La Cour des comptes alerte sur le coût du nucléaire en France

(Credit: [TTstudio/Shutterstock])

Dans un nouveau rapport, l’autorité indépendante s’inquiète de la hausse du coût d’exploitation des centrales.

Le dernier rapport de la Cour des comptes sur le coût de production de l’électricité nucléaire prévoit une nouvelle hausse du coût de l’énergie nucléaire en France.

Le coût de production de l’énergie nucléaire n’a pas cessé d’augmenter passant de 49, 6 euros le mégawattheure en 2010, à 59,8 euros en 2012.

Rénovation du parc nucléaire

Selon la Cour, cette hausse du prix de l’énergie nucléaire s’explique par la mise en place du projet industriel d’EDF, de prolongement de la durée d’exploitation des réacteurs existants. L’organisme public invoque aussi l’augmentation du coût des combustibles nucléaires, du personnel ou encore les hausses fiscales.

C’est à l’horizon 2025 qu’EDF prévoit de mener son programme de « Grand carénage ». Au total, 55 milliards d’euros seront engagés dans les travaux de maintenance et de modernisation des 58 réacteurs français. L’objectif étant de prolonger leur durée de vie, au-delà de la limite de 40 ans initialement fixée au moment de leur conception.

Le rapport de la Cour des Comptes pointe aussi du doigt les futures dépenses de maintenance. Après une augmentation de 118 %, elles devraient continuer à croitre pour peser 3,7milliards d’euros par an en moyenne entre 2011 et 2025. En 2010, elles pesaient 1,7 milliard d’euros.

Alors que les Européens s’interrogent sur le modèle énergétique à adopter à l’échelle de l’UE, les prévisions de hausse du coût de production de l’énergie nucléaire pour les années à venir font plutôt pencher la balance contre ce modèle.

>> Lire aussi: Le mix énergétique commun en Europe ne fait pas consensus

L’évaluation de la Cour des comptes a fait bondir le président de la Commission développement durable de l’Assemblée Nationale, Jean-Paul Chanteguet.

« Prolonger la durée d’exploitation des centrales nucléaires françaises présente un coût considérable, quelques 90 milliards d’euros d’ici à 2033 » a réagi le député, ajoutant que cette facture révèle une information essentielle à la décision publique, au moment où le gouvernement rédige le projet de loi sur la transition énergétique.

Selon le député, le prix de l’électricité pour le consommateur devrait s’accroître fortement dans les années qui viennent, puisqu’il dépend à 40% du coût de l’électricité nucléaire. Sans compter que s’y ajouteront les dépenses, au montant fort incertain selon la Cour des comptes, du démantèlement des réacteurs, qui devront de toute façon être arrêtés, et de la gestion des déchets. Le chiffrage d’un éventuel accident, toujours peu documenté, oscille, selon sa gravité, entre 120 et 450 milliards d’euros » a ajouté l’élu.

De l’eau au moulin des Verts

Michèle Rivasi, eurodéputée Europe Écologie Les Verts (EELV) du Sud-Est, a constaté que ce rapport mettait l’accent sur un problème majeur.

« C’est un énième rapport qui accable encore un plus la filière d’avenir « chère » à Arnaud Montebourg. Alors que l’on pourrait croire que l’avenir d’une technologie est conditionné par son coût décroissant, le Gouvernement continu à vouloir favoriser notre champion national de l’énergie mortifère » déplore-t-elle.

Il faut en finir avec le nucléaire selon l’eurodéputée EELV, qui précise que le nucléaire est un puits sans fond, dont les dépenses de maintenances ne cesseront d’augmenter dans les années qui viennent.

« La Cour des comptes précise d’ailleurs que les évaluations d’investissement par EDF pour maintenir un niveau de sûreté convenable sont irréalistes et gage plutôt pour 110 milliards d’euros nécessaires au grand carénage. Et que dire des coûts supplémentaires dans le cas où l’Autorité de sûreté nucléaire acceptait la prolongation de certaines centrales, sous couvert d’investissements conséquents. La rente nucléaire est belle et bien un trompe-l’œil cachant un gouffre sans fond » s’inquiète Michèle Rivasi.

Le parc nucléaire français est le plus important au monde si l'on considère le nombre de réacteurs rapporté au nombre d'habitants. La France dispose aujourd'hui de 58 réacteurs. Mi-février 2014, EDF a entrepris le programme de grand carénage, qui vise à permettre la prolongation de la durée d’exploitation des centrales nucléaires du parc français de 40 ans. Au total, EDF prévoit d’engager 55 milliards d’euros pour la rénovation de 58 réacteurs français.

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