Nicolas Hulot très attendu sur sa feuille de route climatique

Le secteur des renouvelables rêve d'objectifs climatiques plus ambitieux en France et en Europe

La feuille de route sur le climat du ministère de la transition écologique est attendue dans les prochains jours. Un sujet qui suscite à la fois espoir et anxiété.

ONG et acteurs de l’énergie attendent avec impatience des précisions sur les projets du nouveau gouvernement français en matière de climat et d’énergie. La feuille de route qui sera proposée la semaine prochaine par le ministre Nicolas Hulot, connu pour son ambition en matière d’environnement, pourrait réhausser l’ambition actuelle de l’Hexagone en visant la neutralité carbone en 2050.

C’est en tout cas ce que la proposition du ministre établit, selon Le Monde. Pour l’instant, l’objectif de la loi de transition énergétique est d’emmener la part des renouvelables à 32 % de la consommation finale en 2030.

Mais l’urgence climatique, ainsi que la détermination des Etats-Unis de Trump à ralentir l’action de leur côté, pourrait pousser les Européens à plus d’ambition.

Selon un texte publié par la revue Nature, écrit par Cristina Figueres, auteurs sont de fins connaisseurs du sujet, il reste trois ans pour sauver la planète.

En effet en limitant la croissance des émissions de CO2 d’ici 2020, les efforts nécessaires seront par la suite moins importants : ce scénario est donc plus réaliste pour que la planète parvienne à limiter la hausse des températures à +2°. Si le ralentissement des émissions n’intervient qu’en 2025, la transformation de l’économie jusqu’à un modèle d’émission zéro prendra trop de temps pour aboutir à un niveau d’émission zéro avant que le baromètre ne s’affole.

Espoir dans les renouvelables

En France, le secteur des énergies renouvelables se frotte pourtant déjà les mains d’un nouveau d’accélérateur qui pourrait être donné par le gouvernement

« On a décrochée de la trajectoire si l’on veut atteindre 20 % d’énergie renouvelables en 2020» assure Jean-Louis Bel, président du Syndicat des Energies Renouvelables, qui estime que la part des renouvelables à fin 2016 représente 15,5 % du total.

Renouvelables: la France ne tient pas ses promesses

C’est quasi officiel: la France ne tiendra pas son engagement de produire 20% de son énergie par des renouvelables en 2020. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

« Mais on peut encore corriger le tir avec des mesures concrètes » assure-t-il. Le syndicat plaide pour une palanquée de mesures très pragmatiques, comme des mesures de soutien aux investissements des particuliers : primes à la casses pour le renouvellement de chauffages aux bois peu performants, transformation du crédit d’impôt sur les investissements dans les renouvelables en subvention directe, doublement du fonds chaleur…

Dans le même temps, le syndicat appelle l’Europe à cibler des objectifs plus ambitieux sur le long-terme. « Le directive energies renouvelables révisées prévoit un développement de seulement 20 à 27 % des ENR entre 2020 et 2030 » regrette le spécialiste, qui rêve d’une cible de 35 %, et d’un prix du carbone dont le plancher serait fixé à 30 euros la tonne.

Autre reproche fait au paquet hiver de la Commission, dont le Parlement européen débat ces jours-ci, la part des biocarburants de première génération serait trop vite et fortement réduite. Dans le texte en discussion, le plafond de biocarburants injectés dans le pétrole passerait de 7 % à 3,8 %. Une mesure déjà longuement discutée au niveau européen, qui pose problème à la France, premier producteur de bioéthanol d’Europe. « Cette mesure risque de compromettre des investissements pour les biocarburants de seconde génération, qui ne sont pas encore au point » avertit le Syndicat des énergies renouvelables.

TTF

Du côté des ONG, la circonspection guette. Sur la taxe sur les transactions financières, la marche arrière de Macron au Conseil européen a déçu. Un rapport de la Cour des comptes publié cette semaine sur la pertinence et le rendement de la taxe semblent mettre en avant les critiques des milieux financiers à l’égard de la taxe Tobin en général, un discours auquel le gouvernement semble sensible.

Et l’objectif de la neutralité carbone d’ici 2050 ne fait pas tellement rêver, tant les observateurs accordent guère de crédit à une échéance aussi lointaine.

«Le problème d’une ambition sur le très long terme, c’est qu’elle n’engage à rien à très court terme. Or on est déjà très en retard sur une situation très très urgente» s’inquiète une ONG.

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