Réforme des aides au stockage : vers un gaz 100% vert

Dans le système énergétique français, le gaz reste un élément important pour faire face à la demande, notamment lors des pics de froid l’hiver. [noomcpk/Shutterstock]

La Commission a donné son feu vert au mécanisme de régulation du stockage de gaz naturel en France, jugé conforme aux règles de l’UE en matière d’aides d’État. Une décision qui devrait permettre la transition vers un gaz 100% renouvelable, selon Storengy.

« Notre stratégie est de verdir le gaz. Au départ, cela sera un mélange entre gaz vert et gaz naturel. L’objectif à terme, c’est un gaz 100% vert. La réforme pourra le permettre », déclare à EURACTIV Pierre Chambon, Directeur général de l’opérateur d’infrastructure Storengy, qui se dit satisfait de la décision.

« Cette régulation, en donnant cette visibilité de long terme, est tout à fait positive et importante. Cela va permettre de transformer et adapter notre réseau », ajoute-t-il. 

Adapter le réseau, c’est stocker plus de gaz vert. « Le développement du biométhane en France est une réalité : il y a des points d’injections plus importants au niveau du transporteur et des distributeurs. Notre réseau de stockage doit s’adapter à ce verdissement du gaz », détaille le Directeur général. 

La régulation sur le stockage du gaz naturel en France devrait aider les professionnels du secteur dans leur transition verte. Pour Storengy, au début, cela passera par un « mélange entre gaz vert, principalement issu du biométhane et de l’hydrogène, et gaz naturel », avant de passer au tout vert.

La mesure a été adoptée par la Commission européenne jeudi (28 juin) à l’issue d’une enquête approfondie lancée en février 2020, alors que le mécanisme a vu le jour pour la première fois en France en décembre 2017.

L’enjeu principal du mécanisme : la sécurité d’approvisionnement et du stockage du gaz naturel afin de satisfaire les besoins d’approvisionnement du pays. Dans le système énergétique français, le gaz reste un élément important pour faire face à la demande, notamment lors des pics de froid l’hiver. Les stockages souterrains de gaz naturel ont la capacité de stocker de l’énergie sur le long terme.

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Une mesure nécessaire, selon la Commission 

Plus qu’un enjeu, c’est donc une nécessité pour la vice-présidente exécutive Margrethe Vestager, en charge de la politique de concurrence : « La mesure est nécessaire et proportionnée pour assurer la sécurité de l’approvisionnement énergétique de ses citoyens et de ses entreprises, tout en garantissant que les éventuelles distorsions de concurrence soient réduites au minimum », a-t-elle déclaré.

Pierre Chambon souligne une décision « qui ne fait qu’entériner un système qui fonctionne bien ». 

Le système fonctionne grâce à un mécanisme qui « consiste à mettre aux enchères les capacités de stockage et à couvrir les coûts des opérateurs de stockage. A cette fin, lorsque les recettes de ces opérateurs sont inférieures à celles fixées par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), les opérateurs de stockage reçoivent une compensation », explique la Commission européenne. À l’inverse, si les recettes sont supérieures à celles fixées par la CRE, les opérateurs doivent reverser l’excédent. 

Mais, même si la part de gaz vert augmente, produire du gaz de synthèse n’est aujourd’hui pas encore assez rentable comparé au gaz naturel, issu des hydrocarbures comme le méthane, du propane, du butane, de l’éthane et du pentane. « Le coût de production du gaz de synthèse par rapport au gaz naturel reste encore supérieur. Il y a un enjeu de réduire ce coût pour, à terme, devenir compétitif », explique Pierre Chambon. 

Fin 2024, la France devra soumettre à la Commission un rapport sur l’impact de la mesure sur la concurrence notamment par rapport aux opérateurs d’infrastructures des pays voisins. D’ici là, en France, les professionnels du secteur comptent développer une économie rurale et étendre les capacités techniques d’une filière en pleine croissance. 

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