Les énergies renouvelables portugaises aiguisent les appétits

Parc éolien au Portugal [Mauro Rodrigues, shutterstock]

Engie voudrait racheter la branche renouvelable de l’électricien portugais. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement

En matière d’énergies renouvelables, les énergéticiens ne vont pas aussi vite que les régulateurs. En France, il faut ainsi plus de sept ans pour construire des fermes éoliennes terrestres. Les délais devraient être au moins aussi longs pour l’éolien marin.

Pour se mettre au diapason des objectifs européens ou nationaux, ou pouvoir vendre toujours plus d’électrons verts, les producteurs d’électricité lorgnent sur les parcs en production (ou à construire) de leurs concurrents.

L’offshore français 

Et celui d’Energias de Portugal (EDP) aiguise de nombreux appétits. EDPR, la filiale « renouvelables » de l’électricien lusitanien, exploite déjà 11 gigawatts (GW) sur différents marchés : États-Unis (50 %), Espagne (22 %), Portugal (11 %), Europe (14 %) et Brésil (3 %). Plus de 800 MW de capacités supplémentaires sont en construction. D’ici 2020, EDPR prévoit de mettre en service 3,5 gigawatts (GW) supplémentaires, à quoi s’ajouteront 2 GW au Royaume-Uni, en France (dans l’offshore) et au Brésil.

Acteur incontournable sur le marché de l’éolien, dynamique, EDPR est aussi rentable. L’an passé, il a réalisé 1,3 milliard d’euros de bénéfices avant impôt : +17 % de mieux en un an.

Le Portugal dépasse les 100% d'énergie renouvelable

En mars, le Portugal a produit plus d’énergie renouvelable qu’il n’en a utilisé. Pourtant, faute d’interconnexion entre le pays et le reste de l’Europe, le surplus n’est pas utilisé.

La Chine déjà dans la place 

Pareil profil ne laisse pas indifférent. Depuis plusieurs mois, China Three Gorges (CTG) cherche à racheter les parts d’EDPR qu’il ne contrôle pas. Depuis 2011, l’exploitant du plus grand barrage de Chine détient 21 % du capital d’EDP et aimerait bien rafler sa filiale verte. Il y a quelques semaines, CTG a mis plus de 9 Md€ sur la table. Une offre jugée insuffisante à Lisbonne.

Dans le contexte international actuel, l’offre pourrait être aussi retoquée par les régulateurs financiers. Américains. Raison pour laquelle Engie croit en ses chances. Selon Bloomberg, le groupe dirigé par Isabelle Kocher pourrait déposer une offre portant sur la totalité du capital d’EPDR. Dans un communiqué mis en ligne ce mardi 26 juin, Engie n’avoue ni ne dément l’information

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