L’électricité renouvelable française confirme son dynamisme

L'éolien a notamment été soutenu par l'avancée du financement participatif, qui a rendu les projets plus acceptables par les riverains, mais aussi permis l'éclosion d'une participation citoyenne plus large. [Aleksandr Shilov/Shutterstock]

L’éolien est notamment le champion de 2017, relève le dernier baromètre de l’organisme Observ’ER. Mais pour atteindre les objectifs de la programmation pluriannuelle de l’énergie à l’horizon 2023, il faut encore accélérer, notamment dans les énergies marines. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Les énergies renouvelables électriques continuent de se développer de manière dynamique en France mais, pour garder le cap, il va falloir accélérer le rythme. Tel est le message qui ressort du Baromètre 2017 publié mardi 9 janvier par l’organisme indépendant Observ’ER, avec le soutien de la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) et de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Entre octobre 2016 et septembre 2017, malgré de mauvaises conditions météorologiques, ces renouvelables -qui en 2016 ont engendré 15,2 milliards d’euros d’activité pour 44 500 emplois directs- ont produit 8 7876 GWh d’électricité et couvert 19,4% de la consommation nationale. Pendant les trois premiers trimestres 2017, entre 2,3 et 2,4 GW de puissance ont été nouvellement raccordés, contre 2 277 MW sur la même période 2016, relève le rapport, qui se fonde sur des informations du Service de la donnée et des études statistiques (SDES), d’Enedis, d’EDF et du RTE. Le 30 septembre 2017, le parc total de la puissance électrique renouvelable française atteignait ainsi 48,9 GW (contre 46 540 MW fin 2016): à savoir 92% de l’objectif fixé par la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour 2018, et entre 62 et 68% de celui à l’horizon 2023.

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Tout en soulignant une nouvelle fois le retard affiché sur les objectifs à 2020, le Syndicat des énergies renouvelables veut croire que la France peut les dépasser à l’horizon 2030 et aller au-delà ce que prévoit la programmation pluriannuelle de l’énergie. Un article de notre partenaire, La Tribune.

4,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans l’éolien

Soutenu par l’avancée du financement participatif, qui a rendu les projets plus acceptables par les riverains, mais aussi permis l’éclosion d’une participation citoyenne plus large, l’éolien terrestre fait figure de champion de l’année, avec 1 015 MW de capacité nouvellement raccordés au 30 septembre 2017, à savoir 23% de plus qu’à la même date en 2016. Au total, il atteint ainsi 12.908 MW de puissance, en se rapprochant de l’objectif PPE 2018, de 15 GW. En 2016, la filière comptait 15.990 emplois et un chiffre d’affaires de 4,5 milliards d’euros.

Porté pour sa part par l’affirmation de la dynamique d’autoconsommation, favorisée par la loi du 24 février 2017, le photovoltaïque, qui au 30 septembre 2016 affichait 5.700 emplois directs et un chiffre d’affaires de 3,9 milliards d’euros, a aussi continué de croître, bien que de manière moins spectaculaire que l’éolien. 484 MW ont été raccordés en 2017: 4 % de plus qu’en 2016. La capacité totale a ainsi atteint 7 686 MW. Si l’objectif fixé par la PPE pour fin 2018, de 10,2 GW, semble rester atteignable, le responsable des études d’Observ’ER, Frédéric Tuillé, regrette toutefois le frein représenté par le pourcentage élevé (jusqu’à 40% en capacité) de projets non réalisés parmi ceux retenus dans les appels d’offres de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), souvent en raison de difficultés financières des entreprises choisies aggravées par la longueur des procédures.

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La Commission européenne a donné son blanc-seing au « mécanisme de capacité» français qui vise à rémunérer les capacités de production d’électricité. Paris a accepté de réviser quelque peu son projet.

Les énergies marines, condition sine qua non des objectifs affichés

Tout en restant le pilier de la production électrique renouvelable française (en 2016, 64 TWh pour 25.781 MW de capacité installée, à savoir environ 12% de la production totale d’électricité), l’hydraulique évolue pour sa part peu, conformément aux objectifs de la PPE: un parc identique à fin 2018 et entre 25 800 et 26 050 MW de capacité fin 2023.

Les énergies marines, qui en 2016 ont engendré 592 millions d’euros de chiffre d’affaires en s’appuyant sur 2 090 emplois directs, représentent en revanche une condition sine qua non des objectifs de la PPE pour les renouvelables électriques à l’horizon 2020, met en garde Frédéric Tuillé. 3 000 MW de puissance ont déjà été raccordés, alors que les projets déjà engagés pourraient apporter entre 500 et 6 000 MW supplémentaires et que, malgré des retards annoncés, un programme a enfin été définitivement lancé pour l’éolien en mer.

« Au-delà des ambitions, trop souvent des projets portés par de grands groupes sont toutefois arrêtés pour des raisons de coûts », regrette néanmoins le responsable des études d’Observ’ER.

Le biogaz ralentit

Quant à la biomasse solide, avec 590 MW raccordés fin septembre 2017 (dont 180 au cours des douze derniers mois), contre un objectif de 540 fin 2018, elle reste une filière « notable », estime Frédéric Tuillé. Freinée par la nécessité d’une gestion durable de la ressource bois, elle doit toutefois encore doubler la puissance installée pour atteindre l’objectif PPE 2023 (entre 790 et 1.040 MW).

Le biogaz ralentit par contre, avec 19 MW raccordés en 2017 contre 27 MW l’année précédente. L’accélération de la méthanisation (trois quarts des nouvelles capacités et plus d’un tiers de la puissance totale) pénalise d’ailleurs la valorisation électrique. Le baromètre souligne enfin la nécessité de tenir compte du potentiel d’export du savoir-faire national en matière de géothermie et de solaire thermique. Pourtant, aucun objectif n’est fixé pour ce dernier dans la dernière PPE, dont un nouveau chapitre doit être écrit en 2018 à l’horizon 2030.

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