Pourquoi Total renonce à sponsoriser les Jeux olympiques

La compagnie pétrolière ne sera pas partenaire du comité d'organisation de Paris 2024. [Keitma/Shutterstock]

La compagnie pétrolière ne sera pas partenaire du comité d’organisation de Paris 2024. Elle n’a toutefois pas encore rendu publique cette décision. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Total a fait le choix de se retirer de la liste des partenaires du comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojo) de Paris 2024. Si Patrick Pouyanné expliquait lors de l’assemblée générale du 29 mai avoir eu « des échanges très constructifs » avec le Cojo « qui ont conduit à la définition d’un cadre possible », le PDG notait aussi, selon des propos rapportés par Le Monde, que « la maire de Paris [avait] des doutes sur le fait que Total puisse contribuer à ces Jeux ».

« Il n’est pas envisageable à mes yeux que Total puisse être un sponsor contre l’avis de la maire de Paris », espérant, « la convaincre que Total est à la fois une entreprise éthique et engagée dans la vie des énergies renouvelables ».

L’antécédent d’une convention de mécénat Paris-Total

En réalité, selon nos informations, l’Hôtel de Ville ne veut pas revivre le psychodrame du Conseil de Paris de novembre 2018. Durant ce dernier, a été adoptée une convention tripartite de mécénat entre la municipalité, la Fondation du patrimoine avec le soutien financier de la fondation d’entreprise Total et l’association Théâtre musical de Paris pour financer des travaux au théâtre du Châtelet.

Considérant qu’il « existe une disproportion entre la somme reçue (et) les contreparties », le groupe écologiste a écrit le 7 janvier 2019 au préfet de Paris et au préfet d’Île-de-France Michel Cadot pour que « soient vérifiés certains points de légalité de cette délibération et notamment regarder si cette convention de mécénat ne pourrait pas être requalifiée en marché public ».

À la suite de ces péripéties, la maire de Paris aurait même déclaré devant plusieurs témoins qu’elle ne souhaitait plus revivre ce genre de confrontations avec sa majorité. En outre, la deuxième place d’Europe-Ecologie-Les-Verts aux élections européennes dans la capitale, derrière Renaissance, et devant les Républicains et le PS, a également joué dans la balance des trois parties prenantes que sont la Ville, la compagnie pétrolière et le Cojo.

Hidalgo pointe la «défaillance» de l'UE sur le climat

À quelques jours de l’ouverture de la COP24, à Katowice, en Pologne, la maire de Paris s’inquiète de l’inertie des États et de l’Europe alors que l’urgence climatique s’aggrave. Un entretien de notre partenaire, La Tribune.

La mise en garde d’Anne Hidalgo à Tony Estanguet

Dans le même temps, Anne Hidalgo a adressé le 22 mars dernier un courrier au président du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques Tony Estanguet pour lui rappeler que Paris 2024 doit être « exemplaire sur le plan environnemental [et] répondre aux plus hauts standards de transparence et d’éthique […] sur un modèle économique alliant sobriété budgétaire et création d’emplois locaux ».

« C’est dans ce même esprit partenarial que je tiens aujourd’hui à vous sensibiliser sur la nécessité d’appliquer nos ambitions communes à la sélection en cours par le COJO des sponsors privés de Paris 2024. »

Le triple champion olympique lui a répondu le 3 avril pour la (r)assurer sur l’engagement de Jeux « neutres en carbone », l’utilisation de « 100% d’énergie renouvelable pour l’organisation » et de « 100% de solutions de mobilité propre » pour les athlètes et les délégations. « Soyez assurée que le choix des partenaires ne viendra jamais remettre en cause cette ambition et les engagements que nous avons pris. »

Paris 2024 mise aussi sur l’Europe

Le mardi 6 juin 2017, le Parlement européen recevra une délégation de la candidature de Paris aux Jeux olympiques et paralympiques 2024 au sein de son hémicycle. Une opportunité forte pour Paris 2024, mais aussi pour l’Union européenne.

La Tribune

La Tribune [latribune.fr]

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