Onze pays de l’UE demandent l’accélération de la transition écologique

L’invasion de l’Ukraine a mis en lumière la dépendance de l’Europe aux combustibles fossiles russes, en particulier le gaz, et a suscité des demandes pour que l’UE diminue rapidement sa dépendance à l’égard de son voisin hostile. [Alexander Droeger / Pixabay]

L’Europe doit accélérer le développement des énergies renouvelables et des mesures d’efficacité énergétique en réponse à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, estiment onze pays de l’UE.

L’invasion de l’Ukraine a mis en lumière la dépendance de l’Europe aux combustibles fossiles russes, en particulier le gaz, et a suscité des demandes pour que l’UE diminue rapidement sa dépendance à l’égard de son voisin hostile.

Selon une déclaration commune signée par l’Autriche, l’Allemagne, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, l’Irlande, le Luxembourg, la Lettonie, les Pays-Bas, la Suède et la Slovénie, « nous devons rapidement passer aux énergies renouvelables, qui constituent une source d’énergie abordable et sûre et qui contribueront à protéger les consommateurs contre les hausses de prix résultant de la dépendance aux importations ».

La quantité d’argent que l’Europe envoie à la Russie en échange de son approvisionnement en énergie suscite également des inquiétudes. Depuis le début de la guerre, l’UE a envoyé 35 milliards d’euros à la Russie pour son énergie, contre 1 milliard d’euros pour la défense de l’Ukraine, a déclaré cette semaine Josep Borrell, responsable de la Politique étrangère de l’Europe.

Des députés européens demandent l’interdiction des importations de combustibles fossiles russes

Une centaine de législateurs de l’ensemble du Parlement européen ont demandé l’interdiction des importations de pétrole, de gaz et de charbon russes avant la réunion des dirigeants de l’UE qui se tiendra à Versailles, en France, jeudi 10 et vendredi 11 mars.

Pour réduire la dépendance de l’Europe à l’égard des combustibles fossiles russes et atteindre les objectifs climatiques de l’UE, les 11 pays appellent leurs homologues à « faire preuve d’audace » et à « avancer avec détermination dans la transition écologique ».

« L’UE a fait preuve d’une unité historique et a pris des mesures décisives en réponse au comportement agressif de la Russie », peut-on lire dans la déclaration commune.

« Nous devons maintenir la même unité et la même détermination afin de devenir indépendants des combustibles fossiles russes dès que possible en accélérant la transition écologique vers la neutralité climatique dans l’UE d’ici 2050 au plus tard », poursuit le texte.

Ils appellent les dirigeants de l’UE à s’unir dans leurs négociations sur le paquet de propositions « Fit for 55 », présenté en juillet pour réformer la politique climatique de l’Europe et assurer « une mise en œuvre ambitieuse et rapide de celle-ci ».

Il s’agit notamment de créer un « marché intérieur de l’énergie de l’UE ouvert et interconnecté » afin de minimiser les chocs de prix dans l’UE résultant de ruptures d’approvisionnement, ainsi qu’un système solide d’échange de quotas d’émission.

« Il s’agit là d’un élément clé pour rendre l’UE apte à l’indépendance énergétique vis-à-vis des combustibles fossiles russes et de la seule façon de faire face à la crise climatique, de répondre au comportement agressif de la Russie et de garantir un approvisionnement énergétique indépendant propre, fiable et bon marché pour l’avenir », indique la déclaration commune.

Les 11 pays ajoutent que l’Europe doit éviter de s’enfermer dans les combustibles fossiles et rester sur la trajectoire de zéro émission nette en 2050.

C’est une préoccupation de l’Europe qui cherche des alternatives à court terme au gaz russe, tel que le gaz naturel liquéfié (GNL) des États-Unis. Un appel a été lancé pour développer l’infrastructure GNL en Europe, suscitant les critiques des groupes environnementaux.

L’UE propose un plan pour réduire de deux tiers les importations de gaz russe avant la fin de l’année

La Commission européenne a présenté des propositions visant à réduire de deux tiers la dépendance de l’UE à l’égard du gaz russe d’ici la fin de 2022, mardi 8 mars, dans le cadre d’un plan visant à promouvoir l’indépendance de tous les combustibles fossiles russes « bien avant 2030 ».

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