La Commission tire les leçons de la fuite de gaz sur la plateforme Total

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La fuite de gaz sur la plateforme de Total située dans la mer du Nord prouve que la sécurité des opérations pétrolières et gazières reste un problème en Europe, a déclaré hier (29 mars) la Commission européenne.

L'entreprise Total a déclaré qu'elle tentait d'éteindre la torchère qui brûle depuis six jours à moins de 100 mètres de la fuite de gaz de la plateforme d'Elgin dans la mer du Nord.

Total a affirmé qu'il n'y avait pas de risque d'explosion de la plateforme située à 240 km des côtes de l'Ecosse. Le gouvernement britannique a ajouté que la flamme devait continuer de brûler pour éviter une pression de gaz trop importante.

Un consultant du secteur de l'énergie a quant à lui expliqué qu'Elgin pourrait bien exploser si le géant pétrolier ne colmatait pas rapidement la fuite.

Marlene Holzner, la porte-parole du commissaire européen à l'énergie, Günther Oettinger, a déclaré que la Commission avait été informée de l'incident par les autorités britanniques et qu'elle était en contact avec Total. Elle a affirmé que l'exécutif tirerait les leçons de cet évènement et qu'il pourrait envisager de modifier la réglementation proposée sur la sûreté des forages en mer. Ce règlement établit des normes plus strictes que celles appliquées dans le cadre des régimes de sûreté les plus développés de l'Union européenne.

Elle a expliqué que ce règlement stipulait que les entreprises devaient informer les autorités des risques potentiels liés aux sites de forage et leur faire part de leurs plans d'urgence.

En outre, des contrôleurs indépendants devraient vérifier les équipements de sécurité et le principe du pollueur-payeur s'appliquerait, ce qui n'est pas le cas pour le moment, a-t-elle ajouté.

Ce projet de règlement couvrirait les installations situées jusqu'à 350 km des côtes. Les règles actuelles ne couvrent qu'une zone de 22 km, a-t-elle précisé.

Le ministère britannique de l'énergie a affirmé que Total envisageait deux options pour colmater la fuite : forer un puits de secours pour stopper le flux de gaz ou sceller le puits avec de la boue concentrée.

Total a cependant prévenu mardi qu'il pourrait falloir jusqu'à six mois pour stopper le flux de gaz. Cet incident met en lumière des problèmes de sécurité dans le domaine de la production énergétique dans la zone britannique de la mer du Nord.

Selon les experts, cette fuite pourrait coûter à Total de 112 millions à 2 milliards d'euros en fonction du temps qu'il faudra à l'entreprise pour reprendre le contrôle de la situation.

Dans le pire des cas, à savoir une explosion de la plateforme, ces coûts passeraient à au moins 7,5 milliards d'euros, sans compter les éventuelles amendes environnementales, ont-ils précisé.

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