L’UE ne pourra pas imposer d’embargo complet sur les hydrocarbures russes

La ministre française de l'Écologie, Barbara Pompili, s'exprime lors d'une réunion de la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie au Parlement européen à Bruxelles, le 27 janvier 2022. [STEPHANIE LECOCQ/EPA]

La ministre française de la Transition écologique Barbara Pompili a fait valoir mercredi (9 mars) à New York que les 27 pays de l’Union européenne ne pourront pas imposer d’embargo complet sur leurs importations d’hydrocarbures russes, comme l’ont décrété les États-Unis.

Alors que Washington et Londres ont décidé d’arrêter leurs importations de gaz et de pétrole russes, l’UE, bien plus dépendante, n’est pas prête à les suivre, mais s’organise pour réduire de deux tiers dès cette année ses achats de gaz à Moscou.

Mme Pompili, qui s’exprimait au titre de la présidence française du Conseil de l’UE (PFUE), lors d’une visite à l’ONU, a confirmé que les Vingt-Sept allaient prendre « des mesures très lourdes, puisque d’ici la fin de l’année (on doit) réussir à se passer des deux tiers de nos importations » de gaz russe.

Elle a insisté, lors d’un point-presse sur « l’ampleur de ce que cela veut dire au regard de la dépendance que nous avons aujourd’hui ».

D’après Mme Pompili, qui doit rencontrer jeudi à Washington la ministre de l’Énergie Jennifer Granholm, « le président (américain Joe) Biden a dit lui-même que la situation aux États-Unis et en Europe n’était pas comparable et qu’il n’entendait pas nous demander de prendre le même genre de décision ».

M. Biden a annoncé mardi un embargo sur les importations américaines d’hydrocarbures russes, tandis que le Royaume-Uni s’est engagé à y parvenir d’ici à la fin de l’année.

Le pétrole russe ne représente que 8 % des importations américaines et les États-Unis n’importent pas de gaz de Russie.

Pour réduire la dépendance européenne — la Russie représente 45 % des importations européennes de gaz et de charbon et 25 % de celles de pétrole — sans mettre en péril l’économie des pays les plus exposés, Bruxelles a proposé aux Vingt-Sept de diversifier leurs approvisionnements, gonfler leurs réserves et diminuer leur consommation d’énergie.

La feuille de route sera discutée jeudi et vendredi par les chefs d’État et de gouvernement réunis en sommet à Versailles. Ils devraient s’engager à « sortir de (leur) dépendance aux importations de gaz, pétrole et charbon russes », mais sans calendrier, selon un projet de conclusions consulté par l’AFP.

« Cette crise géopolitique va durer et c’est pour cela (…) que prendre des mesures qui auraient un impact très lourd tout de suite sur nos économies risque de déstabiliser nos sociétés », a encore averti Mme Pompili pour qui « on ne peut pas passer de 40 % à rien en cinq minutes ».

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