La collaboration entre l’UE et la Chine s’intensifie sur l’efficacité énergétique

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Bruxelles et Pékin échangent lentement mais sûrement leurs contacts et leurs expertises en vue de renforcer l’efficacité énergétique du bâtiment.

 



Alors que l'UE réfléchit à des méthodes pour rénover 40 % du parc immobilier du millénaire dernier qui consomme énormément d'énergie, la Chine est aux prises avec une flambée de l'immobilier sans limite.

Les bâtiments représentent plus de 25 % de la consommation d'énergie de la Chine. Jusqu'il y a peu, Pékin aurait construit 2 milliards de mètres carré de bâtiments par an, l'équivalent de presque toute la surface construite au Canada.

Un besoin commun d'améliorer la performance énergétique a augmenté les contacts entre le ministère chinois du logement et du développement urbain et rural (MOHURD), les États membres et la Commission.

« [Nous] avons également constaté un renforcement de la collaboration sur le plan opérationnel, en particulier entre 2012 et 2013 », a déclaré Marlene Holzner, la porte-parole de Günther Oettinger, le commissaire en charge de l'énergie.

Cette collaboration pourrait être développée grâce à des ateliers communs et une coopération en matière de réglementation de la construction, a-t-elle ajouté. 

La Chine souhaite que d'ici 2030 les bâtiments économes en énergie représentent 30 % des nouveaux projets de construction du pays. L'UE s'est également engagée à ce que tous les nouveaux bâtiments n'émettent presque pas de carbone d'ici 2021, comme le prévoit la directive sur la performance énergétique des bâtiments.

Une délégation du gouvernement chinois s’est rendue en février sur des chantiers de construction à Montpellier et à Barcelone dans le cadre du projet commercial UE-Chine. Elle a organisé une table ronde de deux jours avec ses homologues européens.  Un groupe d'experts européens a fait de même deux mois plus tard en visitant un important projet de développement de logement passif à Quinhuangdao.

Le nombre d'évènements conjoints entre l'UE et la Chine lors de la conférence annuelle sur les bâtiments verts à Pékin croît également chaque année. Les relations d'État à État ont beaucoup changé.

Nan Zhou, experte dans les programmes d'efficacité énergétique de la Chine, a déclaré à EURACTIV que la technologie de logement passif, les systèmes d'étiquetage énergétique et les réglementations de l'UE intéressaient particulièrement Pékin.

« L'expérience de l'Europe dans les chauffages urbains pourrait en particulier aider la Chine à améliorer son approvisionnement énergétique », a-t-elle ajouté. « Nous pouvons tirer des leçons du comportement de la Chine. Ses bâtiments ne sont pas si efficaces sur le plan énergétique, mais [les Chinois] consomment moins d'énergie. Leurs nouveaux bâtiments comportent de meilleures stratégies de contrôle décentralisé. »

Activité diplomatique

EURACTIV a cru comprendre qu'en mars, toutes les ambassades des États membres de l'UE à Pékin avaient dressé une liste de recommandations pour des projets conjoints, sous les auspices de l'ambassade néerlandaise.

Les Pays-Bas travaillent sur un projet sino-néerlandais à faible émission de carbone dans la région de Shenzhen. Le Centre des énergies propres Europe-Chine (EC2) se penche, quant à lui, sur un projet pilote à Urumqi.

L'ambassade suédoise à Pékin accueille un Centre pour les techniques de l'environnement afin de promouvoir le savoir-faire « SymbioCity » de Stockholm. La Chambre européenne de commerce en Chine met au point un « parc d'urbanisation durable UE-Chine » à Shenyang.

En raison de ces mesures diplomatiques et commerciales, l'UE risque d'être victime d'un vol de technologies.

« Le danger de l'espionnage industriel est inhérent à chaque activité commerciale avec des tiers », a déclaré Mme Holzner. « Chaque entreprise doit mener sa propre analyse des risques et utiliser les instruments nécessaires dans le cadre d'une politique industrielle globale. »

Les bâtiments ont un rôle très important à jouer dans les tentatives de l'UE de réduire les émissions de gaz à effet de serre, car ils représentent 40 % de la consommation totale d'énergie.

L'UE a tenté de s'attaquer au problème en introduisant des exigences minimales pour la performance énergétique des bâtiments dans une directive de 2002.

Après avoir reconnu que des mesures supplémentaires étaient nécessaires, l'Union a revu sa législation en 2009.

>> Lire le LinksDossier d'EURACTIV : Directive sur la performance énergétique des bâtiments

  • 2014 : l'UE s'est engagée à évaluer les progrès des objectifs pour l'efficacité énergétique en 2020 et à envisager des mesures contraignantes si ces mesures étaient trop lentes
  • 9 juillet 2015 : date butoir pour augmenter les exigences du certificat de performance énergétique sur les bâtiments publics de 250 m2
  • 1er janv. 2019 : date butoir avant laquelle tous les nouveaux bâtiments publics ne doivent plus émettre aucune émission de CO2
  • 2020 : date butoir avant laquelle les États membres de l'UE doivent respecter l'obligation de réduire de 20 % leur production énergétique par rapport aux niveaux de 2005.
  • 1er janv. 2021 : date butoir avant laquelle tous les nouveaux bâtiments ne doivent plus émettre aucune émission de CO2
  • Commission européenne : Europe 2020 : Commission proposes new economic strategy in Europe
  • Commission européenne : Very low energy buildings in climate neutral neighbourhood Houthaven Amsterdam
  • Commission européenne : Efficacité énergétique des bâtiments

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