Le manque d’investissement ralentit l’Union de l’énergie

L’investissement européen dans les renouvelables a chuté de moitié depuis 2011. L’UE reste néanmoins dans les clous pour ses objectifs 2020 dans le secteur, selon la Commission.

L’UE a promis de devenir « le numéro un mondial des renouvelables ». Pourtant, l’investissement européen a chuté de 44 milliards d’euros dans le secteur, alors que le soutien mondial aux renouvelables a grimpé de plus de 260 milliards d’euros.

La part des renouvelables dans la consommation d’énergie finale de l’UE était de 16 % en 2014 et d’environ 16,4 % en 2015. En 2014, les énergies renouvelables ont généré 27,5 % de l’électricité européenne, a indiqué la Commission européenne. Un pourcentage qui doit passer à 50 % d’ici à 2030.

Le problème, c’est que l’UE ne représente que 18 % des investissements mondiaux, une dégringolade de près de 50 % par rapport à il y a six ans. La Commission assure que de nouveaux financements devront être débloqués pour atteindre les 379 milliards d’euros nécessaires chaque année pour respecter les objectifs climat et énergie de l’UE.

Le responsable de l’Union de l’énergie à la Commission, Maroš Šefčovič, a expliqué que le plan Juncker pourrait permettre de lever plus de capital. Le coût des renouvelables a chuté et est devenu plus compétitif, a indiqué l’exécutif. C’est par exemple le cas des prix des composants solaires, qui ont dégringolé de 80 % entre fin 2009 et fin 2015.

>> Lire : Des entreprises européennes réclament des objectifs nationaux pour les renouvelables

L’UE détient 30 % des brevets mondiaux dans les renouvelables, ce qui pourrait stimuler les investissements futurs et mener à une légère hausse de l’économie, affirme la Commission.

Le rapport sur l’état de l’Union de l’énergie évalue les progrès de l’Europe dans le cadre de la stratégie, qui vise à réduire la dépendance de l’UE aux importations d’énergie et à lutter contre le changement climatique. Plus d’efficacité et plus de renouvelables aideront à diminuer la demande et la pollution du réchauffement de la planète. La Commission Juncker a analysé les avancées réalisées jusqu’en 2014.

Dans le cadre de cette stratégie phare, la Commission a promis de faire de l’efficacité énergétique une priorité. Le 1er février, l’exécutif s’est dit optimiste quant au respect des objectifs 2020 en termes d’efficacité, mais a prévenu que l’UE aurait besoin des efforts soutenus des États membres.

>> Lire : «L’UE doit mettre la main à la pâte pour réussir l’Union de l’énergie»

L’UE a réduit sa consommation finale d’énergie, c’est-à-dire la consommation des foyers et des entreprises, à en dessous de l’objectif de 2020. Cependant, la consommation d’énergie primaire, qui inclut aussi les secteurs de la production et la distribution, ne parvient pas à passer en dessous de cet objectif.

La consommation d’énergie finale a chuté de 11 % de 2005 à 2014. En 2014, l’UE a utilisé 1 063 millions de tonnes d’équivalent pétrole (Mtep), soit 2,2 % de moins que l’objectif 2020 de 1 086 millions de tonnes.

La consommation totale de l’UE en 2014 était de 1507 Mtep, soit 1,6 % au-dessus de l’objectif de 2030. La consommation d’énergie primaire a légèrement augmenté depuis 2014-2015, mais a chuté de 12 % entre 2005 et 2014.

Émissions de gaz à effet de serre

L’UE a des objectifs contraignants pour 2020, notamment la hausse de 20 % des renouvelables et de l’efficacité énergétique par rapport au niveau de 1990. En octobre 2014, les dirigeants européens se sont accordés sur des objectifs pour 2030 d’au moins 27 %, avant la conférence de l’ONU sur le climat, qui a eu lieu en 2015 à Paris.

À Paris, les dirigeants mondiaux se sont engagés à limiter le réchauffement climatique à deux degrés au-dessus des niveaux préindustriels.

>> Lire : Malgré l’accord de Paris, le monde se dirige vers un réchauffement de 3°C

Le succès de l’accord historique, qui est entré en vigueur en novembre, a poussé la Commission européenne à augmenter l’objectif des renouvelables pour 2030 à 30 % dans le projet de loi. La modification est en train d’être examinée par les eurodéputés et par les États membres avant de devenir loi.

La progression des énergies renouvelables et une meilleure efficacité énergétique permettraient à l’UE à respecter ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre (GES). En 2015, les renouvelables ont contribué à réduire les émissions de 436 millions de tonnes métriques de CO2, soit l’équivalent des émissions italiennes.

De plus faibles niveaux de consommation d’énergie entre 2005 et 2015 ont permis de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’environ 800 millions de tonnes métriques de CO2 en 2014, soit l’équivalent des émissions allemandes cette année-là.

L’UE a déjà dépassé son objectif 2020 de 20 % de GES en moins, en réduisant ses émissions de 22 %, ce qui a poussé certains activistes à dénoncer un objectif trop faible. Le bloc a un objectif de réduction des GES pour 2030 d’au moins 40 % par rapport au niveau de 1990.

Sécurité énergétique

La crise ukrainienne a mis en lumière la dépendance de l’UE vis-à-vis du gaz russe et a donné l’impulsion au projet d’Union de l’énergie. L’UE importe en effet 53 % de toute l’énergie qu’elle consomme pour un montant de plus d’un milliard d’euros par jour.

L’année dernière, les renouvelables ont permis d’économiser 16 milliards d’euros d’importations de combustibles fossiles ; montant qui, selon la Commission, grimpera à 58 milliards d’euros – le PIB du Luxembourg – en 2030.

Une meilleure efficacité réduit les demandes d’importations. Un objectif 2030 de 30 % d’efficacité en plus permettrait d’économiser 70 milliards d’euros sur la facture des importations de combustible fossile et réduirait les importations de gaz de 12 %, selon une analyse de la Commission.

 

 

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