Le nouveau gouvernement allemand reprend sa position de repli sur Nord Stream 2

Le chancelier allemand Olaf Scholz (à gauche) et le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki (à droite) après une conférence de presse commune Varsovie, Pologne, 12 décembre 2021. [EPA-EFE/RADEK PIETRUSZKA]

Le nouveau chancelier allemand et la ministre des Affaires étrangères ont fait des déclarations au cours du week-end, sans signaler un changement de politique concernant le gazoduc controversé Nord Stream 2 par rapport aux positions de l’administration Merkel.

Le gazoduc Nord Stream 2 ne peut pas être certifié actuellement car il n’est pas conforme à la réglementation de l’Union européenne en matière d’énergie, a déclaré la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, à la chaîne de télévision publique ZDF, dimanche (12 décembre).

Nord Stream 2, qui acheminerait le gaz russe vers l’Allemagne en contournant l’Ukraine par la mer Baltique, a été achevé en septembre, mais n’a toujours pas été certifié en raison d’obstacles réglementaires. En parallèle, la crainte d’une offensive russe en Ukraine subsiste.

En novembre, l’organisme allemand de surveillance de l’énergie a interrompu le processus de certification du gazoduc, qui doit transporter du gaz russe vers l’Allemagne, en déclarant que son exploitant devait créer une filiale locale conformément aux règles européennes. La création d’une filiale locale prend du temps, mais ne devrait pas présenter un obstacle majeur pour le projet.

«  Cela signifie qu’en l’état actuel des choses, ce gazoduc ne peut être approuvé, car il ne répond pas aux exigences de la législation européenne sur l’énergie et les questions de sécurité restent ouvertes  », a déclaré Mme Baerbock.

Elle a également précisé qu’en cas de nouvelle «  escalade » en Ukraine, conformément à un accord entre Berlin et Washington, Nord Stream 2 ne serait pas autorisé à fonctionner.

Plus tôt dans la journée de dimanche, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré qu’il était peu probable que le gaz passe par le gazoduc si la Russie renouvelait son agression contre l’Ukraine.

Nord Stream 2 : "Les Américains piétinent la souveraineté européenne"

Nouveau coup dur dans une longue série de controverses. Avec leur budget de la défense pour 2021, les États-Unis resserrent (encore) la vis sur Nord Stream 2. L’ingérence américaine suscite peu de réactions en Europe bien que l’avenir du projet de gazoduc soit une fois de plus plongée dans l’incertitude.

Mme Baerbock s’exprimait après la réunion du G7 du week-end sur les tensions avec la Russie, et avant une réunion avec ses partenaires européens lundi (13 décembre).

Le chancelier allemand Olaf Scholz avait auparavant déclaré, lors d’une visite en Pologne, que : «  Ce serait une grave erreur de croire que la violation des frontières d’un pays européen resterait sans conséquences.  »

Lors d’une conférence de presse à Varsovie dimanche, M. Scholz a déclaré que l’Allemagne restait déterminée à préserver le rôle de l’Ukraine en tant que voie de transit du gaz vers l’Europe. Il s’agissait de la troisième visite à l’étranger du nouveau chancelier après Paris et Bruxelles.

«  Nous continuons à nous sentir responsables de veiller à ce que l’activité de transit de gaz de l’Ukraine reste fructueuse. Il en va de même pour les opportunités futures  », a déclaré M. Scholz, à côté du Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki.

La prédécesseure de M. Scholz, Angela Merkel, avait déclaré que la base politique de l’exploitation de Nord Stream 2 était l’engagement de la Russie à continuer d’utiliser l’Ukraine comme voie de transit du gaz à l’avenir également.

«  Nous aiderons également l’Ukraine à être un pays qui sera une source majeure d’énergie renouvelable et la production nécessaire qui en découle. Nous sommes en pourparlers concrets sur la façon dont nous pouvons aider à atteindre cet objectif  », a déclaré M. Scholz.

« Il serait préférable de ne pas autoriser l’ouverture de Nord Stream 2  » , a déclaré M. Morawiecki lors de la conférence de presse.

«  J’ai attiré l’attention du chancelier sur les risques liés à l’ouverture du gazoduc Nord Stream 2 et, malheureusement, sur la mesure dans laquelle ces risques pour l’Ukraine pourraient considérablement s’aggraver.  » , a-t-il ajouté

La Pologne s’oppose depuis longtemps à ce gazoduc de 10 milliards d’euros, détenu majoritairement par le géant gazier russe Gazprom.

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