Le Brexit, une très mauvaise nouvelle pour les raffineries de pétrole

Au Royaume-Uni, un document du gouvernement classé confidentiel a été divulgué. Il dresse un avenir sombre pour les raffineries de pétrole du pays.

Un document du gouvernement britannique classé confidentiel a fuité ce week-end, dévoilant au grand jour ce que le pays encourt en cas d’un Brexit sans accord et signalant des pénuries de nourriture, de médicaments et de pétrole.

Le gouvernement a mis en place des programmes pour tenter de pallier ces éventualités.

Néanmoins, aux yeux des raffineries, les stratégies développées par Londres pour éviter les pénuries pétrolières pourraient aggraver le problème.

Un Brexit dur pourrait aggraver la pénurie de médicaments en Europe

Une sortie sans accord du Royaume-Uni de l’Union européenne risquerait d’aggraver la pénurie de médicaments déjà sensible dans plusieurs pays d’Europe, avertissent des professionnels de la santé à l’approche de la date butoir du 31 octobre.

Début 2019, le gouvernement projetait de réduire la plupart des droits de douane des importations à 0 %, en cas d’un Brexit sans accord, afin d’éviter toute coupure soudaine, une décision qui inclurait le pétrole.

Néanmoins, les autres États risquent d’augmenter les droits de douane des exportations britanniques. Si le Royaume-Uni ne respecte pas les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), les droits de douane de ses exportations de pétrole devraient augmenter de 4,7 %. En outre, à l’heure actuelle, les importations et exportations entre l’UE et le Royaume-Uni ne sont pas soumises à des barrières tarifaires.

La UK Petroleum Industry Association (l’association de l’industrie pétrolière en Grande-Bretagne) avertit que si le pays ne parvient pas à harmoniser les droits de douane des exportations à ceux des importations, alors les raffineries britanniques subiraient un désavantage concurrentiel.

Le document fuité stipule qu’une augmentation des droits de douane des exportations engendrerait la fermeture de deux raffineries sur les six que compte le pays. Le Royaume-Uni exporte environ 30 % de la production pétrolière.

Un rapport établi en 2017 par Oil & Gas UK a tiré comme conclusion que la mise en place des barrières tarifaires de l’OMC dans le cas d’un Brexit dur ajouterait 547 millions d’euros (500 millions de livres sterling) au coût du commerce pétrolier.

Un porte-parole de la UK Petroleum Industry Association a affirmé que si les droits de douane des importations ne sont pas réciproques à ceux des exportations, l’industrie du raffinage au Royaume-Uni serait soumise à des pressions et serait peut-être contrainte de fermer davantage d’entreprises.

Tout cela s’inscrit dans un contexte de baisse des marges de raffinage du pétrole dans le nord-ouest de l’Europe. Selon une analyse effectuée en juin par Oil & Gas UK, trois des sept raffineries du nord-ouest de l’Europe perdent de l’argent en raison de la faible demande de pétrole brut.

En mars, l’Agence internationale de l’énergie a signalé dans un rapport « qu’un Brexit désordonné pourrait mener à une baisse du taux de croissance du commerce international et de la demande de pétrole ».

Si aucun accord n’est trouvé pour le Brexit ce 31 octobre 2019, cela signifie qu’il entrera en vigueur avant le pic de la demande hivernale, aggravant ainsi le risque de perturbations à court terme des importations d’énergie. Il s’accompagnerait également d’une chute de la valeur de la livre sterling — une chute qui a déjà commencé.

Les analystes signalent par ailleurs que cette baisse pourrait simultanément entrainer une augmentation de coûts des importations d’énergie, provoquant une hausse des coûts de l’énergie pour les foyers britanniques.

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