La Commission lâche du terrain sur les labels énergétiques

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L'exécutif européen se prépare à adopter un système d'étiquetage énergétique qui ne représente pas les performances énergétiques réelles. Selon des organisations de défense de l'environnement et des consommateurs, Bruxelles a succombé à la pression de l'industrie du chauffage électrique. 

Environ 20 millions de radiateurs électriques et à gaz sont vendus chaque année en Europe. À partir de 2016, la Commission veut que l’industrie affiche des labels de performance énergétique colorés sur leurs produits.

Les fabricants de radiateurs électriques, qui constituent plus de 80 % du marché, se sont opposés à toute comparaison directe avec les autres radiateurs, notamment ceux à gaz, dont la plupart se révèlent deux fois plus efficaces sur le plan énergétique.

Le Bureau européen de l'environnement, une fédération d'organisations environnementales, indique que la « Commission a cédé à la pression » et a retiré l'étiquetage des radiateurs électriques de la proposition de directive relative à l'écoconception.

Des experts nationaux des États membres devraient voter en octobre une proposition en faveur d'une étiquette indiquant que les radiateurs électriques appartiendraient à la catégorie « G », la plus énergivore. Le vote aurait dû avoir lieu le 24 septembre, mais a été reporté à la dernière minute.

Selon les informations d'EURACTIV, l'Allemagne, l'Espagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni devraient s'opposer fermement au compromis. Ce dernier pourrait tomber à l'eau en raison de la base juridique, de la formulation et des coûts qu’impliquerait un changement de loi.

« Les radiateurs électriques sont souvent moins chers en magasin, mais vident votre portefeuille avec le temps », affirme Stamatis Sivitos de la campagne Coolproducts. « On dirait que les intérêts commerciaux ont primé sur cette occasion de guider les consommateurs vers de meilleurs produits. »

Les radiateurs électriques les moins efficaces, aussi appelés "grille-pains", peuvent consommer jusqu'à 180 térawatts-heure d'électricité (180 mille milliards) par an dans l'ensemble de l'Union européenne, soit un cinquième de la consommation des ménages en électricité.

Ces installations mettent les réseaux électriques nationaux sous pression en cas de hausse soudaine de la demande liée à une vague de froid. Le schéma d'approvisionnement des radiateurs à gaz est beaucoup plus régulier.

L'industrie du radiateur électrique affirme que l'étiquetage de leurs produits sous le label « G » ne modifiera pas le comportement du consommateur, motivé par l’avantage des infrastructures et les coûts.

Mais les organisations de défense de l'environnement et les groupes de consommateurs préviennent que les citoyens devraient avoir accès à cette information, afin de choisir en pleine connaissance de cause.

La directive sur l'étiquetage énergétique, mise à jour en 2010, permet à la Commission européenne d'imposer des exigences techniques et des indices d'efficacité énergétique pour les appareils ménagers comme les réfrigérateurs, les machines à laver et les fours.

Depuis l'adoption de l'étiquetage énergétique dans les années 1990, l'échelle de catégories d'efficacité énergétique (A à G) s'est avérée efficace en encourageant l'achat de biens de consommation plus écologiques. La Commission a dès lors proposé d'étendre son champ d'application au-delà des appareils ménagers dans le cadre de l'analyse stratégique de la politique énergétique de l'UE en novembre 2008 (EURACTIV, 14/11/08).

Mais pour éviter que la plupart des produits ne soient classés dans la catégorie A, l'exécutif européen a proposé une nouvelle échelle « supérieure à A »,  encourageant le développement de produits plus efficaces en stimulant la concurrence.  Le 2 avril 2009, les représentants des États membres se sont mis d'accord sur une nouvelle échelle avec de nouvelles catégories A, comme A-20 %,  indiquant les économies d'énergie sur ces produits par rapport aux produits de catégorie A normaux (EURACTIV, 02/04/09). En 2010, la Commission européenne a adopté la directive instaurant le système d'étiquetage « supérieur à A ».

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