La Russie accuse la politique environnementale de l’UE d’être responsable de la flambée des prix de l’énergie

Un écran montrant Vladimir Poutine (à gauche), le directeur de BP Bernard Looney (en bas à gauche), le directeur de TotalEnergies Patrick Pouyanne (en bas à droite), le président du conseil d'administration de Daimler AG et Mercedes-Benz AG Ola Kallenius (en haut à droite) et le directeur d'Exxon Mobil Corporation Darren Woods (en haut à gauche) lors du forum international Russian Energy Week à Moscou le 13 octobre 2021. [EPA-EFE/SERGEI ILNITSKY]

Le président russe, Vladimir Poutine, a déclaré ce mercredi (13 octobre) que la flambée actuelle des prix de l’énergie s’expliquait par la pénurie d’électricité due à l’utilisation accrue des énergies renouvelables.

Lors de l’ouverture de la « Semaine russe de l’énergie » à Moscou, M. Poutine a déclaré que la Russie était prête à fournir davantage de gaz à l’Europe si elle en faisait la demande, réfutant ainsi l’idée que Moscou restreignait ses approvisionnements pour des raisons politiques.

M. Poutine a mis l’accent sur l’impact de la crise provoquée par la pandémie de COVID-19. Il a souligné que les statistiques de l’année dernière indiquaient que la consommation mondiale d’énergie primaire a diminué de 4,7 %, ce qui, selon lui, constitue le choc le plus conséquent pour ce secteur au cours des 70 dernières années.

En conséquence, il a déclaré que les prix avaient été ajustés à la baisse de la demande. Il a donné l’exemple de l’année dernière, lorsque le prix du gaz naturel en Europe a chuté de 60 % et est passé à 113 dollars par millier de mètres cubes contre 159 dollars en 2019 et 282 dollars en 2018.

Vladimir Poutine a qualifié la situation dans le secteur pétrolier d’« unique ».

« Aucun d’entre nous ne pouvait y croire. Personne ne pouvait même imaginer qu’au printemps dernier, le pétrole enregistrerait des prix négatifs pour la première fois de l’histoire. Il est devenu plus coûteux de stocker du pétrole que de l’acheter. Cette situation est tout simplement unique », a-t-il déclaré.

Il a ensuite évoqué la situation du marché du gaz en Europe, qui, selon lui, ne semble pas encore équilibrée et prévisible. Il a expliqué que « tout ne dépend pas des producteurs sur ce marché : les consommateurs de gaz jouent un rôle tout aussi important, si ce n’est plus important ».

M. Poutine a ajouté qu’il souhaitait rappeler certaines notions qui pourraient sembler évidentes et banales, « mais que plusieurs responsables ont récemment choisi d’oublier ou de taire, remplaçant l’analyse de la situation par des slogans politiques creux ».

Il a déclaré qu’au cours des dix dernières années, la part des sources d’énergie renouvelables dans le bilan énergétique européen a explosé, ce qui, à première vue, apparaît comme « une bonne chose ».

Toutefois, il a précisé que ce secteur était connu pour sa production d’électricité irrégulière. En cas de défaillances majeures de la production, principalement dues aux intempéries, cette réserve ne serait tout simplement pas assez importante pour couvrir la demande.

« C’est exactement ce qui s’est passé cette année, lorsque, en raison d’une baisse de la production des parcs éoliens, il y a eu une pénurie d’électricité sur le marché européen. Les prix se sont envolés, ce qui a déclenché une flambée des prix du gaz naturel sur le marché».

M. Poutine a également reproché aux pays de l’UE de ne pas avoir prévu de stocker suffisamment de gaz. Selon lui, les réserves de gaz sont généralement reconstituées en été pour répondre à la demande hivernale.

« Cependant, cette année, même après un hiver froid en Europe, de nombreux pays ont choisi de ne pas le faire, s’en remettant aux approvisionnements en gaz à court terme et à la « main invisible » du marché. Or, un pic de la demande a fait grimper les prix encore plus haut », a-t-il déclaré, selon la transcription du Kremlin.

M. Poutine a souligné que « la flambée des prix du gaz naturel en Europe est due à des pénuries d’électricité, et non l’inverse ». Il a rejeté les suggestions selon lesquelles la Russie aurait manipulé ou influencé la flambée des prix. À l’inverse, il a imputé aux politiques de l’UE la responsabilité de cette situation difficile.

« Il n’est pas nécessaire de rejeter la faute sur d’autres personnes, ce que certains de nos partenaires tentent de faire. De temps en temps, on est abasourdi par ce qui se dit à ce sujet, comme si ces gens ne connaissaient pas les chiffres […], qu’ils ne voyaient pas la réalité et qu’ils ne faisaient que dissimuler leurs propres erreurs. Des failles systémiques ont progressivement apparues dans le domaine de l’énergie européenne au cours de la dernière décennie, ce qui a conduit à une crise majeure du marché en Europe », a déclaré M. Poutine.

Il a par ailleurs souligné que la Russie s’était acquittée de ses obligations contractuelles envers ses partenaires « dans leur intégralité, y compris ses partenaires en Europe, en assurant un approvisionnement en gaz garanti et ininterrompu dans cette direction ».

« Nous observons différentes situations qui se traduiront par des volumes records de distribution de gaz sur le marché mondial d’ici la fin de l’année. De plus, nous sommes toujours disposés à rencontrer nos partenaires à mi-chemin et sommes prêts à discuter d’actions supplémentaires », a-t-il ajouté.

Le président russe n’a pas omis de mentionner les nouveaux gazoducs, TurkStream et Nord Stream 2, soulignant leur contribution à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

« Pour votre information : l’intensité carbone de la distribution de gaz naturel russe le long du gazoduc Nord Stream 1 est inférieure de 66,7 % à celle du gaz naturel liquéfié américain », a déclaré Vladimir Poutine.

L’Europe n’a pas pu compter sur le gaz naturel liquéfié (GNL) américain ces derniers temps. Les États-Unis vendent en effet leur gaz sur les marchés asiatiques puisque les prix de ces marchés sont beaucoup plus élevés qu’en Europe.

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