L’Allemagne prépare enfin sa sortie du charbon

Les émissions de gaz à effet de serre allemandes sont due au poids du charbon plus qu'à la sortie du nucléaire. [SvedOliver/Shutterstock]

Une commission ad hoc devra rendre ses conclusions d’ici la fin de l’année. Un article de notre partenaire le Journal de l’Environnement

Les membres du gouvernement Merkel ont fini par s’accorder sur les participants de la commission qui réfléchira à la mise à mort du charbon allemand le mardi 5 juin, après des semaines d’atermoiements.

Preuve que le sujet est sensible, toutes les sensibilités s’y retrouvent: conservateurs (4), socio-démocrates (2), environnementalistes (7), ministères (8), länder (6), scientifiques (3), soutiens aux mineurs (2), industriels (2), syndicalistes (3), représentants du patronat (2), dirigeants de régies locales (2).

La fin du charbon actée avant 2019

Quelle est leur feuille de route? Pour octobre, les membres de la commission devront esquisser l’avenir des régions productrices de charbon. D’ici la COP 24, ils devront proposer des solutions permettant à l’Allemagne d’atteindre ses objectifs climatiques pour 2020. Le rapport final, qui fixera la date de l’arrêt de la production et de la consommation de charbon, est attendu avant la fin de l’année.

Pour atteindre ses objectifs à 2030, l’Allemagne devra faire de très importants efforts de décarbonisation. Son seul secteur de l’énergie devra ainsi abattre de 60% ses émissions carbonées entre 1990 et 2030. Il n’y a dès lors pas à tortiller: il faudra signer l’arrêt de mort du lignite et des centrales qui brûlent ce mauvais charbon. Non sans proposer de solides mesures d’accompagnement, tant des entreprises que des régions concernées.

Sécuriser l’approvisionnement en électricité

Le sujet n’a rien d’évident. Les mines de charbon et de lignite emploient encore 32.000 personnes, notamment dans la Ruhr. Soit 5 fois moins de salariés que le monde de l’éolien. Ce n’est pas le seul problème à résoudre. En 2017, lignite et charbon ont alimenté 47 gigawatts (GW) de capacités, lesquelles ont fourni 37% de l’électricité consommée outre-Rhin. Décarboner rapidement impliquera aussi de trouver des moyens d’assurer la sécurité de l’alimentation d’électricité.

Nombreux désaccords

Et ce ne sera pas simple. A peine nommés, les membres de la commission manifestent déjà leurs désaccords. Michael Vassiliadis, patron du syndicat des mineurs, estime que «les populations des régions minières n’ont pas besoin d’une sortie accélérée du charbon».

Dans un communiqué, BDEW, l’association des entreprises de l’énergie, estime qu’au-delà de la protection du climat, le plan à élaborer devra sécuriser l’approvisionnement en électricité à coût acceptable. «Ce serait désastreux que la commission se focalise sur la sortie symbolique du charbon», renchérit Dieter Kempf, président de la Fédération de l’industrie allemande (BDI).

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