L’UE enregistre une baisse de 34% de ses émissions de GES, et dépasse son objectif climatique pour 2020

Frans Timmermans, vice-président exécutif de la Commission européenne chargé du Pacte vert pour l’Europe, à gauche, et John Kerry, envoyé spécial du président américain pour le Climat, à droite. [European Union, 2022]

L’Union européenne a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 34 % en 2020 par rapport aux niveaux de 1990, dépassant ainsi l’objectif de 20 % fixé par l’Union, selon les données officielles soumises mardi (31 mai) à la CCNUCC.

L’Agence européenne pour l’environnement (AEE) a soumis mercredi les données officielles de l’UE à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

Le rapport d’inventaire de 961 pages confirme les données préliminaires suggérant que l’Union européenne est en passe d’atteindre son objectif climatique pour 2020.

L’UE avait déjà réduit ses émissions de 26 % en 2019 et avait atteint son objectif de 20 % avant que les confinements durant la pandémie de Covid-19 ne commencent à avoir un impact sur les niveaux d’émissions, a indiqué l’AEE.

Les émissions ont chuté de 11 % rien qu’en 2020, lorsque les pays de l’UE ont fermé leurs économies pour contenir l’épidémie de coronavirus, a indiqué l’AEE, admettant que les confinements « ont eu un impact considérable sur la réduction des émissions en 2020. »

Néanmoins, « les données confirment une tendance à la baisse sur 30 ans qui a permis à l’UE d’atteindre son objectif de réduction des émissions de 20 % par rapport aux niveaux de 1990 pour 2020 », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Les législateurs européens votent la fin des quotas gratuits de CO2 d'ici à 2030

Les législateurs de la commission de l’Environnement du Parlement européen ont approuvé mardi (17 mai) une refonte majeure du marché du carbone de l’UE, y compris l’abandon des quotas gratuits d’ici 2030.

Au cours des trente dernières années, les réductions d’émissions de l’UE ont été principalement induites par l’utilisation croissante des énergies renouvelables et le remplacement du charbon par le gaz dans la production d’électricité.

Le rapport montre que l’utilisation du charbon a connu un déclin sans précédent et sera trois fois moins importante en 2020 qu’en 1990.

Selon l’AEE, la baisse de la demande de chauffage liée à des hivers plus doux en Europe a également joué un rôle.

Mais si les industries manufacturières ont enregistré une baisse globale des émissions, il y a eu des exceptions notables concernant les transports, la réfrigération et la climatisation, dont les émissions ont augmenté respectivement de 53 et 80 millions de tonnes d’équivalent CO2, selon le rapport.

Si presque tous les pays de l’UE ont réussi à réduire leurs émissions, la baisse est principalement attribuable au Royaume-Uni et à l’Allemagne, qui ont représenté 47 % du total des réductions nettes au cours des 30 dernières années, a fait remarquer l’AEE.

Le Royaume-Uni ayant quitté l’UE en 2020 et les émissions ayant à nouveau augmenté après la pandémie de coronavirus, les chiffres risquent d’être moins positifs dans les prochains rapports.

Selon les données de l’UE publiées l’année dernière, les émissions ont bondi de 18 % au printemps dernier, alors que l’économie se remettait des arrêts de production dus à la pandémie. De plus, la sortie de l’Europe du charbon a été stoppée dans son élan en 2021 en raison de la hausse des prix du gaz, qui a découragé la transition du charbon au gaz.

« La baisse de 11 % en 2019-2020 est une bonne nouvelle du point de vue du climat, mais probablement principalement causée par la pandémie de Covid-19 et la baisse associée de l’activité économique globale », a déclaré Wijnand Stoefs de Carbon Market Watch, un organisme à but non lucratif.

« Nous nous attendons à ce que les chiffres de 2021 et 2022 connaissent un rebond, par exemple, les émissions du SEQE-UE ont déjà augmenté de 7,3 % en 2021 », a souligné M. Stoefs, en référence au marché du carbone de l’UE, le système d’échange de quotas d’émission.

« Comme l’AEE l’a clairement indiqué, il existe un risque sérieux de rebond des émissions », a ajouté Camille Maury, du bureau des politiques européennes de WWF. En outre, la réforme en cours du marché du carbone de l’UE « n’est pas sur la bonne voie pour atteindre nos objectifs de neutralité climatique », a-t-elle déclaré dans des commentaires envoyés par courriel à EURACTIV.

La crise du gaz a freiné la sortie du charbon de l’UE en 2021, selon une étude

Les efforts déployés par l’UE pour éliminer progressivement le charbon ont été stoppés net par la flambée des prix du gaz, selon une nouvelle analyse des données du marché de l’électricité de 2021 réalisée par le groupe de réflexion financier Ember.

Dans l’ensemble, les groupes de défense de l’environnement n’ont pas été convaincus par le bilan de l’UE, estimant que la barre pour 2020 a été placée bien trop bas.

« Les objectifs pour 2020 n’étaient tout simplement pas assez ambitieux, et ont donc été atteints sans réel effort », a déclaré M. Stoefs. « La leçon à tirer est que nous avons besoin d’objectifs plus ambitieux, y compris pour 2030 ».

« Atteindre un objectif climatique trop bas en raison d’un ralentissement économique temporaire n’a rien de réjouissant. Le fait de viser ou d’atteindre des objectifs inférieurs à ce que la communauté scientifique considère comme étant la responsabilité de l’UE pour maintenir le réchauffement climatique en dessous de 1,5 degré est une renonciation à ses responsabilités », a déclaré Silvia Pastorelli, responsable de la campagne climatique de Greenpeace pour l’UE.

En vertu de la loi européenne sur le climat approuvée l’année dernière, l’Union européenne vise une réduction nette de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030, avant de parvenir à zéro émission nette d’ici à 2050.

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