La Lituanie devient le premier État membre de l’UE à arrêter les importations de gaz russe

La décision de devenir totalement indépendant du gaz russe a été prise en réponse au chantage énergétique de la Russie en Europe et à la guerre en Ukraine. [Shutterstock/Victoria Viper B]

Le ministère de l’Énergie lituanien a annoncé samedi que la Lituanie serait le premier État membre de l’Union européenne à complètement cesser d’importer du gaz russe.

La décision de devenir totalement indépendant du gaz russe a été prise en réponse au chantage énergétique de la Russie en Europe et à la guerre en Ukraine.

« Nous sommes le premier État membre de l’UE parmi les pays fournisseurs de Gazprom à devenir indépendant des approvisionnements en gaz russe, et c’est le résultat d’une politique énergétique cohérente sur plusieurs années et de décisions opportunes en matière d’infrastructures », a expliqué le ministre lituanien de l’Énergie, Dainius Kreivys.

Cela est confirmé par les données du gestionnaire du réseau de transport de gaz lituanien Amber Grid, qui révèlent que samedi (2 avril), les importations de gaz russe pour les besoins de la Lituanie via l’interconnexion Lituanie-Biélorussie étaient égales à 0 MWh, comme l’indique le communiqué de presse du ministère de l’Énergie.

L’alternative au gaz russe est l’importation de gaz de plusieurs pays via le terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) de Klaipėda, symboliquement baptisé « Indépendance ».

Le terminal a été créé il y a une dizaine d’années. « Il y a des années, mon pays a pris des décisions qui nous permettent aujourd’hui, sans peine, de rompre les liens énergétiques avec l’agresseur. Si nous pouvons le faire, le reste de l’Europe peut le faire aussi ! », a indiqué le président lituanien Gitanas Nausėda sur Twitter.

L’opérateur du terminal GNL Klaipedos Nafta indique que trois grandes cargaisons de GNL arriveront au terminal chaque mois, ce qui devrait suffire à tous les clients.

Du gaz supplémentaire peut également être livré à la Lituanie via l’interconnexion gazière avec la Lettonie et, à partir du 1er mai, via l’interconnexion gazière avec la Pologne.

Il n’y a pas si longtemps, la Lituanie était entièrement dépendante du gaz russe. « En 2015, la Lituanie recevait 100 % de son gaz naturel de la Russie, en 2020, plus de 60 % étaient encore fournis par des producteurs d’énergie russes », a expliqué le ministre de la Défense Arvydas Anušauskas sur Twitter.

Samedi, LRT.lt a annoncé que la Lettonie et l’Estonie avaient fait le même choix.

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