L’OCDE défend la taxation des énergies polluantes

L'OCDE appelle les gouvernement à taxer les énergies les plus émettrices de CO2. [Shutterstock]

Le niveau trop faible des taxes actuelles sur les émissions de CO2 ne permet pas encore de lutter efficacement contre le changement climatique, souligne un rapport de l’OCDE.

Les taxes s’appliquant à l’énergie n’ont pas évoluées entre 2012 et 2015, avertit l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) dans une étude intitulée « Taxer l’utilisation de l’énergie ».

Plus grave encore, seul 0,3 % des émissions est taxé à un niveau comparable à son coût environnemental.

Le document montre également que si les combustibles fossiles représentent près de 50 % des émissions de dioxyde de carbone dans les 42 pays étudiés, les taxes restent rares. L’impôt sur les émissions du secteur du charbon ne dépasse les 5 euros par tonne que dans cinq États.

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« Il n’y a pas eu de changement structurel des modèles fiscaux sur l’utilisation de l’énergie entre 2012 et 2015. C’est déroutant », estime Angel Gurría, secrétaire général de l’OCDE. Il reconnait que l’idée des « pollueurs payeurs » commence à faire son chemin, mais prévient que les progrès sont « lents et fragmentés ».

Dans la préface du rapport, le secrétaire général indique que « l’alignement des prix de l’énergie avec les coûts du changement climatique et de la pollution de l’air est essentiel à une action efficace, et il est urgent de mettre en place des améliorations importantes ».

Efficacité financière

Les taxes sur le pétrole sont l’outil financier le plus utilisé, avec une moyenne de 50 euros par tonne de CO2 émise. Étonnamment, les taxes sur l’essence ont dépassé les taxes sur le diesel dans tous les pays étudiés, sauf deux. Le rapport indique toutefois que plusieurs pays ont identifié ce problème et souhaitent y remédier.

Le secteur non routier représente 95 % des émissions de carbone, alors que 81 % d’entre elles ne sont pas taxées. À l’inverse, les taxes sont plus élevées et plus répandues dans le transport routier, grâce à des prélèvements pétroliers plus élevés, et atteignent 97 % des émissions. Entre 2012 et 2015, le pourcentage de taxes supérieures à 50 euros par tonne de CO2 est passé de 37 % à 47 %.

L’OCDE pointe les réformes dans les grandes économies émergentes comme la Chine, l’Inde et le Mexique pour expliquer une augmentation de 10 % de la taxe sur les carburants sur les trois années étudiées. De fait, ces trois pays investissent massivement dans les véhicules électriques et se préparent à un secteur des transports sans moteur à combustion interne.

La tarification du carbone est également en train de devenir un instrument de choix des gouvernements dans la réduction des émissions.  La Chine a ainsi instauré son propre marché du carbone en 2017. Ce marché devrait rapidement devenir le plus grand au monde.

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La Chine a lancé le plus grand marché du carbone au monde le 19 décembre, surpassant largement le marché d’échange de quotas d’émissions européen.

Le projet de réforme du marché carbone européen, l’ETS, a reçu le feu vert du Parlement la semaine dernière. Le prix du carbone est en hausse depuis qu’un accord de principe avait été trouvé sur le sujet en novembre. Cette semaine, il a atteint 10 euros par tonne pour la première fois depuis novembre 2011. Les spécialistes estiment cependant que ce prix est encore trop bas pour réellement convaincre l’industrie d’investir dans les technologies zéro émission.

La taxation elle-même n’est cependant pas une compétence de l’UE et la Commission européenne n’a pas souhaité commenter le rapport de l’OCDE.

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