La crise du gaz a freiné la sortie du charbon de l’UE en 2021, selon une étude

Ces dernières années, l’énergie au charbon en Europe a traditionnellement été remplacée par les énergies renouvelables et le gaz naturel, un combustible fossile qui émet environ la moitié des émissions de carbone du charbon lorsqu’il est brûlé pour produire de l’électricité dans une centrale électrique. [chuyuss / Shutterstock]

Les efforts déployés par l’Union européenne pour éliminer progressivement l’énergie polluante produite par le charbon ont été stoppés net par la flambée des prix du gaz, selon une nouvelle analyse des données du marché de l’électricité de 2021 réalisée par le groupe de réflexion financier Ember.

Ces dernières années, l’énergie au charbon en Europe a traditionnellement été remplacée par les énergies renouvelables et le gaz naturel, un combustible fossile qui émet environ la moitié des émissions de carbone du charbon lorsqu’il est brûlé pour produire de l’électricité dans une centrale électrique.

« Toutefois, en raison de la flambée des prix du gaz au second semestre 2021, les nouvelles énergies renouvelables ont remplacé le gaz fossile à la place », a indiqué Ember dans son sixième bilan annuel de l’électricité européenne, publié le 1er février.

Les prix du gaz ont augmenté de 585 % en 2021, « ce qui a entraîné l’un des plus grands chocs sur les prix de l’énergie depuis l’embargo pétrolier de l’OPEP en 1973 », a déclaré Ember. En conséquence, le prix de la production d’électricité à partir de centrales à gaz fossiles a été multiplié par sept, ce qui a entraîné une flambée des prix de l’électricité en Europe.

Les chercheurs d’Ember ont ainsi constaté que la part du charbon dans le mix énergétique européen n’a diminué que de 3 % de 2019 à 2021, contre 29 % les deux années précédentes.

« La crise du gaz est un changement de paradigme pour la transition électrique de l’UE », a déclaré Charles Moore, responsable Europe d’Ember, qui a appelé à agir pour que l’élimination progressive du charbon en Europe reste sur la bonne voie.

« La législation est le seul moyen de garantir la fermeture des centrales au charbon d’ici à 2030  ; la volatilité des prix du gaz a clairement montré que l’on ne peut pas compter sur les seules forces du marché », a ajouté M. Moore.

Les chiffres de 2021 contrastent avec ceux des années précédentes, lorsque la production d’électricité au charbon s’est effondrée dans toute l’Europe en raison de l’essor rapide des énergies solaire et éolienne bon marché. En 2019, la production de charbon de l’UE a été réduite de près d’un quart, l’une des plus fortes baisses enregistrées à ce jour.

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Mais on ne voit plus ce genre de chiffres dans le bilan de l’électricité 2021 d’Ember.

Selon ce rapport, les combustibles fossiles — charbon et gaz — représentent désormais 37 % de la production d’électricité de l’UE en 2021, à peine moins que les 39 % atteints en 2019. Pendant ce temps, les énergies renouvelables, comme le solaire et l’éolien, ont généré 37 % de l’électricité de l’UE et le nucléaire 26 %.

Au cours des deux dernières années, la production de charbon a diminué en Espagne (-42 %) et en Grèce (-43 %), mais ces baisses ont été compensées par des augmentations dans d’autres pays comme l’Irlande et la Pologne, a indiqué M. Ember.

« Plus particulièrement, la production d’électricité au charbon de la Pologne a augmenté de 7 % (+8 TWh) depuis 2019, car la production locale […] a augmenté au détriment des importations des voisins de l’UE. La Pologne est même devenue un exportateur net d’électricité à partir d’août 2021 après 53 mois continus d’importations », précise l’étude.

Le rapport d’Ember a également contredit les affirmations selon lesquelles les énergies renouvelables n’ont pas tenu leurs promesses tout au long de la crise du gaz, affirmant que l’éolien et le solaire ont établi de nouveaux records chaque mois du second semestre, à l’exception du mois de septembre.

« L’énergie éolienne et solaire a atteint un autre nouveau record en 2021 (547 TWh), produisant pour la première fois plus d’électricité que le gaz (524 TWh), malgré une croissance modeste due à la baisse de la vitesse des vents. Le solaire, en particulier, est en plein essor dans le nord et le sud de l’Europe, produisant 27 % d’électricité de plus en 2021 qu’en 2019, et doublant aux Pays-Bas et en Espagne au cours de cette période. »

 

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