Les projets énergétiques de la Croatie n’effraient pas la Russie

L'ambassadeur de Russie en Croatie, Anvar Azimov, a changé d'avis sur les rêves de GNL de la nation adriatique. [Zeljko Puhovski/CROPIX]

Moscou vient de changer d’avis et soutient le projet croate de construction d’un terminal de GNL sur l’île de Krk. Et pour cause, il ne semble pas représenter une grande menace en termes de concurrence. Un article d’Euractiv Croatie.

Le 30 janvier, le gouvernement croate a décidé de financier la première partie du projet de terminal flottant de gaz naturel liquéfié (GNL) sur l’île de Krk, qui est estimée à 234 millions d’euros. La Commission européenne a promis 101,4 millions d’euros d’aides à la construction du terminal, considérée comme un projet d’intérêt commun.

Anvar Azimov, l’ambassadeur russe en Croatie, avait déclaré que le projet était inutile et ne serait pas économiquement viable, étant donné l’arrivée imminente de plus de gaz russe vers le sud-est et le centre de l’Europe, via le projet TurkStream.

TurkStream devrait être relié à l’Europe centrale via la Bulgarie, la Serbie et la Hongrie et aboutirait à une plateforme de stockage et de distribution à Baumgarten, en Autriche.

Aujourd’hui, l’ambassadeur assure qu’il serait satisfait de voir le projet se concrétiser s’il est utile à la Croatie, conformément à la politique russe vis-à-vis des pays de la région qui essaient de diversifier leurs sources d’énergie pour réduire leur dépendance au gaz russe. Pour des pays comme la Slovaquie, qui dépend presque à 100 % du gaz russe, la situation est en effet loin d’être sécurisante.

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« La Russie veut voir la Croatie sécuriser son approvisionnement énergétique », assure Anvar Azimov. « L’origine du gaz est toujours importante pour la diversification énergétique. Même si en ce moment, le gaz le moins cher est toujours russe. »

L’ambassadeur a indiqué que la Russie avait exporté deux milliards de mètres cubes de gaz à la Croatie en 2018. Pour l’ensemble de l’UE, le total monte à plus de 200 milliards.

Le ministre croate à l’Environnement et à l’Énergie, Tomislav Ćorić, a pour sa part déclaré que « la mise en œuvre du projet de terminal de GNL devait être envisagée avant tout en regard de la sécurité et de l’importance géopolitique de la Croatie pour l’UE ».

À ce jour, seuls 520 millions de mètres cubes de la capacité du nouveau terminal ont été attribués, alors que le seuil de rentabilité est de 1,5 milliard. La capacité totale devrait atteindre 2,6 milliards de mètres cubes, soit l’équivalent de la consommation totale du pays.

Ces chiffres, publiés il y a peu, sont sans doute à l’origine du changement de ton de la Russie. Les représentants de Moscou dans la région ont également fait remarquer que le terminal de GNL en Lituanie n’est pas non plus économiquement viable, ce qui renforce encore leur position.

La question est à présent de savoir si la Hongrie, très concernée par le sujet de l’énergie russe, respectera son engagement de participer au projet à Krk. Si l’utilisation reste au niveau de 520 millions de mètres cubes actuels, les coûts devront être couverts par des fonds spécifiques pour la sécurité de l’approvisionnement. Dans ce cas, les prix actuels se gonfleraient de 1 %. Le gaz russe n’en serait que plus concurrentiel.

Tomislav Ćorić a cependant bon espoir, il estime que les prix des terminaux de GNL sont en passe de baisser, comme l’indique la volonté du Qatar de quitter l’OPEC pour se concentrer sur la production de gaz. C’est aussi ce que l’on peut prévoir des évolutions du marché américain.

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