d’interconnexion Grèce-Bulgarie (IGB), long de 182 km, reliera Stara Zagora en Bulgarie et Komotiní en Grèce.

ICGB AD, la société gréco-bulgare enregistrée en Bulgarie et chargée de la construction du projet d’IGB, a déclaré que le terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) est d’une grande importance pour les activités commerciales du gazoduc IGB, car il créera beaucoup plus de possibilités pour le transport de gaz.

La décision finale d’investissement pour la construction du Système indépendant de gaz naturel (Independent Natural Gas System ou INGS en anglais) d’Alexandroúpolis a été prise le 27 janvier par les actionnaires de la société grecque Gastrade SA. La décision finale d’investissement est la dernière et la plus importante étape avant d’entrer dans la phase de construction du projet.

Selon la société Gastrade, la construction et l’exploitation du terminal de GNL d’Alexandroúpolis contribueront à la sécurité, à la fluidité et à la diversification énergétiques du pays et de toute l’Europe du Sud-Est en renforçant le rôle stratégique de la Grèce et en offrant des sources et des voies alternatives pour l’approvisionnement en gaz naturel dans la région.

Une unité flottante de stockage et de regazéification (Floating Storage and Regasification Unit ou FSRU), d’une capacité annuelle d’environ cinq milliards de mètres cubes de gaz, sera reliée au système de transport de gaz de la Grèce par un gazoduc de 28 km de long, par lequel le GNL regazéifié sera acheminé vers les marchés de la Grèce, de la Bulgarie et de la région au sens large, depuis la Roumanie, la Serbie et la Macédoine du Nord jusqu’à la Moldavie et l’Ukraine.

Le terminal devrait être opérationnel d’ici la fin de l’année 2023, la capacité de regazéification prévue dans le contrat atteignant déjà 50 % de sa capacité technique de 5,5 milliards de m3 par an.

La famille Copelouzos, qui détient GasLog Cyprus Investments, la compagnie de gaz grecque DEPA Commercial, l’opérateur du réseau de gaz grec DESFA et la compagnie bulgare Bulgartransgaz ont tous des intérêts dans le projet, qui devrait par ailleurs être opérationnel d’ici la fin 2023.

Vladimir Malinov, directeur exécutif de l’opérateur bulgare de transport de gaz Bulgartransgaz, aurait déclaré que la participation de l’État bulgare en tant qu’actionnaire du projet contribuera à la consolidation du marché du gaz naturel en Europe du Sud-Est en permettant l’accès à d’autres sources d’approvisionnement en gaz naturel, notamment des États-Unis, de l’Égypte et du Qatar, en Bulgarie ainsi que dans les pays voisins.

Dans une déclaration distincte, l’ICBG a exprimé son optimisme quant au fait que l’intérêt du marché pour l’interconnexion Grèce-Bulgarie « bénéficiera d’un coup de pouce supplémentaire, ce qui créera de nouvelles opportunités pour l’augmentation de la capacité du gazoduc ».

« En raison de l’emplacement stratégique de l’IGB et de sa proximité avec le terminal de GNL, cela fournira des avantages technologiques dans le transport du gaz naturel vers les consommateurs en Bulgarie, renforçant ainsi la position du pays sur le plan énergétique dans la région », a déclaré l’ICGB.

« De plus, la finalisation du terminal de GNL augmentera le degré d’utilisation de la capacité de l’IGB, ce qui permettra de transporter de plus grandes quantités de gaz naturel vers la région de l’Europe du Sud-Est et donnera à l’ICGB la possibilité d’augmenter la capacité de son gazoduc à 5 milliards de mètres cubes par an et de fournir un flux inverse de gaz naturel le long de son tracé. Cela permettra de livrer aux consommateurs bulgares du gaz à des prix compétitifs en provenance de diverses nouvelles sources telles que les États-Unis, le Qatar et l’Algérie. »

Toutefois, un problème subsiste : l’interconnexion Grèce-Bulgarie est toujours en construction à ce jour. En raison des retards causés par la société grecque chargée de la construction, la Bulgarie perdrait 750 000 euros par jour.

Récemment, le ministre bulgare de l’Énergie, Alexander Nikolov, a déclaré que le manque à gagner pour Sofia s’élevait à plus de 250 millions d’euros pour l’année dernière.

La Bulgarie s’insurge contre la société grecque en charge de la construction du gazoduc IGB

Le ministre de l’Énergie bulgare Alexander Nikolov a expliqué que la Bulgarie se trouve toujours privée de revenus en raison des retards persistants dans la construction de l’interconnexion gazière avec la Grèce.

La société publique bulgare de gaz Bulgargaz fait actuellement l’objet d’une enquête pour n’avoir pas réussi à obtenir du gaz d’Azerbaïdjan par d’autres voies.

La Bulgarie et l’Azerbaïdjan ont conclu un contrat selon lequel la Bulgarie importera chaque année 1 milliard de m3 de gaz azéri via l’IGB. Cependant, seules des quantités limitées de gaz azéri, qui est moins cher que le gaz russe, ont été acheminées vers la Bulgarie par d’autres voies.

La Bulgarie a besoin de 3 milliards de mètres cubes de gaz par an pour sa consommation annuelle et son accord avec l’Azerbaïdjan portant sur 1 milliard de mètres cubes par an est la première étape importante vers la réduction de la dépendance du pays à l’égard de la société russe Gazprom.

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