Les eurodéputés veulent rehausser les objectifs d’énergie renouvelable

La commission énergie du Parlement européen a confirmé le 4 août que les eurodéputés voulaient que les objectifs d’énergie renouvelable soient plus ambitieux que la proposition soumise par la Commission.

Les eurodéputés de la commission industrie, recherche et énergie (ITRE) du Parlement européen ont débattu le 4 septembre de 1 300 amendements à la proposition de la Commission européenne pour une nouvelle directive sur la promotion des sources d’énergie renouvelable. Cette loi fait partie du paquet législatif de l’union de l’énergie présenté en novembre 2016.

Malgré la grande quantité de changements proposés par les députés européens de tous les groupes politiques, un consensus clair a été atteint pour accroître l’ambition des objectifs d’énergie renouvelable proposés par la Commission.

Le rapporteur José Blanco López (socialistes et démocrates) a insisté sur « le besoin d’un accord qui va au-delà de l’objectif des 27 % pour 2030 ». « Il s’agit d’un enjeu social. » L’Europe a besoin d’une nouvelle directive « qui ne sera pas immédiatement obsolète », a expliqué l’élu du parti socialiste espagnol.

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Pour 2020, les États membres de l’UE avaient l’obligation d’atteindre un objectif de renouvelables de 20 % à l’échelle européenne. Ce n’est plus le cas avec celui de 27 % pour 2030, un objectif paneuropéen qui n’a pas été découpé en objectifs nationaux. Reconnaissant la différence de ressources disponibles d’un pays à un autre, les gouvernements nationaux sont libres d’établir leur propre objectif.

Depuis que la Commission a soumis sa proposition, de nombreux détracteurs estiment que l’exécutif a placé la barre trop bas.

José Blanco López affirme que le nombre et le type d’amendements suggèrent que la nouvelle loi doit inclure des objectifs contraignants pour les États membres pour 2030, ainsi que davantage d’objectifs ambitieux.

Les eurodéputés conservateurs ne sont pas d’accord. Seán Kelly, eurodéputé de centre droit (Parti populaire européen) plaide quant à lui pour une meilleure gouvernance plutôt que pour des objectifs nationaux contraignants.

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Nouvelle analyse d’impact

Hans-Olaf Henkel, eurodéputé du groupe des conservateurs et réformistes européens (CRE), vice-président de la commission ITRE et rapporteur fictif pour la directive sur les énergies renouvelables reconnaît qu’un terrain d’entente a été trouvé pour des objectifs plus ambitieux. Il a toutefois appelé les eurodéputés à attendre que la Commission fournisse une mise à jour des estimations des coûts avant de proposer de nouveaux objectifs.

Un représentant de la Commission présent lors de la réunion a assuré que l’exécutif était en train de mettre à jour son étude d’impact, la première datant de 2014, et présenterait de nouveaux scénarios très bientôt.

Dans sa note, Claude Turmes (Verts/ALE) affirme qu’un « examen objectif » des coûts est nécessaire et ajoute qu’il serait « fou » de ne pas avoir plus d’énergie renouvelable pour le même prix.

Le Luxembourgeois soutient également des objectifs nationaux contraignants et estime que la consommation d’électricité des voitures devrait être liée à l’investissement dans les renouvelables, « sinon, les voitures électriques fonctionneront au charbon en Pologne ».

L’eurodéputé libéral (ALDE) Fredrick Federley soutient quant à lui que les objectifs sont une préoccupation secondaire et que l’accent devrait être mis sur la loi. « Si on n’encourage pas plus les investissements à l’avenir, alors rien ne sert d’imposer des objectifs plus élevés », prévient-il.

La commission se réunira à nouveau à Strasbourg la semaine prochaine et devrait voter sur le rapport de la directive le 28 novembre prochain.