Les dirigeants de la Russie et de l’UE inaugurent le gazoduc Nord Stream

Nord Stream.jpg

Le président russe, Dmitri Medvedev, participera aujourd'hui (8 novembre) à la cérémonie de lancement du gazoduc Nord Stream en Allemagne. Ce gazoduc permettra d'acheminer du gaz naturel russe en Europe occidentale via la mer Baltique. Les experts préviennent toutefois qu'il ne pourrait fonctionner qu'à la moitié de ses capacités dans un premier temps.

M. Medvedev participera à la cérémonie aux côtés de la chancelière Angela Merkel, du premier ministre néerlandais, Mark Rutte, du premier ministre français, François Fillon, et du commissaire européen à l'énergie, Günther Oettinger.

Au cours de cette visite, le dirigeant russe devrait également rencontrer le président allemand, Christian Wulff, et discuter d'une collaboration commerciale, économique, énergétique et dans le domaine de la sécurité. Ils devraient aussi aborder la question d'un régime sans visa entre la Russie et l'UE, selon la presse russe.

Ce gazoduc de 7,4 milliards d'euros et de 1220 kilomètres a pour objectif d'acheminer 55 milliards de mètres cubes de gaz par an entre la ville russe de Vyborg, à 130 kilomètres au nord-ouest de Saint-Pétersbourg et la ville allemande de Greifswald.

Construit sous la mer baltique, le gazoduc passera par les côtes de la Finlande, de la Suède et du Danemark (voir « Contexte »).

Ce projet avait reçu le soutien de l'ancien chancelier allemand, Gerhard Schröder, qui préside le comité des actionnaires de Nord Stream.

La cérémonie aura lieu à Lubmin au nord de l'Allemagne, où Nord Stream est connecté au réseau allemand via le gazoduc OPAL qui relie cette région à l'Allemagne de l'Est.  Un autre segment, le gazoduc NEL, qui devrait acheminer le gaz de Nord Stream à la partie occidentale du pays, est toujours en construction.

Nord Stream comprend deux conduites parallèles, chacune disposant d'une capacité de 27,5 milliards de mètres cubes de gaz par an. La deuxième conduite sera achevée en 2012. La construction d'une troisième conduite serait techniquement possible, mais il faudrait qu'elle se révèle commercialement viable et que les actionnaires approuvent le projet.

Matthias Warnig, le directeur exécutif du consortium russo-allemand, a été cité par la Deutsche Welle, affirmant qu'il faudrait 14 ou 15 ans pour compenser les coûts, à condition que Nord Stream fonctionne à pleine capacité.

Selon les conditions du contrat de Nord Stream, Gazprom-Export paiera pour le droit exclusif d'acheminer 55 milliards de mètres cubes de gaz par an, qu'ils soient livrés ou non.

Selon M. Warnig, ce gazoduc aurait jusqu'à présent reçu des commandes pour plus de 22 milliards de mètres cubes par an, ce qui représente moins de la moitié de sa capacité.

Cependant, Vladimir Feygin, le président de l'institut russe de l'énergie et des finances, a affirmé qu'il s'agissait là d'une « situation typique » : les grands gazoducs sont généralement construits lorsque des contrats à long terme sont signés pour s'assurer qu'ils puissent fonctionner au minimum à la moitié de leur capacité.

Le pipeline de gaz naturel Nord Stream a pour objectif d'acheminer du gaz sibérien en Allemagne en passant sous la mer baltique, contournant ainsi les éventuels problèmes que pourraient poser certains des voisins de la Russie comme l'Ukraine.

Ce gazoduc s'est vu octroyer son permis de construire définitif le 12 février 2010 et sa construction a démarré en avril de la même année.

Nord Stream est censé transporter jusqu'à 55 milliards de mètres cubes de gaz par an, une quantité suffisante pour alimenter plus de 25 millions de foyers. 

Nord Steam est un projet commun à quatre grandes entreprises : Gazprom, BASF/Wintershall Holding AG, E.ON Ruhrgas AG et N.V. Nederlandse Gasunie. Gazprom mène ce consortium avec 51 % des parts. 

La nature paneuropéenne de ce gazoduc est mise en évidence pour son statut de projet dans le cadre des orientations pour les réseaux transeuropéens d'énergie. Ce statut a été confirmé en 2006.

Le budget total de Nord Stream s'élève à 7,4 milliards d'euros, ce qui fait de ce pipeline l'un des projets d'infrastructure privés les plus importants jamais entrepris. 

Le 1er mars 2010, en présence du président français, Nicolas Sarkozy, et de son homologue russe, Dmitri Medvedev, GDF Suez et Gazprom ont signé un accord à Paris qui a officialisé la participation de l'entreprise française dans le projet.

Nord Stream demeure toutefois un projet controversé dans plusieurs pays, notamment en Suède, en Pologne et dans les pays baltes.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.