Les Français n’ont jamais consommé aussi peu d’électricité en 10 ans

Baisse de la production et de la consommation sont au menu du bilan électrique de RTE ce 12 février. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Le millésime 2019 ne restera pas dans les annales électriques françaises. La plupart des indicateurs sont, en effet, à la baisse. En raison d’un hiver doux, de la poursuite des programmes d’économie d’énergie et du climat social de fin d’année (la SNCF a vu sa demande baisser de 500 MWh en décembre dernier), la consommation d’électrons s’est établie à 473 TWh : en recul de 0,5 % par rapport à 2018. C’est le plus bas niveau observé depuis une décennie, remarque RTE.

Nucléaire, hydraulique et charbon en baisse

Côté production, la flèche est aussi orientée vers le bas. L’an passé, le parc tricolore a injecté 537,7 TWh : 2 % de moins qu’en 2018. Faute de disponibilité suffisante (grand carénage, opérations de maintenance prolongées et arrêt de la centrale de Cruas suite au séisme du 11 novembre), le parc nucléaire a réduit de 3,5 % sa production (379,5 TWh).

Faute de pluie, le parc hydroélectrique a vu chuter la sienne de 12 % (60 TWh). Plus compétitives que leurs consœurs au charbon, les centrales au gaz et au fioul ont, en revanche, été fortement sollicitées (+23 % dans les deux cas). Heureusement, les quatre installations au charbon ont réduit leur production des deux tiers (1,6 TWh). Pour RTE, on peut désormais s’en passer pour passer les pointes hivernales.

Une économie d’émission de 5 mégatonnes de CO2

Résultat : malgré une hausse de 12 % du parc thermique à flamme (42,6 TWh), les émissions carbonées du secteur électrique français baissent de 6 %. De quoi réduire de 5 Mt les émissions carbonées du secteur français. « Pour la maille européenne, l’économie d’émission à 20 Mt », estime Olivier Grabette, directeur général adjoint prospective, expertise et solutions de RTE.

Grâce à un régime des vents favorable et au raccordement de 1,36 GWe de capacités nouvelles, la production d’origine éolienne bondit de 21 % à 34,1 TWh. En hausse de 890 MWc, le parc photovoltaïque voit son productible augmenter de près de 8 %, à 11,6 TWh.

Conjuguées, ces « nouvelles » énergies renouvelables ont produit 10 % de l’électricité française ; part qui dépasse les 21 % avec l’hydraulique. L’an passé, les énergies décarbonées (renouvelables et nucléaire) ont généré 92 % du courant tricolore.

Autre bonne nouvelle, financière cette fois, les électriciens français ont exporté 84 TWh, mais n’ont importé que 28,3 TWh. Le bilan reste donc largement bénéficiaire.

L’Europe produit moins d’électricité sale, mais en a importé davantage en 2019

Selon l’ONG britannique Sandbag, l’UE a importé davantage d’électricité issue du charbon, produite juste de l’autre côté de sa frontière, parce que les émissions de carbone ne sont presque pas taxées dans les Balkans. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

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