La Grèce aide Gazprom dans l’achat de sa compagnie gazière

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La Grèce a accepté de modifier certaines conditions du projet de privatisation de l’entreprise de distribution de gaz naturel DEPA. Elle a ainsi ouvert la voie à une offre du géant de l’énergie russe, Gazprom, a déclaré le 25 mai un représentant haut placé directement impliqué dans les négociations de vente.

 

L'agence de privatisation HRADF a finalisé les conditions du contrat de vente vendredi soir et la garantie de dépôt de l'acheteur de DEPA a été réduite avant l'approbation réglementaire de l’accord.

 

« La garantie a été réduite de 10 % sur le prix d'achat », a déclaré un fonctionnaire grec à Reuters sous couvert de l'anonymat.

 

HRADF a également indiqué qu'elle dédommagerait l'acheteur si DEPA ne parvenait pas à récolter les factures impayées des clients grecs frappés par la récession. « Nous garantissons jusqu'à 180 millions d'arriérés s'ils ne sont pas payés d'ici le 31 décembre 2015 », a déclaré le fonctionnaire.

 

Gazprom a exercé une pression intense afin d'arracher ces concessions à Athènes, en exploitant sa position de seule grande entreprise énergétique intéressée par l'achat de DEPA.

 

La Grèce endettée a besoin de la vente de DEPA pour atteindre ses objectifs en matière de privatisation, fixés dans son plan de sauvetage avec l'UE et le FMI. L'année dernière, Gazprom a fait une offre préliminaire de 900 millions d'euros pour DEPA, dont le bénéfice net s'élevait à 106 millions d'euros.

 

Le rôle de l'entreprise russe en tant que fournisseur principal de DEPA a toutefois suscité des craintes selon lesquelles l'UE, qui tente déjà de desserrer l'emprise de Gazprom sur le marché européen de l'énergie, pourrait bloquer ou imposer des conditions rigoureuses sur l'accord.

 

En vertu des conditions définitives de la vente de DEPA, Gazprom ne perdra aucun de ses dépôts si l'UE bloque l'acquisition de l'entreprise grecque, a déclaré ce fonctionnaire samedi.

 

HRADF a également reporté d'environ dix jours la date butoir du 29 mai pour la soumission des offres finales en vue d'accorder aux acheteurs potentiels de DEPA plus de temps pour étudier les conditions définitives de la vente, a-t-il ajouté.

 

M&M Gas, une entreprise commune entre les entreprises énergétiques grecques Motor Oil et Mytilineos, est le seul concurrent de Gazprom.

 

L'offre initiale de M&M d'environ 550 millions d'euros était cependant bien inférieure à celle de Gazprom. Ses sociétés mères doivent en outre de l'argent à DEPA et sont en concurrence avec cette dernière sur le marché du gaz en gros. 

 

Sintez, une petite entreprise énergétique russe contrôlée par le magnat russe Leonid Lebedev, devrait soumettre une offre ayant valeur d'engagement pour l'opérateur de réseau DESFA, qui fait partie de DEPA, mais qui peut être vendue séparément.

 

La compagnie gazière publique azérie, SOCAR, est le concurrent principal de Sintez pour DESFA, une entreprise réglementée avec une marge bénéficiaire stable. Le consortium grec et tchèque PP/Terna pourrait également soumettre une offre finale pour DESFA.

 

Alors que la Grèce surendettée vend bon nombre de ses biens publics, trois entreprises russes, dont Gazprom, ont fait une offre pour acquérir les entreprises gazières grecques DEPA et DEFSA. Au total, 17 entreprises issues de 12 pays se sont dites intéressées.

 

La Grèce devrait obtenir 2 milliards d'euros de cette vente. DEFA, l'entreprise grecque de distribution du gaz, a été estimée à 1 milliard d'euros et DEFSA, une filiale de DEPA, est estimée à 500 millions d'euros.

 

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