Les erreurs des Européens à l’origine de la crise des prix du gaz, selon Vladimir Poutine

« Toute leur politique était de sortir des contrats à long terme et cette politique s'est avérée erronée », a déclaré Vladimir Poutine lors d'une réunion avec les responsables du secteur énergétique russe, « ils ont fait des erreurs ». [ALEXEY DRUZHININ / SPUTNIK / KRE/EPA]

Le président russe Vladimir Poutine a jugé mercredi (6 octobre) l’Europe responsable de la crise du gaz, car elle n’a pas conclu suffisamment de contrats de livraison à long terme avec Moscou, favorisant ainsi l’envolée record des prix.

« Toute leur politique était de sortir des contrats à long terme et cette politique s’est avérée erronée », a-t-il déclaré lors d’une réunion avec les responsables du secteur énergétique russe, « ils ont fait des erreurs ».

« En conséquence, le prix du gaz a désormais battu tous les records historiques : aujourd’hui, il approche les 2.000 dollars par mille mètres cubes, soit plus de dix fois plus que le prix moyen de l’année dernière », a ajouté le président russe.

L’Europe, dont environ un tiers des besoins en gaz sont couverts par Moscou, affirme depuis des années son intention de diversifier ses sources d’approvisionnement, sans grand effet.

Selon Vladimir Poutine, les Européens auraient commencé à se reposer davantage sur les achats de gaz au comptant plutôt que sur des achats à long terme, les liant à Moscou pendant plusieurs années. Or, aujourd’hui, les ventes au comptant ne sont pas au rendez-vous.

En référence à ces ventes d’appoint utilisés pour compléter les contrats longs, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a déclaré plus tôt qu’elles n’avaient « pas pu combler le manque existant », indiquant que la Russie était « prête à parler de nouveaux contrats à long terme ».

Le prix du gaz a battu de nouveaux records mercredi (6 octobre), s’envolant de 25% sur les marchés européens face à une demande qui ne cesse d’augmenter avant l’hiver, couplée à une offre contrainte et des stocks réduits.

Certains en Europe comme aux Etats-Unis accusent Moscou de ne pas ouvrir suffisamment les robinets afin d’obtenir la mise en service au plus vite de son gazoduc controversé vers l’Allemagne, Nord Stream 2, achevé et dont le remplissage a commencé.

Ce gazoduc a suscité la colère de l’Ukraine, car il la contourne et va lui faire perdre d’énormes sommes d’argent touchées pour le transit du gaz russe sur son territoire.

Mercredi (6 octobre), Vladimir Poutine a toutefois appelé le géant russe Gazprom à honorer ses contrats de transit avec Kiev.

« Gazprom pense que ce serait plus approprié économiquement et plus profitable de payer une amende à l’Ukraine et d’augmenter le volume de gaz pompé par de nouveaux systèmes (…) mais je leur demande de ne pas faire ça », a-t-il affirmé.

Il a soutenu qu’il ne fallait pas mettre Kiev « dans une position difficile » et faire de l’ombre à la réputation de Gazprom « comme partenaire absolument fiable ».

En attendant, Gazprom affirme que sa production de gaz en 2021 devrait dépasser les 510 milliards de mètres cubes, un niveau jamais vu depuis une décennie, rappelle l’agence russe RIA.

Selon cette dernière, Vitali Markelov, vice-président du conseil d’administration, aurait indiqué en marge d’un forum gazier à Saint-Pétersbourg mercredi que le groupe s’attendait à un hiver « froid » et « bon pour Gazprom ».

L’envolée des prix risque de frapper le consommateur européen au portefeuille.

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