Premiers échanges entre la Commission et l’administration Trump

Maroš Šefčovič

Le vice-président de la Commission pour l’Union de l’énergie, Maroš Šefčovič, s’est rendu aux États-Unis début mars. Il s’agissait de l’une des premières rencontres de l’exécutif avec la nouvelle administration de Donald Trump.

« Nous aurons besoin de bien d’autres rencontres comme celle-ci pour mieux se comprendre, pour trouver le meilleur moyen de coopérer », a déclaré Maroš Šefčovič.

Maroš Šefčovič n’est pas le premier commissaire à s’être rendu aux États-Unis depuis l’élection de Donald Trump. La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, et le commissaire aux affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos, se sont déjà rendus à Washington. Du côté américain, c’est le vice-président, Mike Pence, qui a jusqu’à présent fait le plus grand nombre d’aller-retour à Bruxelles.

Mike Pence tente d'apaiser les relations entre Trump et les Européens

Mike Pence a atténué les propos de Donald Trump contre l’OTAN et l’Union européenne lors de sa première visite à Bruxelles en tant que vice-président des États-Unis.

Maroš Šefčovič a souligné que le nouveau gouvernement américain se concentrait sur la croissance économique et la création d’emplois, « une bonne chose, car nous faisons la même chose en UE ».

Le vice-président de la Commission a expliqué que dans toutes ses réunions et lors de toutes ses apparitions publiques, il avait rappelé à quel point la relation UE-USA était importante.

Lors de son déplacement, Maroš Šefčovič a aussi constamment souligné que 7 millions d’emplois aux États-Unis avaient été générés par des entreprises européennes, que 2,6 millions d’autres postes dépendaient des exportations d’entreprises américaines vers des pays européens. Il a ajouté que l’UE était la région de ventes la plus rentable pour les États-Unis et que 80 % de l’investissement direct à l’étranger dans le pays vient de l’Europe.

Chaque année, les ventes commerciales représentent « le nombre incroyable de 5,5 mille milliards de dollars, desquels les entreprises américaines génèrent plus de la moitié, soit 3 000 milliards de dollars », a-t-il affirmé.

Le second sujet abordé par le représentant européen à Washington a été la sécurité énergétique. Il aurait en effet informé le gouvernement américain de la manière dont l’UE procédait pour diversifier ses sources d’approvisionnement. Il a soutenu qu’il explorait la perspective d’importer du gaz naturel liquéfié (GNL) des États-Unis et a également discuté de la situation en Ukraine – le processus de réforme du pays et la nécessité d’une assistance continue.

Maroš Šefčovič estime que la demande américaine de permis spéciaux pour exporter du GNL n’avait pas de sens.

Enfin, la manière dont l’UE gérer la transition vers des énergies propres pour mettre en œuvre l’accord de Paris était aussi un point clé de sa visite. Le vice-président de la Commission a expliqué que du côté américain, la plus grande inquiétude concernait la rentabilité des entreprises face à ces changements.

Maroš Šefčovič a déclaré aux responsables américains que 9 millions de personnes dans l’UE travaillaient actuellement dans les technologies vertes et que ce chiffre devrait doubler d’ici à 2030.

Discussion en cours sur l’accord de Paris

Le commissaire a expliqué aux journalistes bruxellois que durant toutes ses réunions, y compris avec le nouveau secrétaire de l’Énergie, Rick Perry, les réponses qu’ils avaient obtenues avaient été très similaires : les discussions sont en cours.

Durant la campagne électorale, Donald Trump avait déclaré qu’il se retirerait de l’accord de Paris et abolirait l’Agence de protection environnementale (EPA).

Selon Maroš Šefčovič, le gouvernement américain cherche des moyens de prendre en considération l’industrie dans l’évaluation des politiques liées au changement climatique et s’intéresse aux avancées de l’UE dans le captage du carbone (CSC) et dans les technologies de stockage (CCU).

« J’ai compris que ce serait l’une des priorités de l’administration en matière de recherche et d’innovation », a-t-il déclaré.

Interrogé sur l’éventuel retrait des États-Unis de l’accord de Paris, Maroš Šefčovič a répondu de manière diplomatique : « les discussions sont en cours. Ils évaluent les différentes possibilités, y compris les avantages d’être autour de la table des négociations […] Ils ont besoin de temps pour former leurs équipes, pour évaluer quel genre de politiques ils veulent poursuivre. »

Selon lui, le nouveau gouvernement américain devrait finaliser ses positions d’ici à octobre.

Lorsqu’un journaliste l’a interrogé sur les compétences de Rick Perry, critiqué aux États-Unis pour son peu d’expérience pour le portefeuille de l’énergie, le représentant européen a fait l’éloge du républicain texan, ajourant qu’il était un « charmeur ».

En ce qui concerne Nord Stream 2, le commissaire a déclaré que le sujet avait été abordé lors de plusieurs réunions, ce qui signifie que la nouvelle administration s’oppose au projet comme l’administration Obama.

 

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